Napoleon & Empire

Adolphe Édouard Casimir Joseph Mortier (1768-1835)

Duc de Trévise

Blason de Adolphe Édouard Casimir Joseph Mortier (1768-1835)

Né le 13 février 1768 à Cateau-Cambrésis dans le Nord de la France, fils d'un négociant en toiles député à la Constituante, le jeune Edouard Casimir Mortier s'engage au sortir de solides études dans la garde nationale, et est élu capitaine au Ier bataillon de volontaires du Nord en septembre 1791.

Bien qu'il participe à toutes les batailles importantes - Jemmapes, Hondschoote, Fleurus, siège de Maastricht avec l'armée du Nord ; Altenkirchen, Giessen, Friedberg, occupation de Mayence avec celle du Rhin - sa carrière, surtout si on la compare à celle de certains de ses futurs collègues, n'est pas particulièrement brillante.

Il ne devient général de brigade qu'en février 1799 (après, cependant, avoir une première fois refusé ce grade en 1797 au moment de la paix de Campo-Formio) mais sait alors se rendre si utile à André Masséna dans sa campagne contre les Austro-Russes qu'il est nommé divisionnaire sur le champ de bataille de Zurich dès le 25 septembre suivant.

Ayant soutenu sans réserve le coup d'état du 18 Brumaire, il est placé à un poste de confiance : le commandement de la 17ème division militaire, dont le chef-lieu est Paris. Il y reste trois ans, gagnant au passage l'estime de Napoléon Bonaparte par son flegme, son application et sa parfaite exécution des ordres reçus.

Après la rupture de la paix d'Amiens, en mai 1803, il est chargé par le Premier Consul d'occuper l'électorat de Hanovre. Moins d'un mois plus tard, sa mission est remplie, l'armée ennemie a capitulé et Mortier a commencé à organiser le pays à la française, tout en prenant garde de ne pas infliger à la population des vexations inutiles.

A son retour, il est nommé colonel général commandant l'artillerie et les matelots de la garde consulaire puis maréchal (mai 1804).

En 1805, il commande l'infanterie de la garde. En 1806, il occupe à nouveau, sans coup férir, l'électorat de Hanovre – cédé entre-temps à la Prusse – puis le reste de l'Allemagne du nord. Il doit alors mettre en oeuvre les mesures draconiennes décidées par Napoléon Ier, en particulier à l'encontre des Anglais installés dans la région, mais il refuse cependant de forcer les guichets de la banque de Hambourg. (Sept ans plus tard, Louis-Nicolas Davout sera moins scrupuleux). Il dirige ensuite l'aile gauche à Friedland et devient gouverneur de la Silésie après la paix de Tilsitt (ou Tilsit).

Il passe un an à ce poste puis trois en Espagne après avoir été créé duc de Trévise (juillet 1808). Il prend part aux combats de Licinena et du pont de l'Arzobispo (8 août 1809), est blessé à la bataille d'Ocaña (19 novembre), se bat encore à Fuentes de Cantos (15 septembre 1810) et La Gebora (19 février 1811).

Durant la campagne de Russie, Mortier commande la jeune garde, participant aux batailles de la Moskowa (7 septembre 1812), de Krasnoïe et de la Berezina (17-18 novembre). C'est lui, en tant que gouverneur du Kremlin, qui est chargé de faire sauter le palais des tsars après le départ de Napoléon Ier. Cet ordre ne sera jamais exécuté.

Présent à toutes les batailles de la campagne de 1813 en Saxe, il fait celle de France en 1814 à la tête de la vieille garde. Chargé, avec Auguste Viesse de Marmont, de défendre Paris, et voyant ses troupes repoussées jusqu'à la barrière de la Villette, il s'accorde avec son collègue pour négocier un cessez-le-feu puis se retire avec ses soldats à Corbeil pour attendre sans se compromettre la suite des événements. Le 8 avril, il adhère à la déchéance de Napoléon Ier puis fait sa soumission à Louis XVIII qui le nomme gouverneur de Lille.

En mars 1815, le roi fuyant voulant s'établir dans cette cité, Mortier lui conseille vivement de ne pas y songer, la ville étant peu sûre. Après quoi, son conseil ayant été suivi, le maréchal part pour Paris reprendre sa place auprès de l'Empereur. Celui-ci le nomme commandant en chef de la garde impériale. Mortier entre en campagne le 8 juin mais quitte son commandement le 13, deux jours avant Waterloo, pour cause de crise de goutte qui le condamne à l'alitement.

La seconde Restauration se montre d'abord peu rancunière et fait de lui le gouverneur militaire de Rouen. Mais quand le conseil de guerre appelé à juger Michel Ney, dont il fait partie, se déclare incompétent, Mortier est finalement disgracié.

Député à la chambre en 1816, il recouvre la pairie en 1819. Sous Louis-Philippe, qu'il a connu dans sa jeunesse à l'armée du Nord, il est successivement ambassadeur en Russie de décembre 1830 à septembre 1831 puis ministre de la Guerre et président du Conseil du 18 novembre 1834 au 12 mars 1835.

Il meurt, le 28 juillet 1835, tué par la machine infernale de Giuseppe Fieschi, à l'occasion d'une revue de la garde nationale.

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Le nom de Mortier est inscrit sur la 13e colonne (pilier Est) de l'arc de triomphe de l'Etoile.

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Sa tombe se trouve à Paris, au cimetière du Père Lachaise, division 27. Son coeur y repose toujours, tandis que sa dépouille a été transférée aux Invalides .



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Franc-maçonnerie : Initié en février 1792 à la loge "Les Amis Réunis" de Lille, membre honoraire de la loge régimentaire "Les Emules d'Assas", le maréchal Mortier fut nommé en 1806 Grand Officier du Grand Orient de France puis devint sous la Restauration membre du Suprême Conseil du 33e degré.

Carrière militaire détaillée

établie par M. Eric Le Maître (voir son site web), mise en ligne avec son aimable autorisation.



Blessures au combat

Par un coup de mitraille à Dourlers, le 15 octobre 1793.
Blessé à Ocaña, 19 novembre 1809.


Captivité

Aucune.


Premier engagement

Dans la garde nationale de Dunkerque, en 1789.


Évolution de carrière

Capitaine, le 1er septembre 1791.
Adjudant général chef de bataillon, le 3 septembre 1793.
Adjudant général chef de brigade, le 13 juin 1795.
Général de brigade, le 23 février 1799.
Général de division provisoire, le 25 septembre 1799 et confirmé, le 19 octobre 1799.
Maréchal de l'Empire, le 19 mai 1804.


États de service

A la garde nationale de Dunkerque, entre 1789 et 1791.
Au 1er bataillon de volontaires du Nord, le 1er septembre 1791.
Chef d'état-major de la division Balland, en octobre 1793.
A l'armée de Sambre-et-Meuse, entre 1794 et 1797.
Au 23e de cavalerie, le 16 janvier 1797.
Chef d'état-major de Lefebvre à l'armée de Mayence, en 1798.
Général de brigade à l'armée de Mayence puis du Danube, le 23 février 1799.
A la division Lefebvre, le 25 mars 1799. A la division Legrand, le 30 avril 1799.
A la division Soult, en juin 1799.
Commandant la 4e division, le 28 août 1799.
Commandant la 3e division, le 3 octobre 1799.
Commandant la 2e division de l'armée du Rhin sous Lecourbe, le 11 décembre 1799.
Commandant la 17e division militaire à Paris, le 15 avril 1800.
Commandant supérieur des 15e et 17e divisions militaires puis de la 17e (devenue 1ère division militaire depuis le 21 janvier 1801), le 21 avril 1801.
Commandant le corps d'armée occupant le Hanovre, du 3 mai 1803 au 14 mai 1804.
Colonel général commandant l'artillerie et les matelots de la garde consulaire (puis impériale).
Commandant l'infanterie de la garde à la Grande Armée, le 30 août 1805.
Commandant un corps d'armée provisoire en Autriche, du 7 novembre au 16 décembre 1805.
Commandant le 5e corps de la Grande Armée à la place de Lannes, le 9 décembre 1805.
Commandant le 8e corps de la Grande Armée, le 1er octobre 1806.
Commandant les 5e et 6e corps et gouverneur de la Silésie, le 12 juillet 1807.
Commandant le 5e corps de l'armée d'Espagne, le 2 octobre 1808.
Rappelé en France, en mai 1811.
Commandant en chef la jeune garde à la Grande Armée, le 20 juin 1812.
Gouverneur de Moscou, le 14 septembre 1812.
Commandant la garde impériale à la Grande Armée sous le prince Eugène de Beauharnais, le 22 janvier 1813.
Commandant la Garde Impériale, le 22 novembre 1813.
Commandant la vieille garde, de décembre 1813 à avril 1814.
Se place de lui-même sous les ordres de Marmont pour défendre Paris ; est battu à la Villette, le 30 mars 1814 ; signe la capitulation et se replie sur Fontainebleau.
Pair de France à la Première Restauration, le 4 juin 1814.
Gouverneur de la 16e division militaire à Lille, le 21 juin 1814.
Pair de France aux Cent-Jours, le 2 juin 1815.
En mission extraordinaire pour inspecter la frontière de Calais à Landau, le 30 avril 1815.
Commandant la Garde Impériale, le 8 juin 1815.
Tombe malade à Beaumont et ne sert pas en Belgique.
Rayé de la Pairie, le 24 juillet 1815.
Gouverneur de la 15e division militaire à Rouen, le 10 janvier 1816.
Elu député du grand collège du Nord, le 4 octobre 1816.
Pair de France, le 5 mars 1819.
Membre du conseil supérieur de la guerre, le 1er février 1828.
Gouverneur de la 14e division militaire à Rouen, le 19 juillet 1829.
Ambassadeur en Russie, le 6 décembre 1830.
Grand chancelier de la Légion d'Honneur, le 11 septembre 1831.
De nouveau ambassadeur en Russie, le 22 février 1832.
Ministre de la Guerre et président du conseil, le 18 novembre 1834.
Démissionnaire, le 12 mars 1835.
Chancelier de la Légion d'Honneur, le 12 mars 1835.

Portrait en médaillon

"Le maréchal Mortier, duc de Trévise". Ecole française du XIXème siècle.

Autres portraits

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"Adolphe Edouard Casimir Joseph Mortier, capitaine au 1er bataillon du Nord en 1792" par Charles-Philippe Larivière (Paris 1798 - Paris 1876).
Adolphe Édouard Casimir Joseph Mortier (1768-1835)
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"Le maréchal Mortier, duc de Trévise". Miniature de Jean-Baptiste Isabey (Nancy 1767 - Paris 1855) ornant le plateau de la Table d'Austerlitz (dite également Table des Maréchaux).
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