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Napoléon & Empire

Biographie de Napoléon Bonaparte
2. Campagnes d'Italie et d'Egypte

En mars 1796, le Directoire, dominé par Barras, confie au général Bonaparte le commandement en chef de l'armée d'Italie. Avant son départ, Napoléon épouse à la mairie du 2ème arrondissement  Joséphine de Beauharnais, une créole veuve de général.

La campagne d'Italie débute avec l'arrivée de Bonaparte à Menton le 2 avril 1796. Son premier discours à ses troupes, à Nice, révèle ses exceptionnelles qualités de meneur d'hommes : Soldats, vous êtes nus, mal nourris... Je veux vous conduire dans les plus fertiles plaines du monde. Dès le 10 avril il passe à l'offensive contre l'armée autrichienne. Les combats victorieux se succèdent : le 12 à Montenotte, le 13 à Millesimo, le 15 à Dego , le 21 à Mondovi. Le 28, les Sardes, s'avouent vaincus : les envoyés du roi Victor-Amédée III signent l'armistice de Cherasco, prélude au traité de Paris. Se lançant alors à la poursuite des Autrichiens en fuite, Bonaparte entre à Plaisance le 7 mai après avoir passé le Pô. Trois jours plus tard, c'est la Victoire de Lodi. Le 15, l'armée française entre à Milan. Les réquisitions, en argent, oeuvres d'art et fournitures militaires se succèdent, entraînant une insurrection de la population du Milanais. La répression est inexorable.

Durant les semaines suivantes, Bonaparte agit depuis Milan en quasi-souverain. Il conclut des traités avec Naples, le duché de Parme et le Saint-Siège. Dans le même temps, il entame le siège de la ville de Mantoue , dont la chute est nécessaire à ses projets d'attaquer l'Autriche par le Tyrol.

Mais le 26 juillet, Dagobert von Wurmser, le nouveau général en chef autrichien passe à l'offensive. Le 30, Bonaparte lève le siège de Mantoue et se porte au devant de ses adversaires qui ont commis l'erreur de diviser leurs forces. Le 3 août Masséna bat un de leurs corps à Lonato. Le 5, le second subit une autre défaite à Castiglione. A nouveau battu le 8 septembre à Bassano, Wurmser se réfugie dans Mantoue.

Les Autrichiens lancent une nouvelle offensive le 1er novembre 1796, sous le commandement du général Josef Alvinczy von Borberek. Après quelques succès initiaux, celui-ci est vaincu le 17 à Arcole, après trois jours de combats.

Une nouvelle tentative des Autrichiens, décidément opiniâtres, échoue le 14 janvier 1797 à Rivoli et le 16 à la Favorite. Le 2 février, Wurmser capitule et évacue Mantoue. Quinze jours plus tard, 19 février, un traité de paix avec le Pape Pie VI est signé à Tolentino.

En mars, Bonaparte prend la direction de l'Autriche. Le 12, il passe le Piave, le 16, il culbute l'archiduc Charles à Tagliamento et le 23 entre à Trieste. Une suspension d'arme conclue le 7 avril débouche sur la conférence de Leoben entre Bonaparte et les plénipotentiaires autrichiens qui aboutit le 18 à la signature des préliminaires de paix de Leoben.

Bonaparte se tourne alors vers Venise, qui est occupée le 15 mai et qui doit à son tour, en vertu du traité signé le 16, fournir argent, vaisseaux, tableaux et manuscrits avant de recevoir une nouvelle structure administrative. Le reste de l'Italie du Nord subit lui aussi une réorganisation complète : république Ligurienne proclamée à Gênes le 17 juin, république Cisalpine à Milan le 9 juillet. Toutes ces décisions sont prises sans guère consulter le gouvernement français, auquel le général envoie même quelques courriers menaçants. Il en va de même des négociations entamées le 25 mai avec l'Autriche et qui aboutissent le 17 octobre au traité de paix de Campo-Formio.

Napoléon Bonaparte, désigné comme représentant plénipotentiaire de la République Française, se rend ensuite au congrès de Rastadt, relatif à l'occupation de certaines régions d'Allemagne par la France. Il y séjourne du 27 novembre au 1er décembre, le temps de signer une convention d'évacuation des pays vénitiens par les troupes françaises et de la rive gauche du Rhin par celles de l'empereur d'Allemagne. Le 5 décembre 1797 il est de retour à Paris.

Après sa réception à l'Institut, le 4 janvier 1798, Napoléon Bonaparte effectue une tournée d'inspection de Calais à Ostende et en revient le 23 février avec un rapport qui repousse le projet d'une descente en Angleterre.

Entre mars et avril, l'idée d'une conquête de l'Égypte progresse peu à peu au Directoire et le 4 mai Bonaparte part pour Toulon afin de superviser en personne les préparatifs de cette expédition. La flotte appareille le 19 mai, emportant un corps expéditionnaire de 37 000 hommes. Elle s'empare en chemin de Malte (10 au 13 juin) et touche les côtes égyptiennes le 1er juillet. Bonaparte débarque au milieu de la nuit. Le lendemain, les Français entrent dans Alexandrie, le 21 ils détruisent les Mamelouks lors de la Bataille des Pyramides et le 25 ils prennent Le Caire.

La situation se dégrade subitement les 1er et 2 août 1798 avec la défaite navale d'Aboukir (Bataille du Nil) : les Français sont prisonniers de leur conquête. Cela ne les empêche pas de l'organiser : l'Institut d'Égypte est créé le 22 août ; le 29 août paraît le premier numéro du Courrier de l'Égypte ; le 4 septembre Bonaparte décide que tous les habitants de l'Égypte porteront la cocarde tricolore, que le plus haut minaret du Caire et celui de chacun des chefs-lieux des provinces porteront le pavillon tricolore. Mais le 21 octobre se produit une révolte de la population du Caire  : un général est tué ainsi qu'un aide de camp de Bonaparte. La répression, immédiate et sanglante, a tôt fait de ramener le calme. Dès le 30, le général en chef trouve le temps d'inaugurer un jardin-concert.

En février 1799, Bonaparte marche sur la Syrie, à la rencontre d'une armée turque envoyée reconquérir l'Égypte. Il quitte Le Caire le 10, entre à Gaza le 25 et prend Jaffa le 7 mars, fait d'armes entaché par le massacre de la garnison qui se produit les jours suivants. Bonaparte se porte ensuite sur Saint-Jean d'Acre qui résiste opiniâtrement. Après avoir défait une armée de secours à la bataille du Mont-Thabor le 16 avril, il doit se résigner à lever le siège de la ville et à rentrer à Jaffa où il visite ses soldats atteints de la peste (c'est en fait sa seconde visite après celle du 11 mars). Il donne ensuite le signal de la retraite et rentre au Caire, où il arrive le 14 juin.

Une nouvelle armée turque débarquée par la flotte anglaise le 17 juillet est battue le 25 à Aboukir. C'est la dernière victoire de Bonaparte en Égypte. Le 22 août, il s'embarque pour la France ; le 29 septembre, il mouille en rade d'Ajaccio   et débarque le lendemain dans sa ville natale, où il est reçu en héros ; il en repart le 7 octobre ; le 9, il accoste à Saint-Raphaël ; le 16, il est à Paris.

Crédit photos

 Photos par Lionel A. Bouchon.
 Photos par Marie-Albe Grau.
 Photos par Floriane Grau.
 Photos par Michèle Grau-Ghelardi.
 Photos par Didier Grau.
 Photos par des personnes extérieures à l'association Napoléon & Empire.
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