Henri-Jacques-Guillaume Clarke (1765-1818)
Comte d'Hunebourg, Duc de Feltre
Clarke (blason)
D'origine irlandaise, Henri Jacques Guillaume Clarke entre comme cadet à l'école militaire de Paris

en 1781 et devient officier de hussard et secrétaire des commandements du duc d'Orléans.
En 1790, capitaine, il occupe un moment un poste d'attaché à l'ambassade de Londres avant de revenir à l'armée du Rhin. Lieutenant-colonel en 1792, il se distingue à la prise de Spire (30 septembre 1792), à la défense du passage de la Nahe (17 mars 1793), lors de la retraite sur Worms (29-30 mars), et à l'affaire d'Hercheim le 17 mai, ce qui lui vaut d'être nommé général de brigade sur le champ de bataille par les représentants en mission.
Malgré ces brillants états de service, il est pourtant suspendu et emprisonné en octobre suivant, comme noble et comme suspect de lien avec les Orléans. Rapidement libéré, il est d'abord laissé sans emploi jusqu'à ce que
Lazare Carnot, après le 9 thermidor, le fasse appeler à la direction du bureau topographique de la guerre comme général de division.
En
1796, il est envoyé en Italie avec une double mission : négocier secrètement avec l'Autriche la libération de Gilbert du Motier de La Fayette et surveiller
Napoleon Bonaparte. Sa façon de s'acquitter de cette dernière tâche (il est subjugué par le jeune général et les deux hommes sympathisent) lui vaut d'être rappelé par le Directoire et destitué de ses grades et fonctions.
Clarke en est alors réduit à chercher un nouveau travail et s'adresse au banquier Jean-Frédéric Perregaux, futur beau-père d'
Auguste Frédéric Louis Viesse de Marmont, auprès duquel il fait valoir ses connaissances en langues étrangères : anglais et allemand, et sa « légère idée de la tenue des livres en partie double ».
Le 18 brumaire le remet en selle.
Napoleon Bonaparte fait de lui un de ses proches collaborateurs : il est directeur du dépôt de la guerre puis ministre plénipotentiaire auprès du roi d'Étrurie en juillet
1801.
Son ascension se poursuit sous l'Empire : conseiller d'État en
1804, secrétaire du cabinet de l'Empereur en
1805-
1806. À ce titre, il suit
Napoléon 1er à l'armée et devient successivement gouverneur de Haute et Basse Autriche (15 novembre
1805), d'Erfurt, de Berlin et de la Prusse (octobre
1806).
Le 19 août
1807, il est nommé ministre de la guerre, poste qu'il conserve jusqu'au 1er avril
1814, s'y montrant toujours l'exécuteur fidèle des volontés de l'Empereur.
Il est récompensé de son obéissance par les titres de comte de Hunebourg en
1808 puis de duc de Feltre en
1809.
Les désastres de
1812 et
1813 refroidissent suffisamment son zèle pour qu'il accueille favorablement le retour des Bourbons.
Louis XVIII, qui l'a fait pair de France, le nomme ministre de la guerre, le 11 mars
1815, pour qu'il tente de s'opposer au retour triomphal de
Napoleon 1er. En vain.
Il suit le roi en exil durant les Cent-jours, revient avec lui, retrouve son ministère le 24 septembre
1815 et s'y montre implacable pour ses anciens frères d'armes. Le 3 juillet 1816, il devient maréchal de France.
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On a prétendu que Clarke avait pris contact, très tôt, avec un émissaire de
Louis XVIII – le marquis de Chabannes – et qu'il avait laissé Paris sans défense en
1814. Rien ne le prouve formellement et Napoleon 1er lui-même, si l'on en croit le mémorial, n'eut jamais de doute sur sa probité et son honnêteté.
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Le nom de Clarke est inscrit sur la 11e colonne (pilier Est) de l'arc de triomphe de l'Étoile.
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Sa tombe

se trouve à Paris, au cimetière du Père Lachaise, division 37.
Portrait en médaillon
"Henri-Jacques-Guillaume Clarke, duc de Feltre", par François-Xavier Fabre (Montpellier 1766 - Montpellier 1837).
Autres portraits
Agrandir"Henri-Jacques-Guillaume Clarke, comte de Hunebourg, duc de Feltre", peint à la Restauration par Guillaume Descamps (Lille 1779 - Paris 1858).