Jean-Pierre Bachasson (1766-1823)
Comte de Montalivet
Bachasson (blason)
Jean-Pierre Bachasson naît à Neunkirch, près de Sarreguemines, le 5 juillet 1766, dans une famille noble. Fils d'un maréchal de camp, il suit les traces de son père en s'engageant, à treize ans, dans le régiment des hussards de Nassau. Mais il quitte rapidement l'armée, peut-être sous la pression de sa famille, pour suivre des études de droit qui font de lui, à dix-neuf ans, un conseiller au parlement de Grenoble.
Sa charge lui est retirée en 1790 quand la Constituante supprime les parlements. Il se retire alors à Valence où il entretient depuis 1785 des relations épisodiques avec Bonaparte. Celui-ci, lieutenant au 4ème régiment d'artillerie qui tient garnison dans la ville, a ses entrées dans les salons de Madame Bachasson mère.
Pendant la Terreur, pour assurer sa sécurité personnelle, Bachasson s'engage dans un bataillon de volontaires. Mais il revient vite à la vie civile, dès 1795, comme maire de Valence.
Bonaparte, devenu Premier consul, se souvient de lui et le nomme préfet de la Manche en
1801, de la Seine-et-Oise en
1805, avant de le faire entrer au conseil d'État en
1804 puis de lui confier la Direction générale des Ponts et Chaussées en
1806.
Son activité, son zèle et la bienveillance de l'Empereur lui valent d'être fait comte en
1808 et ministre de l'Intérieur en
1809.
Il justifie à ce poste la confiance qui lui est faite en se consacrant au développement économique du pays, favorisant l'industrie et les travaux publics. On lui doit notamment l'amélioration du port d'Ostende, le percement de nombreuses routes à travers les Alpes, une foule innombrable de monuments à Paris (quais, fontaines, arcs de triomphe...)
Serviteur docile et dévoué – presque jusqu'à l'esclavage, selon ses détracteurs – il se prononce, dans les derniers jours de l'Empire, en faveur d'une lutte à outrance.
En
1814, c'est contre son avis que le gouvernement et
Marie-Louise quittent Paris pour Blois. Il les suit en cherchant, par ses proclamations fiévreuses, à secouer l'inertie de la masse. Peine perdue.
Après avoir mené une vie retirée pendant la première Restauration, il rejoint
Napoleon durant les Cent-jours pour ne remplir auprès de lui que les fonctions largement honorifiques d'Intendant général de la Couronne.
La seconde Restauration le rend à la vie privée.
Louis XVIII, en 1819, le fait pair de France sur la proposition d'Elie Decazes.
Il meurt à Pouilly-sur-Loire le 22 janvier 1823 et est enterré au cimetière de Saint-Bouize, dans le Cher

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Sa femme, née Adélaïde de Saint-Germain, pour laquelle Napoleon marquait une particulière bienveillance (il l'avait courtisée lorqu'il était en poste à Valence, et avait demandé sa main à M. de Saint-Germain, qui la lui avait refusée, pensant que ce jeune lieutenant d'artillerie n'avait aucun avenir), eut l'honneur de se voir proposer de servir l'
impératrice Joséphine en tant que dame du palais.
Portrait en médaillon
"Jean-Pierre Bachasson, comte de Montalivet" par Jean-Baptiste Régnault (Paris 1754 - Paris 1829).
Autres portraits
Agrandir"Jean-Pierre Bachasson, comte de Montalivet". Gravure du XIXème siècle.
Agrandir"Jean-Pierre Bachasson, comte de Montalivet". Ecole française du XIXème siècle.