François de Barbé-Marbois (1745-1837)
Comte de l'Empire
Barbe (blason)
Barbé-Marbois, né à Metz le 31 janvier 1745, effectue sous l'Ancien Régime une carrière de diplomate qui le mène en Allemagne puis aux États-Unis durant la guerre d'Indépendance. En 1785, il est nommé intendant à Saint-Domingue. Rentré en France au début de la Révolution, il réintègre les services diplomatiques puis se retire à Metz durant la Terreur, qu'il traverse sans être inquiété.
En 1795, sa ville natale, dont il est maire depuis peu, l'envoie siéger au Conseil des Anciens. La réputation de royaliste qui l'y a précédée (consolidée par la découverte de documents compromettants chez un agent de l'émigration) puis ses nettes prises de position antigouvernementale lors de la lutte entre le Directoire et la fraction royaliste des assemblées, le font comprendre dans la liste des proscrits après le coup d'État du 18 fructidor an V. Il est déporté à Cayenne, en Guyane.
Charles-François Lebrun, dont il est ami intime, fait rentrer Barbé-Marbois en France après le 18 brumaire et obtient de
Napoleon Bonaparte sa nomination au conseil d'État. L'expérience administrative, l'intégrité et les appuis du nouveau conseiller en font un directeur du Trésor en février
1801, en septembre un ministre.
À ce poste, il préside à la création du franc-germinal en mars
1803 et à la vente de la Louisiane aux États-Unis en mai suivant.
Une brutale crise boursière, au début de l'Empire, lui coûte son poste en mettant en lumière les limites de ses compétences financières et politiques. N'a-t-il pas l'idée dangereuse de lutter contre la panique et l'affolement du public en faisant intervenir la force armée ?
Napoleon le congédie en janvier
1806 avec des mots très durs.
Cela n'empêche cependant pas Barbé-Marbois, au moment de la création de la Cour des comptes (16 septembre
1807), d'en être nommé premier président. Durant les années suivantes, l'adulation ostentatoire qu'il manifeste pour l'Empereur lui vaut un fauteuil de sénateur et le titre de comte.
Il n'en abandonne pas moins sans hésiter la cause impériale quand les mauvais jours arrivent. Après avoir été membre de la commission du Sénat qui prépare le décret de déchéance de
Napoléon et la formation d'un gouvernement provisoire, il propose à la Cour des comptes d'émettre un avis en faveur du rétablissement des Bourbons puis se porte à la rencontre de
Louis XVIII, à la tête de ses collègues.
La récompense arrive sous la forme de deux nominations : à la chambre des pairs et comme membre de la commission chargée de rédiger la charte constitutionnelle.
Chassé de Paris sur ordre de
Napoleon lors des Cent-jours, il reprend la présidence de la Cour des comptes après la seconde Restauration et la conserve jusqu'en 1834. Il effectue encore un court passage au ministère de la justice de septembre
1815 à mai 1816 puis se contente, jusqu'à sa mort, à Paris, le 12 ou le 14 janvier 1837, de siéger à la Chambre des pairs.
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Quelques mots échangés lors de l'entrevue de janvier
1806 donnent une idée de la violence avec laquelle
Napoleon pouvait traiter un collaborateur qui l'avait déçu :
— J'ose espérer que Votre Majesté ne m'accusera pas d'être un voleur.
— Je le préférerais cent fois. Au moins la friponnerie a des bornes, la bêtise n'en a point.
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Napoléon gardait rancune à Barbé-Marbois de son attitude d'avril
1814.
« Je suis indigné, dit-il un jour,
contre un homme qui, tenant tout de moi, a témoigné un empressement d'ingratitude que la nécessité ne justifiait point. »
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Les Postes américaines (United States Postal Service) ont émis en 1953 un timbre de 3 cents

commémorant le cent-cinquantième anniversaire de l'achat de la Louisiane ; François de Barbé-Marbois y figure aux côtés des négociateurs américains James Monroe et Robert Livingston.
Adresse
87, Rue de Grenelle. Paris VIIème arrondissement 
L'almanach Impérial de 1811 indique que le comte de Barbé-Marbois demeure à cette adresse.
Portrait en médaillon
"Le comte François de Barbé-Marbois", par Jean-Pierre Franque (Buis-les-Baronnies 1774 - Quintigny 1860).