Napoleon & Empire

Jean-Baptiste de Nompère de Champagny (1756-1834)

Duc de Cadore

Blason de Jean-Baptiste de Nompère de Champagny (1756-1834)

Champagny voit le jour à Roanne le 4 août 1756 dans une famille noble. Officier de marine sous l'Ancien Régime, il prend part à ce titre à la guerre d'indépendance américaine.

En 1789, la noblesse du Forez l'élit député aux États généraux. Bien qu'ayant été l'un des quarante-sept députés aristocrates à rejoindre le Tiers-État avant l'invitation royale, il se montre d'opinion modérée, peu porté aux effets de tribune mais membre influent du comité de marine.

Son mandat échu, il retourne à Roanne et se retire dans son château d'Anzy où il passe les années suivantes, à l'exception des quelques mois où la Terreur le jette en prison. Après sa libération, qu'il doit au 9 thermidor, il continue à se tenir à l'écart de toute vie publique jusqu'au 18 brumaire.

Bonaparte l'appelle alors au conseil d'État où il l'attache à la section de la marine. Champagny effectue ensuite une inspection des administrations préfectorales puis, probablement sur proposition de Lebrun, le troisième consul, est nommé ambassadeur en Autriche (été 1801).

Sa modération et la modestie de sa conduite y font merveille. L'empereur François II devient le parrain du fils qui lui naît à Vienne, et, surtout, admet la nouvelle carte de l'Allemagne issue du Recès de 1803.

L'année suivante, cependant, Champagny échoue à faire accepter l’avènement de Bonaparte à l'Empire. Il est rappelé. Mais dès le 8 août, Napoléon lui confie le ministère de l'Intérieur, certainement par souci de placer à la tête de ce département un grand commis docile duquel il n'aura pas à craindre les velléités d'autonomie.

Les premiers mois, l'Empereur attend surtout de son nouveau ministre qu'il lui procure les soldats nécessaires à la guerre imminente. Mais, par la suite, Champagny sait ne pas se limiter à ce rôle de sergent recruteur et conçoit également un vaste plan de travaux publics – dont la rue de Rivoli, à Paris, est l'une des réalisations – tout en préparant activement l'exposition des produits de l'industrie prévue en 1808.

Il doit abandonner tous ces projets, courant 1807, pour prendre la succession de Talleyrand au ministère des Relations extérieures (9 août), où l'Empereur désire désormais disposer d'un simple exécutant, discipliné et soumis.

Champagny se montre l'homme de la situation. Pendant près de quatre ans, il met consciencieusement en oeuvre les vues diplomatiques de Napoléon. C'est lui qui exécute la substitution de roi en Espagne, met en place le blocus continental, négocie la paix de Vienne, prépare le divorce de l'Empereur, justifie l'annexion de la Hollande. Cette activité lui vaut le titre de comte en 1808, celui de duc de Cadore en 1809, qui a aussi pour finalité de renforcer son prestige avant les négociations d'Erfurt.

Mais en 1811, pour avoir trop longtemps soutenu une politique d'alliance franco-russe sans percevoir l'évolution des conceptions de Napoléon sur le sujet, il doit rendre son portefeuille (16 avril).

On lui confie alors l'intendance des domaines de la couronne, une sinécure. Après avoir assuré quelques temps l'intérim de la secrétairerie d'État, puis refusé le ministère de la Marine, il devient sénateur en 1813.

Les derniers mois de l'Empire voient son retour au premier plan. Secrétaire du Conseil de régence, il accompagne Marie-Louise à Blois et, après la chute de Napoléon, porte une lettre de l'Impératrice à son père pour réclamer la reconnaissance de Napoléon II. L'empereur d'Autriche s'y refuse, tout en traitant le plénipotentiaire comme un vieil ami.

De retour en France, Champagny, qui trouve Louis XVIII installé au pouvoir, se rallie sans difficultés aux Bourbons, qui le font pair et contre-amiral.

Durant les Cent-jours, attentif à ne pas trop se compromettre, il n'accepte que la pairie et, à nouveau, l'intendance des domaines de la couronne.

Cela parait néanmoins suffisant au Roi, de retour de Gand, pour lui ôter sa pairie. Il la lui rend, comme à tant d'autres, en 1819.

Jean-Baptiste de Nompère de Champagny s'éteint le 3 juillet 1834 à Paris. Il repose au cimetière du Montparnasse .

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Il existe encore à Paris, quartier des Invalides, une petite rue portant son nom.

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Franc-maçonnerie : Jean-Baptiste de Nompère de Champagny fut grand conservateur du Grand Orient de France de 1806 à 1814.

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Son fils cadet François (1804-1882) fut académicien, auteur d'une remarquable "Histoire de l'Empire romain" en trois parties et dix volumes.

Portrait en médaillon

"Jean-Baptiste de Nompère de Champagny, duc de Cadore" par Antoine Jean Joseph Ansiaux (Liège 1764 - Paris 1840).
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