Napoleon & Empire

Bataille d'Eckmühl

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Date et lieu

  • 22 avril 1809 à Eckmühl ou Eggmühl, localité de Bavière à 50 kilomètres au nord de Munich.

Les forces en présence


Bataille d'Eckmühl  (detail)
"La bataille d'Eckmühl le 22 avril 1809 à 6 heures du soir : vers la fin de la journée une division de l'armée française et de la cavalerie des généraux Nansouty et Sainte Suzanne
poursuivent l'armée autrichienne qui se retire en désordre en direction du Danube" (détail). Aquarelle gouachée de Giuseppe Pietro Bagetti.
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À la veille de la bataille, l'armée de l'archiduc Charles, forte d'environ quatre-vingt mille hommes, se trouve en face des forces du maréchal Louis-Nicolas Davout, composées des divisions Friant, Montbrun et Saint-Hilaire, appuyées par les Bavarois du maréchal Lefebvre. Le tout ne représente guère plus de 30 000 soldats.

S'en avisant, le général en chef autrichien passe la nuit suivante à préparer une offensive. Il fait avancer son aile droite, positionnée en avant de Ratisbonne. Ses troupes forment alors une ligne entre la rivière Laber et le Danube, s'étendant d'Eckmühl jusqu'aux villages d'Abbach et de Peising.

Les combats débutent vers midi. Louis-Nicolas Davout réédite son exploit d'Auerstaedt, en résistant à un ennemi plus de deux fois supérieur en nombre.

Mais vers quatorze heures, Napoleon, qui s'est mis en marche le matin avec les corps de Lannes et de Masséna, les cuirassiers de Nansouty et de Saint-Sulpice et une division wurtembourgeoise, arrive devant Eckmühl. Davout passe aussitôt à l'attaque contre le centre du dispositif ennemi ; les Wurtembourgeois, commandés par Vandamme, se portent sur Eckmühl même et s'en emparent à la pointe de la baïonnette ; Lannes, de son côté, appuyé par seize régiments de cavalerie, passe le Laber pour déborder la gauche de l'armée autrichienne.

Dominé au centre et sur ses ailes, l'archiduc Charles décide donc, vers dix-neuf heures, de se retirer. Les Autrichiens en retraite sont poursuivis par la cavalerie lourde française, à laquelle ils ne peuvent d'abord opposer que quelques régiments de cuirassiers et de hussards qui sont mis en déroute. Peu après, cependant, la cavalerie du prince de Lichtenstein, tombant sur le flanc de celle de Nansouty et Saint-Sulpice, interrompt la poursuite.

Il fait alors nuit et la bataille s'interrompt, la Grande Armée, épuisée par plusieurs jours de marches et de combat, n'étant pas en état de mener une poursuite efficace.


Le maréchal Davout, en témoignage de cette bataille, sera fait prince d'Eckmühl.


*  *  *


Pertes

  • Armée française : de 3 500 à 8 000 hommes morts ou blessés, selon les sources. 
  • Armée autrichienne : de 6 000 à 12 000 hommes hors de combat, plus 4 000 prisonniers. 


Témoignages

Ratisbonne, 24 avril 1809.
Premier bulletin de la grande armée.

[...]

Bataille d'Eckmülh, le 22.

Tandis que la bataille d'Abensberg et le combat de Landshut avaient des résultats si importans, le prince Charles se réunissait avec le corps de Bohême, commandé par le général Kollowrath, et obtenait à Ratisbonne un faible succès.

Mille hommes du soixante-cinquième, qui avaient été laissés pour garder le pont de Ratisbonne, ne reçurent point l'ordre de se retirer. Cernés par l'armée autrichienne, ces braves ayant épuisé leurs cartouches, furent obligés de se rendre. Cet événement fut sensible à l'empereur; il jura que dans les vingt-quatre heures le sang autrichien coulerait dans Ratisbonne, pour venger cet affront fait à ses armes.

Dans le même temps, les ducs d'Auerstaedt et de Dantzick tenaient en échec les corps de Rosemberg, de Hohenzollern et de Liechtenstein. Il n'y avait pas de temps à perdre. Le 22 au matin, l'empereur se mit en marche de Landshut avec les deux divisions du duc de Montebello, le corps du duc de Rivoli, les divisions de cuirassiers Nansouty et Saint-Sulpice et la division wurtembergeoise. A deux heures après-midi, il arriva vis-à-vis Eckmülh, où les quatre corps de l'armée autrichienne, formant cent dix mille hommes, étaient en position sous le commandement de l'archiduc Charles. Le duc de Montebello déborda l'ennemi par la gauche avec la division Gudin. Au premier signal, les ducs d'Auerstaedt et de Dantzick, et la division de cavalerie légère du général Montbrun, débouchèrent. On vit alors un des plus beaux spectacles qu'aient offerts la guerre. Cent dix mille ennemis attaqués sur tous les points, tournés par leur gauche, et successivement dépostés de toutes leurs positions. Le détail des événemens militaires serait trop long; il suffit de dire que, mis en pleine déroute, l'ennemi a perdu la plus grande partie de ses canons et un grand nombre de prisonniers; que le dixième d'infanterie légère, de la division Saint-Hilaire, se couvrit de gloire en débouchant sur l'ennemi, et que les Autrichiens, débusqués du bois qui couvre Ratisbonne, furent jetés dans la plaine et coupés par la cavalerie. Le sénateur général de division Demont eut un cheval tué sous lui. La cavalerie autrichienne, forte et nombreuse, se présenta pour protéger la retraite de son infanterie; la division Saint-Sulpice sur la droite, la division Nansouty sur la gauche, l'abordèrent; la ligne de hussards et de cuirassiers ennemis fut mise en déroute. Plus de trois cents cuirassiers autrichiens furent faits prisonniers. La nuit commençait; nos cuirassiers continuèrent leur marche sur Ratisbonne. La division Nansouty rencontra une colonne ennemie qui se sauvait, la chargea et la fit prisonnière; elle était composée de trois bataillons hongrois de quinze cents hommes.

La division Saint-Sulpice chargea un autre carré dans lequel faillit être pris le prince Charles, qui ne dut son salut qu'à la vitesse de son cheval. Cette colonne fut également enfoncée et prise. L'obscurité obligea enfin à s'arrêter. Dans cette bataille d'Eckmülh, il n'y eut que la moitié à peu près des troupes françaises engagée. Poussée l'épée dans les reins, l'armée ennemie continua de défiler toute la nuit par morceaux et dans la plus épouvantable déroute. Tous ses blessés, la plus grande partie de son artillerie, quinze drapeaux et vingt mille prisonniers sont tombés en notre pouvoir. Les cuirassiers se sont, comme à l'ordinaire, couverts de gloire.

Détail de la carte de la bataille d'Eckmühl
Carte de la bataille
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