Napoléon Bonaparte n'est pas seulement le
personnage au sujet duquel les historiens du monde entier ont le plus
publié. Il a également largement inspiré la fantaisie
imaginative d'écrivains plus ou moins connus : uchronies,
bizarreries, romans policiers, reportages... En voici quelques échantillons.
Napoléon n'a jamais existé
C'est dès 1827 que Jean-Baptiste Pérès, bibliothécaire
de la ville d'Agen, rectifie magistralement, et de manière irréfutable,
le "grand erratum source d'un nombre infini d'errata à noter
dans l'histoire du XIXe siècle". Il dénonce la supercherie,
tellement énorme qu'on s'étonne qu'elle ait pu perdurer
plus d'un quart de siècle, qui a consisté à inventer
à la tête de la France un personnage fabuleux : le
soleil personnifié !
Courte citation (Code
de la propriété intellectuelle, art. L122-5 3° a)
- PÉRÈS, Jean-Baptiste. Comme quoi Napoléon
n'a jamais existé. s.l. s.n., 1827.
Dans la peau d'un assassin de Napoléon
Jean-Louis Vissière, agrégé de lettres classiques,
maître de conférences honoraire à l'Université
de Provence, donne la parole à ceux, jacobins, royalistes, patriotes
allemands, illuminés, qui ont un jour tenté, ou eu l'idée,
de mettre une fin prématurée à l'épopée
de l'Empereur.
Courte citation (Code
de la propriété intellectuelle, art. L122-5 3° a)
- VISSIÈRE, Jean-Louis. Je vais tuer Napoléon !
Paris : Masque, 2007. 206 p. (Labyrinthes). ISBN 978-2-7024-3338-6.
Le gène de l'aventure
La journaliste Claude Pasteur a retrouvé des descendants de personnages
illustres, dont le comte Léon, arrière petit-fils de l'Empereur
et d'une demoiselle d'honneur de Caroline Murat, Éléonore
Denuelle de la Plaigne. L'homme est un français moyen, et si le
gène de l'aventure existe, il est à coup sûr récessif...
Courte citation (Code
de la propriété intellectuelle, art. L122-5 3° a)
- PASTEUR, Claude. Les hommes célèbres racontés
par leurs descendants. Paris : Fayard, 1965. 286 p.
Le feld-maréchal von Bonaparte
Si Louis XV n'avait pas acheté la Corse à la république
de Gênes,
Napoléon Bonaparte ne serait pas devenu empereur
des Français. Sans doute se serait-il mis au service de l'Autriche.
Le successeur d'Alexandre et de César n'aurait pas pu monter plus
haut que la dignité de feld-maréchal et l'Europe eût
été bien tranquille entre 1796 et 1815... Jean Dutourd met
son talent d'écrivain - et ses opinions - au service
d'une uchronie détonante.
Courte citation (Code
de la propriété intellectuelle, art. L122-5 3° a)
- DUTOURD, Jean. Le feld-maréchal von Bonaparte. s.l.
Flammarion, 1996. 180 p . ISBN 2-08-067332-7.
Wellington ? Which Wellington ?
Un diplomate britannique apparaît subitement dans la cour d'une
auberge prussienne en 1809, tenant des propos incohérents sur un
monde où les rebelles nord-américains ont gagné leur
guerre d'indépendance et où l'Europe est dominée
par un empereur français nommé
Napoléon Bonaparte.
On le croit fou, mais sa valise diplomatique contient des documents paraissant
authentiques, signés de personnalités prussiennes et anglaises
de haut rang... Les plus hautes autorités des deux paisibles pays
mènent l'enquête... Cette nouvelle de H. Beam Piper, remarquablement
argumentée (il a effectivement existé un colonel d'artillerie
dans l'armée française portant le nom de
Napoleone Buonaparte,
et les historiens s'accordent à estimer que la guerre d'indépendance
nord-américaine aurait très bien pu être gagnée
par les insurgés) est un des plus beaux textes d'uchronie publiés
dans les colonies britanniques d'outre-Atlantique.
Courte citation (Code
de la propriété intellectuelle, art. L122-5 3° a)
- BEAM PIPER, Henry. L'homme qui apparut. In Histoires de la 4ème
dimension. s.l. Librairie Générale Française,
1983. p 303-333. (Le Livre de Poche ; n. 3783). ISBN 2-253-03295-6.
Napoléon a conquis le monde. Et plus personne ne le sait !
Les faits sont connus, indéniables. En 1812,
Napoléon brise la Russie lors de la bataille de Novogorod. En 1813, il inflige au général Wellington une défaite sanglante à Ségovie. L'année suivante il détruit le Royaume-Uni et rattache l'Angleterre à la France après la bataille de Cambridge. Après l'ultime sursaut russe de 1817, l'Europe entière prend ses ordres à Paris. Les rois ne sont plus que des subalternes.
Ensuite, c'est la conquête foudroyante de l'Asie par l'Empereur. Puis celle de l'Afrique par ses lieutenants. L'Amérique, pour finir, s'offre spontanément.
Et pourtant le souvenir d'une telle gloire est effacé ! Une fable odieuse, partout reproduite, a pu se répandre au point qu'on la tienne maintenant pour l'histoire véritable :
Napoléon, l'activité faite homme, s'arrêtant trente-cinq jours entiers dans Moscou en flammes ! Son armée détruite par le froid ! La Prusse le trahissant ! L'Autriche le reniant ! L'ennemi traçant, défaite après défaite, son chemin jusqu'à Paris ! Y entrant !
Napoléon abdiquant une première fois, puis, pour faire bonne mesure, une seconde, après avoir perdu, dans un obscur canton de Belgique nommé Waterloo, sa dernière bataille.
Ce triste roman, confus, absurde et sans vraisemblance, par la grâce incompréhensible d'innombrables répétitions, en est venu aujourd'hui à prendre la force de la réalité.
Courte citation (Code
de la propriété intellectuelle, art. L122-5 3° a)
- GEOFFROY, Louis. Histoire de la monarchie universelle. Napoléon et la conquête du monde (1812-1832). Paris : Tallandier,
1983. 370 p. ISBN 2-235-01530-1.