Louis Pierre Édouard Bignon (1771-1841)
Baron de l'Empire
Louis Pierre Édouard Bignon naît à La Mailleraye-sur-Seine, le 3 juillet 1771 d'un père teinturier à Rouen. Après de bonnes études, il s'engage en 1792 et devient le secrétaire d'un général.
Remarqué par
Talleyrand, il commence en
1797 une carrière aux ministère des Affaires étrangères qui lui fait visiter la Confédération Helvétique, la République Cisalpine et l'Allemagne.
Durant l'occupation de la Prusse, de
1806 à
1808, il occupe les fonctions de commissaire impérial auprès des autorités locales. En
1809, il est nommé administrateur général de l'Autriche avant d'être envoyé en Pologne l'année suivante comme chargé d'affaires. Un titre de baron de l'Empire vient y récompenser son travail.
Trois ans plus tard, la capitulation de Dresde le fait tomber aux mains des Alliés. Bientôt libéré par le prince de Schwarzenberg, il rentre à Paris en décembre
1813, rapportant à
Napoléon la nouvelle de la défection de
Murat.
Durant les Cent-jours l'Empereur le nomme sous-secrétaire d'État aux Affaires étrangères. Après
Waterloo, Bignon devient ministre à part entière du gouvernement provisoire. À ce titre, il est amené à signer avec les Alliés la convention du 3 juillet
1815 qui ouvre Paris aux forces étrangères. Peu après, Bignon quitte le gouvernement et se retire provisoirement de la vie politique.
Réélu député en 1817, Bignon s'affirme comme un opposant résolu de la Restauration. La révolution de 1830 et les premières semaines du règne de Louis-Philippe lui fournissent l'occasion d'une seconde carrière ministérielle presque aussi brève que la première. Par la suite, tout en soutenant le gouvernement, il en critique fréquemment la politique étrangère, à l'égard de l'Angleterre (trop ménagée) ou de la Pologne (trop peu soutenue) notamment.
Membre de l'Académie des sciences morales et politiques depuis 1832, pair de France depuis 1837, il meurt à Paris le 6 janvier 1841.
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Bignon laisse une oeuvre historique et politique abondante et utile, puisée aux meilleures sources. L'Empereur, qui l'avait chargé au retour de l'île d'Elbe d'analyser les papiers de Talleyrand et d'en publier des « extraits condamnables », le porta d'ailleurs sur son testament pour l'engager à écrire une
Histoire de France sous Napoléon. Ce qu'il fit.
Portrait en médaillon
"Le baron Louis Pierre Edouard Bignon". Gravure du XIXème siècle.