On donne traditionnellement le nom de coalitions aux guerres qui ont opposé la France et le reste de l'Europe entre 1792 et 1815.
La première coalition se forme en 1792 ; la dernière s'achève par le second traité de Paris, le 20 novembre 1815.
Première coalition (1792-1797)
Elle est formée par la Prusse et l'Autriche
en mai 1792, suite à la déclaration de guerre lancée
par l'assemblée législative à l'
empereur
d'Allemagne François II. S'y rallient ensuite l'Angleterre
et la Hollande (février 1793) puis l'Espagne (mars 1793), le
Portugal, le royaume des Deux-Siciles et le royaume de Sardaigne.
Les opérations sont d'abord marquées par les victoires
de Valmy (
François Étienne
Kellermann, 20 septembre 1792) et de Jemmapes (Charles François
Dumouriez, 6 novembre 1792), mais l'année 1793 commence par une
série de revers qui mettent très sérieusement la
patrie en danger. Les réformes de
Lazare
Carnot et les divisions entre coalisés permettent finalement
de repousser l'invasion étrangère : Hondschoote (Jean
Nicolas Houchard, 8 septembre 1793) et Wattignies (
Jean-Baptiste
Jourdan, 15 et 16 octobre). La France révolutionnaire prend
même l'offensive et se rend maître de la Belgique et de
la Hollande par la victoire de Fleurus (
Jourdan,
26 juin 1794).
La Prusse quitte alors la coalition (traité de Bâle, 5
avril 1795). C'est ensuite le tour de la Hollande (traité de
La Haye, 16 mai 1795), de l'Espagne (second traité de Bâle,
22 juillet 1795) et du royaume de Sardaigne (traité de Paris,
mai 1796). Puis l'Autriche, chassée de Lombardie et de Vénétie
par la campagne d'Italie (Napoléon Bonaparte, avril 1796 à
février 1797), se voit contrainte de signer les préliminaires
de Leoben (18 avril 1797) et le traité de Campoformio (18 octobre
1797).
L'Angleterre reste alors seule à poursuivre la lutte contre la France.
Celle-ci sort de cette guerre en ayant acquis la Belgique, la rive gauche du Rhin, la Savoie et le comté de Nice. Elle peut de plus compter sur les états satellites qu'elle a créés dans le nord de l'Italie : République ligurienne et République cisalpine.
- 20 septembre 1792 - Bataille de Valmy.
- 6 novembre 1792 - Bataille de Jemmapes.
- 8 septembre 1793 - Bataille de Hondschoote.
- 15 et 16 octobre 1793 - Bataille de Wattignies.
- 26 juin 1794 - Bataille de Fleurus.
- 5 avril 1795 - Traité de Bâle.
- 16 mai 1795 - Traité de La Haye.
- 22 juillet 1795 - Second traité de Bâle.
- 17 mai 1796 - Traité de Paris.
- 18 avril 1797 - Préliminaires de Leoben
- 18 octobre 1797 - Traité de Campoformio
Deuxième coalition (1798-1802)
C'est l'Angleterre qui prend l'initiative de réunir
cette coalition. Elle s'y emploie de septembre 1798 à mars 1799,
obtenant les alliances russe (à la suite de la prise de Malte,
dont le
Tsar Paul Ier est le
protecteur, par les troupes françaises en route vers l'Égypte),
ottomane (en réponse à l'invasion de l'Égypte),
autrichienne (après la déclaration de guerre du Directoire,
en mars 1799, consécutive au libre passage offert par le Saint-Empire
aux troupes russes), napolitaine et suédoise. Quelques principautés
allemandes complètent le dispositif.
La guerre débute par des revers pour la République. Alexandre
Souvorov, en août 1799, chasse les Français d'Italie. Mais
la victoire de Zurich sur les Austro-Russes (
André
Masséna, 25/26 septembre 1799) et la capitulation du corps
expéditionnaire Anglo-Russe à Alkmaar, Hollande (18 octobre
1799) rétablissent la situation.
Quelques mois après son retour d'Égypte,
Napoléon Bonaparte passe les Alpes à la tête de l'armée (col
du Grand-Saint-Bernard, mai 1800) et inflige aux Autrichiens la défaite
de
Marengo (qui voit la mort de
Louis Charles Antoine Desaix, grand responsable de la victoire).
En fin d'année, le 3 décembre 1800, Jean Victor Marie
Moreau remporte la victoire décisive d'Hohenlinden qui oblige
l'Autriche à traiter.
La paix de Lunéville (9 février 1801) reconnaît à nouveau à la France la possession de la rive gauche du Rhin ; à quoi s'ajoute l'Italie sauf Venise.
Le roi de Naples signe à son tour la paix le 18 mars 1801 (traité de Florence) et la Russie, peu soucieuse de favoriser les vues hégémoniques de l'Angleterre sur les mers et le commerce, l'imite le 8 octobre 1801 en signant le traité de Paris.
À nouveau isolée, l'Angleterre, épuisée,
accepte de signer le traité d'Amiens (25 mars 1802)

. Elle
restitue à la France toutes ses colonies mais évite de
se prononcer sur les acquisitions françaises sur le continent.
La France est en paix pour la première fois depuis le 20 avril 1792.
- 25 et 26 septembre 1799 - Bataille de Zurich.
- 18 octobre 1799 - Capitulation d'Alkmaar.
- 14 juin 1800 - Bataille de Marengo.
- 3 décembre 1800 - Bataille d'Hohenlinden.
- 9 février 1801 - Traité de Lunéville.
- 18 mars 1801- Traité de Florence.
- 8 octobre 1801 - Traité de Paris (avec la Russie).
- 9 octobre 1801 - Traité de Paris (avec l'Empire ottoman).
- 25 mars 1802 - Traité d'Amiens.

Troisième coalition (1805)
À peine un an après le traité
d'Amiens, le 16 mai 1803, les relations sont à nouveau rompues
entre la France et l'Angleterre. Celle-ci se met alors à la recherche
d'alliés et les trouve parmi les grandes puissances européennes
mécontentes de la politique interventionniste de
Napoléon Bonaparte : recès impérial de mars 1803 qui modifie de
fond en comble l'équilibre politique de l'Allemagne, Acte de
médiation du 19 février 1803 qui réorganise la
Suisse, création du royaume d'Italie en mai 1805.
La troisième coalition se constitue finalement en juillet et août 1805, regroupant, autour de l'Angleterre, la Russie, l'Autriche, Naples et la Suède.
Les hostilités s'ouvrent fin septembre. Ayant abandonnés
ses plans d'invasion de l'Angleterre dès la fin août -
donc bien avant la défaite de
Trafalgar
(21 octobre 1805) -
Napoléon fonce vers l'Allemagne du Sud, force
l'armée autrichienne de Karl Mack von Leiberich à s'enfermer
dans Ulm où elle n'a bientôt plus qu'à capituler
(17 octobre) puis s'empare de Vienne sans rencontrer de résistance
(15 novembre). La rencontre décisive a lieu à
Austerlitz
le 2 décembre ; les Austro-Russes sont mis en déroute.
La Prusse, sur le point de rejoindre la coalition, signe aussitôt
le traité de Schönbrunn (15 décembre). L'Autriche,
elle, doit subir le traité de Presbourg (26 décembre)
qui l'expulse d'Allemagne et d'Italie et signe la mort du Saint-Empire
romain germanique dont son souverain était jusque là l'
empereur François II.
Anglais, Russes et leurs comparses Napolitains (réduits à la Sicile) et Suédois poursuivent la guerre.
- 17 octobre 1805 - Capitulation d'Ulm.
- 21 octobre 1805 - Trafalgar.
- 2 décembre 1805 - Austerlitz.
- 15 décembre1805 - Traité de Schönbrunn.
- 26 décembre1805 - Traité de Presbourg.
Quatrième coalition (1806-1807)
Elle se constitue lorsque la Prusse – qui refuse
la réorganisation de l'Allemagne effectuée par
Napoléon 1er – rejoint les pays qui sont restés en guerre avec la France
à la fin de la troisième coalition (octobre 1806).
Les opérations se déroulent en deux temps. Une première
campagne, qui se déroule en Saxe, voit les victoires jumelles
d'
Auerstaedt et
Iéna
détruire en une journée l'armée prussienne, le
14 octobre 1806 ; le 27,
Napoléon entre à Berlin.
La seconde campagne a lieu en Pologne au printemps suivant. Les Russes
résistent à
Eylau (8
février 1807) mais cèdent à
Friedland
(14 juin).
Les traités de Tilsitt (7 et 9 juillet 1807) ramènent la paix au prix du démembrement de la Prusse et posent les bases, dans leurs clauses secrètes, d'une alliance Franco-Russe.
La Suède, pour sa part, a déjà signé, le 18 avril 1807, l'armistice de Schlachtow qui lui coûte la Poméranie suédoise.
L'Angleterre, à nouveau, se retrouve seule ou presque, n'ayant plus comme allié qu'un roi de Naples détrôné et réfugié en Sicile.
- 14 octobre 1806 - Auerstaedt
- 14 octobre 1806 - Iéna
- 8 février 1807 - Eylau
- 18 avril 1807 - Armistice de Schlachtow.
- 14 juin 1807 - Friedland
- 7 juillet 1807 - Traité de Tilsitt.
- 9 juillet 1807 - Traité de Tilsitt.
Cinquième coalition (1809)
Les premiers échecs de
Napoléon Ier,
en Espagne, amènent l'Autriche à céder aux sirènes
anglaises et à rallumer la guerre (avril 1809).
Les victoires d'
Eckmühl (22
avril) et de
Wagram (5 et 6 juillet)
contraignent l'Autriche à signer la paix de Vienne (14 octobre
1809), six mois à peine après le début de la guerre.
La coalition a vécu. L'Autriche est privée de portions
considérables de son territoire. L'Angleterre n'a plus qu'à
se trouver de nouveaux alliés.
- 22 avril 1809 - Eckmühl ou Eggmühl
- 5-6 juillet 1809 - Wagram
- 14 octobre 1809 - Traité de Vienne.
Sixième coalition (1813-1814)
Elle se conclut en février et mars 1813,
aussitôt après le désastre de la campagne de Russie,
entre les Russes, les Prussiens et les Anglais. Autrichiens et Suédois
s'y joignent en août, la Bavière et d'autres états
allemands de second ordre en octobre.
Les victoires initiales de
Lützen
(2 mai 1813), de
Bautzen (20 et
21 mai) et de
Dresde (26 et 27 août)
sont suivis par la lourde défaite de
Leipzig
(16, 17 et 18 octobre) au cours de laquelle l'armée française
et
Napoléon doivent faire face à un ennemi deux fois supérieur
en nombre. L'Allemagne est perdue et doit être évacuée.
La guerre se poursuit en France dès janvier 1814. L'Empereur y fait une dernière fois la démonstration de son génie militaire, obtenant une série de victoires qui échouent, cependant, à repousser l'invasion. Paris tombe le 30 mars 1814.
Napoléon abdique le 6 avril, à Fontainebleau.
Le traité de Paris, du 30 mai 1814, ramène la France à ses frontières de 1792.
- 2 mai 1813 - Lützen
- 20-21 mai 1813 - Bautzen,
aussi nommée bataille de Wurschen
- 26-27 août 1813 - Dresde
- 16-19 octobre 1813 - Leipzig,
dite bataille des nations
- 30 mars 1814 - Capitulation de Paris.
- 6 avril 1814 - Abdication de Napoléon 1er.
- 30 mai 1814 - Traité de Paris.
Septième coalition (1815)
Toute l'Europe se ligue aussitôt contre
Napoléon Bonaparte évadé de l'île d'Elbe : Angleterre, Autriche,
Espagne, Portugal, Prusse, Russie, Suède, Pays-Bas, Saxe, Bavière,
Bade, Wurtemberg, Suisse, Naples, etc...
La bataille de
Waterloo (18 juin
1815) met promptement fin à l'aventure des Cent-jours. Le 22
juin,
Napoléon abdique pour la seconde fois. Le 6 juillet, les
alliés entrent dans Paris.
Le 20 novembre, le second traité de Paris prive la France de la Savoie, du comté de Nice et de places fortes sur la frontière nord du pays.
- 18 juin 1815 - Waterloo
- 22 juin 1815 - Abdication de Napoléon Ier.
- 6 juillet 1815 - Entrée des alliés dans Paris.
- 20 novembre 1815 - Second traité de Paris.