Napoleon & Empire

Auguste Frédéric Louis Viesse de Marmont (1774-1852)

Duc de Raguse

Blason de Auguste Frédéric Louis Viesse de Marmont (1774-1852)

Fils d'un officier noble, Auguste Frédéric Louis Viesse de Marmont naît le 20 juillet 1774 à Châtillon sur Seine, en Bourgogne (dans l'actuel département de la Côte d'Or). Il est d'abord destiné par son père à la magistrature, mais parvient à lui imposer sa propre volonté d'être soldat. Ses études se déroulent au collège de Châlons, où il se lie avec Jean-Andoche Junot, puis à l'école d'artillerie de la même ville.

Il en sort en 1792 pour être nommé lieutenant en second au 1er régiment d'artillerie à pied, celui-là même où Napoléon Bonaparte a servi six ans plus tôt. Ce dernier remarque Marmont au siège de Toulon et se l'attache rapidement en qualité d'aide de camp – officieusement d'abord puis tout à fait officiellement en février 1796, après leur passage à l'armée d'Italie.

Durant toute la campagne, le jeune Marmont ne donne à son chef que des motifs de satisfaction, en particulier par l'honnêteté dont il fait preuve alors que tous, autour de lui, donnent l'exemple des vols et des dilapidations.

En 1798, peu après son mariage avec la fille du banquier Jean-Frédéric Perregaux, Marmont embarque avec l'expédition d'Égypte. Il se distingue à Malte en s'emparant du drapeau de l'ordre des chevaliers de Saint-Jean (certains prétendent qu'il l'a acheté cinq pièces d'or à son sergent) et est fait sur le champ général de brigade.

En Égypte, son principal fait d'armes est de repousser, en tant que commandant d'Alexandrie, une tentative de débarquement anglais, le 3 février 1799. Mais il participe aussi avec courage à la plupart des batailles de la campagne, avant que son chef ne le ramène avec lui en France sur la frégate Muiron.

Son rôle lors du 18 Brumaire, quoique secondaire, lui vaut, le 25 décembre 1799, une place de conseiller d'État, qu'il préfère au commandement de l'artillerie de la garde consulaire, poste qui l'aurait placé sous les ordres de Jean Lannes.

Après avoir échoué dans la négociation d'un emprunt auprès des Hollandais, Marmont prend part à la seconde campagne d'Italie comme commandant de l'artillerie de réserve. Sa conduite à Marengo lui vaut d'être promu général de division en septembre 1800.

Inspecteur général de l'artillerie en 1802, commandant du camp d'Utrecht, c'est à dire de l'armée d'occupation française en Hollande, en 1804, il considère comme une injustice de ne pas figurer sur la liste des maréchaux nommés immédiatement après la proclamation de l'Empire. Le fait qu'il n'ait jamais commandé en chef devant l'ennemi explique pourtant cet oubli.

Placé en 1805 à la tête du 2ème corps de la Grande Armée, il passe le Rhin le 12 septembre, est à Ulm le 21 octobre, occupe Leoben le 12 novembre et ne prend plus aucune part au reste de la campagne. Après Austerlitz, il occupe Graz puis entre dans le Frioul où il se laisse aller à quelques malversations que Napoléon Ier réfrène sans lui en tenir rigueur, puisqu'il le nomme, le 7 juillet 1806, gouverneur de la Dalmatie.

Là encore, sa gestion des fonds destinés à l'armée lui vaut de sévères reproches qui restent pourtant sans conséquence sur sa carrière. Le 29 juin 1808, il est fait duc de Raguse pour avoir contraint une flotte russe à lever le siège de la ville.

En 1809, Marmont donne à nouveau à Napoléon 1er des sujets de mécontentement par sa passiveté dans les premiers temps de la guerre. Plus tard, chef de la réserve à Wagram, il poursuit assez maladroitement l'ennemi après la bataille et le rejoint finalement, un peu par hasard, devant Znaïm. Se trouvant devant des forces ennemies regroupées et prêtes au combat, il se contente de se tenir sur la défensive en attendant des renforts qui arrivent bientôt sous le commandement de l'Empereur. L'ennemi ayant réclamé sur ces entrefaites la cessation des hostilités, ce médiocre fait d'arme suffit pour que Marmont soit élevé, dès le lendemain (12 juillet 1809), à la dignité de maréchal. Cette nouvelle distinction ne parvient cependant pas à combler son ambition et son amour-propre lorsqu'il voit dans le même temps Louis-Alexandre Berthier, Louis-Nicolas Davout et André Masséna accéder au rang de prince.

Après un nouveau séjour en Illyrie, il reçoit en mai 1811 le commandement de l'armée du Portugal et d'Espagne, en remplacement de Masséna. Il entame victorieusement ses campagnes ibériques par le déblocage de Ciudad Rodrigo (24 septembre), ce qui lui permet d'envahir le Portugal où il se heurte à Wellington. Blessé et sévèrement battu aux Arapiles, près de Salamanque, le 22 juillet 1812, il quitte l'Espagne peu après, quelques jours à peine avant l'entrée des Anglais à Madrid.

Cette fois encore, les reproches qu'il encourt n'altèrent ni la confiance ni la faveur que l'Empereur lui témoigne.

Le 9 janvier 1813, Marmont reçoit le commandement du 1er corps d'observation du Rhin. Présent à toutes les grandes batailles en Saxe, il commande l'aile gauche à Leipzig (16-19 octobre) où il est sauvé par Michel Ney, le troisième jour, alors qu'il se trouve dans une situation difficile. Des lauriers qu'en récolte le prince de la Moskowa, il ne tire, lui, qu'une amère potion.

Pendant la campagne de France, à la tête du 6ème corps de l'armée de Champagne, il se bat à Brienne (29 janvier 1814), La Rothière (1er février), Champaubert (10 février), Montmirail (11 février). Chargé, avec Adolphe Mortier, de contenir Blücher, il est sévèrement battu à Laon (9-10 mars) malgré sa grande habileté tactique et fait retomber la défaite sur la mauvaise volonté de son collègue. Il livre ensuite les derniers combats devant Paris et négocie la capitulation, en accord avec Mortier et Joseph Bonaparte, avant de se retirer en Normandie (4 avril) avec ses troupes.

Fait pair et chevalier de Saint-Louis, Marmont accompagne Louis XVIII à Gand en qualité de commandant de sa maison militaire. Lors de la seconde Restauration, il vote la mort de Ney puis devient ministre d'État le 30 novembre 1817 et gouverneur de Paris de 1821 à 1830. A ce poste, il échoue à écraser l'insurrection de juillet 1830 et quitte la France avec Charles X pour ne plus jamais y revenir.

C'est solitaire et oublié qu'il meurt d'apoplexie au palais Loredan de Venise le 3 mars 1852. Il est inhumé au cimetière Saint-Vorles de Châtillon-sur-Seine, en Côte d'Or .

*  *  *
Le nom de Marmont est inscrit sur la 24e colonne (pilier Sud) de l'arc de triomphe de l'Étoile.

*  *  *

Napoléon 1er considéra toujours sa capitulation devant Paris et surtout l'envoi de ses troupes en Normandie comme une trahison. Il est pourtant permis de douter qu'avec les quelques milliers d'hommes du corps de Marmont – sans tenir compte des nombreux déserteurs – il eût pu recommencer la lutte et chasser les alliés de Paris. Mais cette illusion lui permettait de garder la conviction de n'avoir pas été vaincu mais trahi.

Carrière militaire détaillée

établie par M. Eric Le Maître (voir son site web), mise en ligne avec son aimable autorisation.



Blessures au combat

Blessé deux fois au bras aux Arapiles, le 22 juillet 1812.


Captivité

Aucune.


Premier engagement

Au bataillon de garnison de Châtres, le 6 juillet 1790.


Évolution de carrière

Sous-lieutenant, le 6 juillet 1790.
Lieutenant en second, le 1er septembre 1792.
Lieutenant en premier, le 8 mars 1793.
Capitaine, le 12 novembre 1793.
Chef de bataillon, le 8 février 1796.
Chef de brigade provisoire, le 13 octobre 1796 et confirmé, le 1er janvier 1797.
Général de brigade, juin 1798.
Général de division, le 9 septembre 1800.
Maréchal de l'Empire, le 12 juillet 1809.


États de service

Au bataillon de garnison de Chartres, le 6 juillet 1790.
Elève à l'école d'artillerie de Châlons, le 1er mars 1792.
Au 1er régiment d'artillerie à pied, le 1er septembre 1792.
A l'armée des Alpes, lieutenant en premier, le 8 mars 1793.
Sert au siège de Toulon et devient capitaine, le 12 novembre 1793.
A l'armée du Rhin, entre 1794 et 1795.
Aide de camp de Napoléon Bonaparte à l'armée de l'Intérieur, le 3 février 1796.
Le suit à l'armée d'Italie, le 27 mars 1796.
Premier aide camp de Bonaparte, le 12 mai 1796.
Au 2e régiment d'artillerie à cheval, à titre provisoire, le 13 octobre 1796.
Au 2e régiment d'artillerie à cheval, le 3 mai 1797.
A l'armée d'Orient, en mai 1798.
Commandant une brigade de la division Bon, le 23 juin 1798.
Commandant à Alexandrie à la place de Manscourt, le 28 novembre 1798.
S'embarque pour la France avec Bonaparte, le 22 août 1799.
Participe au coup d'Etat du 18 brumaire.
Conseiller d'Etat à la section de la Guerre, le 25 décembre 1799.
Commandant l'artillerie de l'armée de Réserve, le 15 avril 1800.
Commandant en chef l'artillerie de l'armée d'Italie, le 6 septembre 1800.
Premier inspecteur général de l'artillerie, le 16 septembre 1802.
Commandant en chef l'artillerie des 6 camps de la Grande Armée, le 14 juin 1803.
Commandant en chef le camp d'Utrecht, le 5 février 1804.
Colonel général des hussards et chasseurs à cheval, le 1er février 1805.
A la Grande Armée, campagne de 1805 : Commandant le 2e corps, le 30 août 1805.
Commandant le 1er corps de l'armée d'Italie, le 23 décembre 1805.
Gouverneur général et général en chef de l'armée de Dalmatie, le 7 juillet 1806.
Commandant le 11e corps de la Grande Armée, en 1809.
Gouverneur des Provinces Illyriennes, en octobre 1809.
Commandant le 6e corps de l'armée de Portugal sous Masséna, le 9 avril 1811.
Commandant en chef de l'armée de Portugal à la place de Masséna, le 7 mai 1811.
Quitte son commandement à la suite des blessures reçues à la bataille des Arapiles, le 22 juillet 1812.
Nommé commandant le 1er corps d'observation du Rhin, le 9 janvier 1813.
Commandant le 2e corps d'observation du Rhin, le 17 février 1813.
Commandant le 6e corps de la Grande Armée en Allemagne, le 12 mars 1813.
Commandant le 6e corps à l'armée de Champagne, en décembre 1813.
Livre une ultime bataille sous les murs de Paris avec Moncey et Mortier avant de capituler à Belleville, le 30 mars 1814.
Capitaine de la 6e compagnie des gardes du corps du roi et pair de France, le 4 juin 1814.
Aux Cent-Jours, il suit le roi à Gand.
Proscrit par Napoléon, le 12 mars 1815.
Rayé de la liste des maréchaux, le 10 avril 1815.
Nommé par le roi l'un des quatre majors généraux de la Garde Royale, le 3 août 1815.
Commissaire extraordinaire des 7e et 19e divisions militaires, en septembre 1817.
Ministre d'Etat, le 30 novembre 1817.
Gouverneur de la 1ère division militaire à Paris, du 29 août 1821 au 30 juillet 1830.
Ambassadeur extraordinaire au sacre de l'Empereur de Russie Nicolas 1er, en avril 1826.
Membre du conseil supérieur de la guerre, le 5 janvier 1828.
Chargé de faire exécuter les ordonnances de juillet à Paris, le 27 juillet 1830.
Suit Charles X en exil, en juillet 1830 et ne rentre jamais en France.

Portrait en médaillon

"Le maréchal Marmont, duc de Raguse" par Jean-Baptiste Paulin-Guérin (Toulon 1783 - Paris 1855).

Autres portraits

Auguste Frédéric Louis Viesse de Marmont (1774-1852)
Agrandir
"Marmont, général de division. An XI". Ecole française du XIXème siècle.
Auguste Frédéric Louis Viesse de Marmont (1774-1852)
Agrandir
"Le maréchal Marmont, duc de Raguse". Gravure du XIXème siècle.
Suivez le site sur les réseaux sociaux
Partager la page sur les réseaux sociaux
Vous êtes ici : Accueil > Personnages de l'Epopée > Liste des personnalités du Consulat et de l'Empire > Auguste Viesse de Marmont
Liens ] [ Accessibilité ] [ Mentions légales ]
Se libérer d'un jeu de cadres (frames) ] [ Les webmestres ]
Site conçu pour une résolution minimum de 1280 x 800 pixels. Dernière modification : 2017-01-13 20:15:17.
Copyright © 2008-2017 Lionel A. Bouchon email et Didier Grau
Hit-Parade

Site optimisé pour mobile Imprimer cette page
Haut de page