Napoleon & Empire

Jean-Andoche Junot (1771-1813)

Duc d'Abrantès

Blason de Jean-Andoche Junot (1771-1813)

Jean-Andoche Junot naît le 24 septembre 1771 à Bussy-le-Grand, près d'Alésia en Bourgogne, dans une famille bourgeoise. Fils de juge (selon certaines sources), il est étudiant en droit à Dijon quand éclate la Révolution - un étudiant intelligent mais paresseux et turbulent. Aussi, après avoir tâté de l'administration, le jeune Junot s'engage-t-il dès la création des bataillons de volontaires, en septembre 1791.

C'est au siège de Toulon que la destinée de Junot se noue. Napoléon Bonaparte y remarque ce jeune sergent, surnommé "la Tempête" par ses camarades pour sa folle témérité. Les deux hommes sympathisent. Junot devient le secrétaire de Bonaparte et s'attache à sa destinée. Il partage les heures sombres qui suivent pour son chef le 9 thermidor mais profite de sa fortune après Vendémiaire. Il est alors, et pour longtemps encore, son meilleur ami.

Devenu premier aide de camp de Napoléon Bonaparte en Italie, Junot se distingue à Millesimo et à Lonato. Il est nommé colonel.

En Égypte, durant le siège de Saint-Jean d'Acre, il justifie par un exploit sa récente promotion au grade de général de brigade. Le 8 août 1799, avec ses 500 hommes, Junot arrête, près de Nazareth, une armée de 25 000 Turcs envoyée au secours des assiégés .

Napoléon Bonaparte, qui n'a pu le ramener avec lui d'Égypte, le rappelle cependant très vite mais Junot, capturé par les Anglais durant son voyage de retour, ne débarque finalement en France que le 14 juin 1800, bien après Brumaire et trop tard pour participer à la seconde campagne d'Italie.

Il est toutefois aussitôt nommé gouverneur de Paris (27 juillet 1800), épouse mademoiselle Laure Martin de Permon (30 août) et est promu général de division en 1801. Mais les dérèglements auxquels il commence alors à se laisser aller inquiètent le Premier consul Napoléon Bonaparte. Si bien qu'en 1804 celui-ci ne l'inclut pas dans la liste de ses maréchaux. Junot, surpris et déçu, laisse percer un mécontentement qui lui vaut un exil doré au Portugal, comme ambassadeur (mars 1805).

Peu tenté par la diplomatie, Junot abandonne son poste à la nouvelle de l'ouverture des hostilités avec l'Autriche et arrive à joindre à temps la Grande Armée pour participer à la bataille d'Austerlitz. Après cet "exploit" modérément apprécié par le souverain, Junot se fourvoie à nouveau en se faisant auprès de Napoléon Ier le défenseur du banquier Jacques-Rose Récamier, dont la femme Juliette tient un salon où se retrouve tout ce que l'Empire compte d'opposants. La récompense de toutes ces maladresses vient sous la forme d'un nouvel exil, à Parme cette fois, où l'étourdi est envoyé mater une révolte.

A son retour, Jean-Andoche Junot a la bonne surprise de retrouver son poste de gouverneur de Paris (19 juillet 1806). Mais il répond aux bonnes grâces de son Empereur d'ami en affichant sa liaison avec la soeur de celui-ci, Caroline Murat. Nouvel exil. Junot est mis à la tête de l'armée du Portugal et chargé de conquérir le pays.

Ce qu'il réalise en quelques semaines : Junot pénètre en Espagne en octobre 1807, s'empare d'Abrantès le 24 novembre et entre le 30 à Lisbonne. Nommé gouverneur du Portugal, il mène durant quelques mois une existence fastueuse (et lucrative) à laquelle met fin en août 1808 le débarquement des troupes anglaises commandées par Arthur Wellesley (futur Wellington). Vaincu à Vimeiro le 21 août, Junot négocie et signe la convention de Cintra (30 août), par laquelle il obtient de pouvoir rapatrier son armée en France.

En 1809, aussitôt après avoir été fait duc d'Abrantès (1er janvier), Junot retourne en Espagne où il participe au siège de Saragosse. Il commande ensuite l'armée de réserve durant la campagne d'Allemagne avant de repartir pour la péninsule ibérique en 1810, cette fois sous les ordres d'André Masséna, ce qu'il n'apprécie guère. Sa mauvaise volonté, qu'il partage avec les autres chefs de corps (Michel Ney, Jean Louis Ebenezel Reynier) fait de l'expédition un échec. Le 19 janvier 1811, il est grièvement blessé d'une balle en plein front durant la bataille de Rio Mayor et ramené mourant en France.

Il se remet pourtant et se retrouve placé à la tête du 8ème corps au début de la campagne de Russie. Mais Junot, par son inaction, permet à l'armée russe d'échapper à une défaite décisive le 19 août 1812, à Valoutina. Privé de son commandement, taxé de manque de résolution dans un Bulletin de la Grande Armée, Junot, dont la santé mentale est déjà chancelante, ne résiste pas à ces humiliations et sombre alors définitivement dans la folie.

Napoléon lui confie cependant encore le gouvernement des provinces Illyriennes (20 février 1813). Junot y multiplie les extravagances, jusqu'à se présenter à un bal parcimonieusement vêtu de ses seules décorations. Ramené au domicile de son père , à Montbard en Côte-d'Or, il meurt de ses blessures après s'être jeté d'une fenêtre puis avoir tenté de s'amputer, le 29 juillet 1813.

Il repose dans le cimetière de la ville .

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Le nom de Junot est inscrit sur la 33e colonne (pilier Ouest) de l'arc de triomphe de l'Étoile , tandis qu'une statue en pied du duc d'Abrantès signée Paul Eugène Breton honore sa mémoire sur la façade Nord du Louvre, rue de Rivoli .

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Sa femme, Laure, duchesse d'Abrantès, remarquable par sa beauté et son esprit caustique, était également extravagante, intrigante et dépensière, peu faite pour apporter à son mari l'équilibre dont il manquait tant lui-même.

Elle mérita du Premier consul le surnom de "petite peste" et de Théophile Gautier, bien plus tard, celui de "duchesse d'Abracadabrantès". Peut-être le poète faisait-il ainsi allusion au peu de sérieux de ses célèbres mémoires qu'elle écrivit, vers 1830, avec l'aide de son amant Honoré de Balzac (qui venait inscrire son nom au bas d'une longue et prestigieuse liste).

Après avoir connu les honneurs et les succès littéraires ou mondains les plus brillants, elle finit pourtant sa vie à l'hôpital dans l'indigence.

Remerciements

La photo de la statue en pied du duc d'Abrantès, rue de Rivoli à Paris, nous a été grâcieusement fournie par M. Cyril Maillet (voir son blog).

Portrait en médaillon

"Jean-Andoche Junot en uniforme de grenadier des volontaires, 1792". Ecole française du XIXème siècle.

Autres portraits

Jean-Andoche Junot (1771-1813)
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"Jean-Andoche Junot, duc d'Abrantès". Estampe du XIXème siècle.
Jean-Andoche Junot (1771-1813)
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"Jean-Andoche Junot, duc d'Abrantès". Gravure d'Adolphe Forestier (Paris 1801 - Paris 1885).
Jean-Andoche Junot (1771-1813)
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"Le duc et la duchesse d'Abrantès en famille" par Marguerite Gérard (Grasse 1761 - Paris 1837)
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