Napoleon & Empire

Guillaume Marie-Anne Brune (1763-1815)

Comte de l'Empire

Né le 13 mars 1763 à Brive-la-Gaillarde, où son père est avocat et substitut du procureur, Guillaume Brune vient étudier le droit à Paris. Il s'y découvre une vocation littéraire et se fait ouvrier typographe pour subsister pendant qu'il écrit son propre ouvrage. Celui-ci paraît en 1788 sous le titre : Voyage pittoresque dans plusieurs provinces occidentales de la France.

La Révolution, à laquelle il adhère totalement, en fait un journaliste. Il crée sa propre feuille qu'il doit cependant bientôt céder pour des raisons financières.

Militant assidu du district des Cordeliers, ami de Georges Danton depuis 1789, ses soutiens politiques lui valent une promotion foudroyante lorsqu'il embrasse la carrière militaire.

Élu adjudant-major dans son bataillon d'engagés volontaires en 1791, il est général de brigade en août 1793. Entre-temps, il a servi sous Charles François Dumouriez, s'est fait remarquer en ralliant les débris de l'armée après la défaite de Neerwinden (18 mars 1793) et a participé, comme chef d'état-major de l'armée de pacification, à la répression de la révolte des fédéralistes du Calvados.

Après une éclipse due à la chute de Danton, il est adjoint à Napoléon Bonaparte, le 13 vendémiaire an IV, pour écraser l'insurrection royaliste.

Brune accompagne ensuite son chef en Italie, participe aux batailles d'Arcole (15-17 novembre 1796) et de Rivoli (14-15 janvier 1797) et devient général de division en novembre 1797.

On lui confie alors divers commandements, en Helvétie, en Italie où il parvient à s'emparer de la forteresse de Turin sans avoir recours à la force, en Hollande enfin. Là, il se couvre de gloire en remportant, sur une armée anglo-russe débarquée au Helder, les batailles de Berghen (19 septembre 1799) et de Castricum (6 octobre 1799).

Après avoir accueilli sans enthousiasme excessif le 18 brumaire, Guillaume Brune devient néanmoins conseiller d'état (25 décembre 1799) et l'un des plus proches collaborateurs du Premier consul Napoléon Bonaparte. Il se voit d'abord confier la pacification de l'Ouest et obtient des chefs vendéens et chouans qu'ils déposent les armes. Nommé ensuite, en août 1800, à la tête de l'armée d'Italie en remplacement d'André Masséna, il prend Vérone, Vicence, et signe l'armistice de Trévise (15 janvier 1801).

Tant d'éminents services ne peuvent être ignorés et en 1804, malgré les opinions obstinément républicaines qui lui ont valu de passer deux années à Constantinople comme ambassadeur (1802-1804), Guillaume Brune est compris dans la première promotion des maréchaux.

Les années suivantes, Brune reçoit le commandement du camp de Boulogne, devient gouverneur des villes hanséatiques et dirige le corps d'observation de la Grande-Armée.

Durant la campagne de Prusse, il conquiert la Poméranie suédoise. Mais il a l'imprudence d'utiliser le terme d'armée française au lieu de celui d'armée de sa majesté impériale et royale dans le texte de l'armistice qu'il signe en septembre 1807 avec le roi de Suède. Une faute aussi inouïe lui coûte son commandement et lui vaut une disgrâce qui dure encore en 1814.

C'est donc tout naturellement qu'il se rallie à Louis XVIII, qui le fait pair de France et gouverneur de Provence lors de la première Restauration.

Pourtant, au retour de l'île d'Elbe, il accepte de l'Empereur le commandement de la division militaire de Marseille. A ce poste, il pourchasse avec vigueur les bandes royalistes qui opèrent dans le midi et retarde jusqu'à la fin juillet sa soumission aux nouvelles autorités issues de la seconde Restauration.

Cela lui vaut d'être atrocement massacré par les royalistes à l'hôtel du Palais-Royal  d'Avignon le 2 août 1815. Son corps est jeté dans le Rhône et une plaque est apposée sur le pont où a été perpétré ce forfait portant l'inscription : "C'est ici le cimetière du maréchal Brune". Elle ne sera pas retirée avant la Monarchie de Juillet et les assassins resteront impunis.

Sa veuve parvient à faire rapatrier la dépouille du maréchal, qu'elle conserve dans leur château de Saint-Just-Sauvage  jusqu'à son propre décès en 1829. Ce n'est qu'alors qu'une tombe , au cimetière du village, accueille le maréchal et son épouse.

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Le nom de Brune est inscrit sur la 23e colonne (pilier Sud) de l'arc de triomphe de l'Étoile.

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Nommé pair de France pendant les Cent-Jours, Guillaume Brune est devenu ipso facto comte de l'Empire, mais il n'eut pas de lettres patentes, ni d'armoiries.
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Franc-maçonnerie : le maréchal Brune fut membre de la loge "Saint-Napoléon" à l'Orient de Paris, vénérable d'honneur de la loge "La Constante Amitié" de Sésame en 1811 et des "Frères Artistes" de Paris, ainsi que Grand Officier d'Honneur du Grand Orient de France.

Carrière militaire détaillée

établie par M. Eric Le Maître (voir son site web), mise en ligne avec son aimable autorisation.


Blessures au combat

Aucune.


Captivité

Aucune.


Premier engagement

Dans la garde nationale de Paris en 1789.


Évolution de carrière

Capitaine, en 1789.
Adjudant-major, le 18 octobre 1791.
Adjudant-général chef de brigade surnuméraire, le 12 octobre 1792.
Général de brigade, le 18 août 1793.
Général de division, le 17 avril 1797.
Maréchal de l'Empire, le 19 mai 1804.


États de service

A la garde nationale de Paris, en 1789.
Au 2e bataillon de volontaires de Seine-et-Oise, le 18 octobre 1791.
Commissaire général aux mouvements militaires, le 7 septembre 1792.
A l'armée du Nord, le 6 août 1793.
Employé près du comité militaire de la Convention, le 25 décembre 1793.
Employé à Paris à la 17e division militaire, le 13 avril 1795.
Sous Barras et Bonaparte au 13 Vendémiaire, le 5 octobre 1795.
Employé à Versailles, le 9 octobre 1795.
En mission à Marseille avec Fréron, le 30 octobre 1795.
Au camp de Grenelle, le 10 septembre 1796.
Réformé avec l'armée de l'Intérieur, le 22 septembre 1796.
A l'armée d'Italie, le 28 septembre 1796.
Employé à la division Masséna, en octobre 1796.
Commandant l'avant-garde de cette division, le 29 mars 1797.
Commandant la division Masséna, le 24 avril 1797.
Commandant la division Augereau, le 17 août 1797.
Chef d'une mission à Naples, le 11 janvier 1798.
Commandant les troupes de l'armée du Rhin et d'Italie réunies à la frontière suisse, le 27 janvier 1798.
Commandant en chef de l'armée d'Italie, le 8 mars 1798.
Commandant en chef des troupes françaises stationnées dans la république batave, le 13 octobre 1798.
Prend possession de son commandement, le 9 janvier 1799.
Commandant en chef l'armée de Batavie, le 23 septembre 1799.
Quitte son commandement, le 27 novembre 1799.
Conseiller d'Etat, le 25 décembre 1799.
Nommé commandant en chef de l'armée de l'Ouest, le 14 janvier 1800.
Commandant la 18e division militaire et les dépôts de l'armée de réserve à Dijon, le 11 mai 1800.
Général en chef de l'armée de réserve de 2e ligne, le 10 juin 1800.
Commandant de l'armée de réserve, le 3 juillet 1800.
Commandant en chef de l'armée d'Italie à la place de Masséna, le 13 août 1800.
Autorisé à rentrer à Paris, le 22 février 1801.
En congé, le 7 mars 1801.
Cesse son commandement à la dissolution de l'armée d'Italie, le 1er juin 1801.
Rentre au conseil d'Etat et devient président de la section de la guerre.
Ambassadeur en Turquie, du 11 septembre 1802 au 17 décembre 1804.
Général en chef de l'armée du camp de Boulogne, le 2 septembre 1805.
Gouverneur des villes hanséatiques, le 15 décembre 1806.
Commandant le corps d'Observation de la Grande Armée, le 29 avril 1807.
Remplacé dans son commandement et disgracié pour avoir dans une convention avec l'armée suédoise parlé de l'armée « française » au lieu de l'armée de « Sa Majesté Impériale et Royale », le 27 octobre 1807.
Disponible jusqu'en 1814 puis rallié aux Bourbons.
Gouverneur de la Provence et de la 8e division militaire, le 16 avril 1815.
Commandant le corps d'observation du Var (9e corps), le 17 avril 1815.

Portrait en médaillon

"Le maréchal Brune", par Marie Guilhelmine Benoist (Paris 1768 - Paris 1826).

Autres portraits

Guillaume Marie-Anne Brune (1763-1815)
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"Le maréchal Brune", gravure du XIXème siècle.
Guillaume Marie-Anne Brune (1763-1815)
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"Guillaume Marie-Anne Brune", par Auguste Vinchon (Paris 1789 - Ems, Nassau 1855).
Guillaume Marie-Anne Brune (1763-1815)
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"Le maréchal Brune". Gravure d'Adolphe Forestier (Paris 1801 - Paris 1885).
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