Robert Stewart Castlereagh (1769-1822)
Marquis de Londonderry, Vicomte Castlereagh
Castlereagh (blason)
Robert Stewart Castlereagh voit le jour à Dublin le 18 juin 1769, dans une famille de l'aristocratie britannique installée en Irlande.
Elu en 1790 au parlement de l'île, il devient garde du sceau privé pour l'Irlande en
1797, noie dans le sang l'insurrection de l'année suivante et entre au parlement anglais.
Suite à l'Acte d'Union, qui supprime en
1800 l'autonomie irlandaise,
Henry Addington confie au vicomte Castlereagh son premier portefeuille ministériel (
1802). En
1805,
William Pitt le jeune fait de lui son ministre de la Guerre et des Colonies. Après un an d'opposition consécutive à la mort de Pitt, Castlereagh retrouve le ministère de la Guerre d'avril
1807 à septembre
1809.
Dans cette fonction, il partage avec le ministre des Affaires Étrangèrs,
George Canning, la responsabilité du bombardement de Copenhague et du soutien aux insurgés Espagnols. Un duel au pistolet entre les deux hommes, pourtant membres du même gouvernement, puis l'échec du débarquement à Walcheren (Hollande, juillet à septembre 1809), entraînent sa démission.
Castlereagh revient aux affaires en mars
1812, comme ministre des Affaires Etrangères, poste qu'il conservera jusqu'à sa mort. Son premier soin est de mettre sur pied la coalition qui viendra à bout de l'Empire. En toute occasion, il se montre l'ennemi le plus acharné de
Napoléon, faisant ainsi tout pour éviter un accord lors des conférences de Châtillon en
1814.
Le Congrès de Vienne le voit partager avec
Metternich une influence prépondérante sur le redécoupage de l'Europe. Cependant, à la différence de son homologue autrichien, il s'oppose à la Sainte-Alliance imaginée par le
Tsar Alexandre Ier, n'y voyant que mysticisme et sottise.
Une fois Napoléon déporté à Sainte-Hélène, Castlereagh repousse toutes les requêtes qui visent à rendre plus supportable la détention du prisonnier. Il approuve ainsi les mesures vexatoires décidées par Lord Bathurst, le ministre de la Guerre et des Colonies, qu'
Hudson Lowe ne fait qu'appliquer sans discernement.
La politique conservatrice de Castlereagh et la répression brutale à laquelle il se livre ou qu'il soutient (suspension de l'Habeas Corpus en 1817, massacre de Peterloo en 1819), lui valent de violentes critiques, qui expliquent peut-être son suicide. La crainte d'être poursuivi pour homosexualité pourrait en être une autre cause, à moins que cet acte ne soit la conséquence du déséquilibre mental dont il donne des signes sur la fin de sa vie. Quelle qu'en soit la raison, il se tranche la gorge, le 18 août 1822, à Londres, au moyen d'un coupe-papier.
* * *
Lors du congrès de Vienne, Castlereagh parvint à obtenir l'interdiction de la traite négrière. C'est en lui promettant de soutenir cette mesure que
Maurice de Talleyrand-Périgord, ministre des Affaires étrangères d'une France vaincue, réussit à s'inviter à la table de négociation des vainqueurs.
Portrait en médaillon
"Robert Stewart Castlereagh".
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