Le Tribunat est créé par la Constitution
de l'an VIII. Il doit à Emmanuel-Joseph Siéyès son
existence et son nom, qui fait référence à l'antique
magistrature romaine du tribunat de la plèbe. Ses séances
se tiennent au Palais-Royal

.
Installé officiellement le 11 nivôse an VIII (1er janvier
1800), le Tribunat se
réunit pour la dernière fois le 18 septembre
1807.
Les tribuns
Le Tribunat compte cent membres, élus pour cinq ans et
renouvelables annuellement par cinquième. Ils sont choisis par
le
Sénat conservateur sur
la liste de confiance nationale et doivent être agés de vingt-cinq
ans au moins.
La Constitution de l'an X réduit le Tribunat à cinquante membres et le divise en trois sections (législation, intérieur, finances) ; celle de l'an XII fait passer la durée du mandat des tribuns à dix ans et prévoit un renouvellement par moitié tous les cinq ans.
Napoléon visitant le Palais-Royal, siège
du Tribunat,
par Merry-Joseph Blondel
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Missions
Le Tribunat est chargé de discuter les projets de loi présentés
par l'exécutif. Il peut en proposer l'adoption ou le rejet mais
ne peut empêcher leur présentation devant le
Corps
Législatif qui les vote. Trois membres du Tribunat sont chargés
d'aller exposer les voeux de leur assemblée devant le Corps Législatif.
Après l'an X, ce sont les différentes sections du Tribunat qui examinent les projets de loi, chacune se limitant à ceux pour lesquels elle est compétente. La Constitution de l'an XII ôte même à ces sections le droit de se réunir en assemblée générale dans le cadre de cet examen.
Conduite
Bien qu'il n'ait émis que sept voeux défavorables sur quatre-vingt quatorze en deux ans, le Tribunat s'attire rapidement l'hostilité du Premier Consul qu'irritent les critiques émises par une minorité d'opposants au régime.
Napoleon Bonaparte fait donc éliminer par le
Sénat,
lors du renouvellement de
1802,
les vingt tribuns les plus mal disposés à son égard,
parmi lesquels
Benjamin
Constant, Pierre Daunou (pourtant le premier à présider
cette assemblée lors de son installation) et Marie-Joseph Chénier.
De
1803 à
1807,
la réduction progressive du nombre de tribuns (pour passer de cent
à cinquante membres) est l'occasion d'éliminer peu à
peu les opposants qui s'y manifestent encore. Durant cette période,
le Tribunat n'émet plus aucun voeu défavorable.
Cela ne lui évite cependant pas d'être supprimé par un sénatus-consulte, le 19 août 1807.