Napoleon & Empire

Bataille d'Héliopolis

Date et lieu

  • 20 mars 1800 à proximité des ruines d'Héliopolis, à l'époque à une quinzaine de kilomètres du Caire, aujourd'hui dans la ville même.

Forces en présence

  • Armée française (environ 11 000 hommes) sous le commandement du général Jean-Baptiste Kléber 
  • Armée ottomane (de 40 000 à 80 000 hommes selon les sources) sous les ordres de Nassif Pacha et du Grand Vizir Youssouf Pacha (Kör Yusuf Ziyaüddin Paşa). 

Pertes

  • Armée française : 600 à 800 hommes morts ou blessés. 
  • Armée turque : de 8 000 à 9 000 hommes morts, blessés ou prisonniers. 
Bataille d'Héliopolis  (detail)
"La bataille d'Héliopolis", gravure d'Edme Bovinet (1767-1832), aquarellée par Louis François Couché (1782-1849)
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La situation générale

Après le départ d'Egypte, le 22 août 1799, de Napoléon Bonaparte, le général Kléber, qui a reçu le commandement du corps expéditionnaire français, entre en pourparlers avec les Ottomans et leurs alliés Britanniques. Les discussions aboutissent le 24 janvier 1800 à la signature de la Convention d'El-Arich qui prévoit le rapatriement des Français en métropole. Mais l'amiral anglais George Keith Elphinstone rend l'accord caduc en refusant de ratifier les engagements pris par son subordonné, le Commodore Sidney Smith et en exigeant une reddition pure et simple. Le commandant en chef de la flotte anglaise est en effet persuadé que l'armée française d'Orient ne se trouve pas en état de résister à ses ennemis.

Kléber rejette cette proposition et se prépare à combattre.

Les hostilités reprennent donc. Nassif Pacha et le Grand Vizir Kör Yusuf Ziyaüddin Pasha, chefs des armées ottomanes, se mettent en marche vers le Caire, où la population prend les armes à leur instigation. Mourad et Ibrahim, les deux principaux beys des Mamelouks, les appuient.


La disposition des armées

La veille de la bataille, Nassif Pacha occupe le village d'El-Matarieh avec son avant-garde formée de 6 000 janissaires d'élite, renforcés de 16 canons et d'un peu de cavalerie. Le Grand Vizir Youssouf lui-même se place entre les villages d'Abou-Zaabel et d'El-Kanqah avec le reste de ses presque 80 000 hommes.

Kléber, pour sa part, n'en a guère plus de 10 000 à sa disposition. Durant la nuit du 19 au 20 mars 1800, il leur fait passer le Nil et les installe sur la rive droite du fleuve, chacune des quatre brigades de sa petite armée formant son propre carré : à droite la division de Louis Friant avec les brigades d'Auguste Daniel Belliard et de François-Xavier Donzelot, à gauche la division de Jean-Louis Ebénézer Reynier avec les brigades de Joseph Lagrange et d'Antoine Joseph Robin. Entre les carrés, au centre du dispositif, se tient la cavalerie légère de Pierre Leclerc d'Ostein. L'artillerie de réserve est placée en arrière de la gauche et couverte par des sapeurs et des grenadiers, tout comme les quelques pièces disséminées entre les carrés et sur leurs flancs. Ces derniers bénéficient également de la protection de tirailleurs, les angles de celle de grenadiers.


La bataille

Vers trois heures du matin, la division Friant se met en action. Elle contourne le dispositif ottoman par l'est et se place de façon à couper la retraite de l'ennemi. L'aile gauche française, menée par Reynier, attaque ensuite de front le village d'El Matarieh et s'en empare, provoquant la fuite des défenseurs qui ont survécu à son assaut féroce. Les janissaires, leur retraite étant coupée, doivent tenter de se réfugier au Caire. Un corps de Mameluck les imite en passant au large des Français pour rejoindre la ville. Une charge de la Compagnie des guides, bientôt renforcée de dragons et de chasseurs, ne parvient pas à leur barrer totalement la route.

Ces premiers avantages acquis sur l'avant-garde ottomane, les carrés français se réorganisent et se remettent en marche vers les villages de Seriaqous et El-Merg, à l'ouest du Berket el Haggi (lac des Pélerins). En chemin, ils sont attaqués par le gros des forces ennemies qui se rue sur la division Friant à proximité du bois d'El-Merg. Mais, comme lors de la bataille des Pyramides, les carrés restent imperméables au flot des cavaliers turcs et les feux conjugués de l'infanterie et de l'artillerie françaises criblent de mitraille et dispersent bientôt les assaillants.

La victoire est complète. Les Turcs déplorent 10 à 15 fois plus de pertes que les Français (600 tués ou blessés d'un côté, 8 ou 9 000, en comptant également les prisonniers, de l'autre) et abandonnent sur place un butin considérable.


Les suites de la bataille

Après avoir envoyé la brigade Lagrange vers le Caire, Kléber se met à la poursuite du Grand Vizir qui marche d'abord vers la Syrie par Belbeis et Salhieh, avant de rembarquer ce qui reste de son armée et de quitter l'Egypte, sans tenir compte des avis de ses conseillers anglais. Mourad Bey, pour sa part, dont les Mameluks sont restés campés dans le désert sans prendre part au combat, signe, quelques jours plus tard, le 5 avril 1800, un accord avec les Français qui fait de lui une sorte de vice-roi de la Haute-Egypte.

La position de l'armée française est donc considérablement renforcée par cette victoire. Ne reste plus qu'à reprendre le Caire, où Nassif Pacha et Ibrahim Bey sont parvenus à entrer, obligeant la faible garnison française de 200 hommes à se retrancher dans la citadelle. Elle y résistera victorieusement jusqu'au 21 avril, date de la reprise de la ville par Kléber. L'Egypte est plus solidement tenue que jamais.

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