Napoleon & Empire

Nicolas Charles Oudinot (1767-1847)

Duc de Reggio

Blason de Nicolas Charles Oudinot (1767-1847)

Nicolas Charles Oudinot voit le jour le 25 avril 1767 à Bar-le-Duc, en Lorraine. A 17 ans, en 1784, il tente d'échapper à la brasserie paternelle en s'engageant dans un régiment d'infanterie mais son père le contraint rapidement à revenir au nid.

La Révolution lui permet de prendre son envol définitif. Enrôlé dans la garde nationale, il devient capitaine d'une compagnie soldée le 14 juillet 1789 et lieutenant-colonel d'un régiment de volontaires en 1791.

Il gagne le grade de chef de brigade (équivalent de celui de colonel) par sa défense de la ville de Bitche en novembre 1793.

Peu après, en décembre, Oudinot reçoit la première d'une série de trente-deux blessures qui en fait le plus souvent touché des maréchaux.

Quatre mois plus tard, il est de retour à l'armée. Il s'y distingue en se frayant un chemin à la baïonnette à travers l'ennemi à Kaiserslautern (mai 1794). Nommé général de brigade, à nouveau blessé, il commande durant quelques mois la place de Trèves et ne retourne au combat, en octobre 1795, que pour recevoir, le même jour, cinq coups de sabre et un coup de feu.

Fait prisonnier, il est libéré en janvier 1796. Quelques blessures plus tard, nommé général de division (avril 1799), il passe à l'armée d'Helvétie sous les ordres d'André Masséna, s'illustrant en particulier à Zurich. Puis il sert sous le même lors de la seconde campagne d'Italie comme chef d'état-major. Il y fête Noël 1800, au passage du Mincio, en s'emparant d'un canon autrichien.

La paix revenue, Oudinot est nommé inspecteur général de l'infanterie, puis de la cavalerie.

A la formation de la Grande Armée, il prend le commandement de la division des grenadiers mais une balle, en lui traversant la cuisse, le force à céder sa place dès le début de la campagne (octobre 1805).

Il faut attendre ensuite mai 1807 pour le voir se casser une jambe à la suite d'une chute de cheval. Il n'en est pas moins présent à Friedland, en juin, à la tête de ses grenadiers. Ce jour-là, sa demande de renforts lui vaut ce message de Napoléon 1er : « Dites à Oudinot que lorsqu'il est quelque part, il n'y a à craindre que pour lui. » (Paroles que le maréchal fit plus tard graver sur une pipe que lui offrit l'Empereur).

Nommé comte en 1808, Oudinot participe en 1809 à la campagne d'Allemagne, remportant la bataille de Pfaffenhofen et récoltant de nouvelles blessures à Essling, où il remplace cependant Lannes dans son commandement, puis à Wagram. Il est fait maréchal six jours plus tard.

En avril 1810, il devient duc de Reggio puis commande en Hollande au moment de son rattachement à la France. Sa modération et la discipline qu'il sait imposer à ses troupes lui vaudront plus tard, après la chute de l'Empire, les remerciements du nouveau roi.

En 1812, il entre en Russie à la tête de ses grenadiers, l'emporte à Potolsk en août et est gravement blessé. A peine rétabli, il reprend son commandement pour la retraite et se fait à nouveau sévèrement toucher lors du passage de la Berezina.

1813 ne lui est guère plus propice. Battu par Jean-Baptiste Jules Bernadotte à Gross Beeren en août, il contracte le typhus quelques semaines plus tard et est rapatrié chez lui dans un état critique.

Cette fois encore, le temps lui est à peine laissé de se rétablir avant de repartir au combat. Il échappe de peu à la mort à Brienne (janvier 1814) lorsqu'un boulet lui érafle les deux cuisses puis à Arcis-sur-Aube (mars) où une balle le frappe en pleine poitrine, s'écrasant sur sa plaque de grand aigle de la Légion d'Honneur.

Le 4 avril 1814, à Fontainebleau, Oudinot est parmi les plus résolus à exiger de Napoléon Ier son abdication et se met aussitôt après à la disposition du comte d'Artois. Louis XVIII lui donne le commandement d'une région militaire.

Au début des Cent-jours, après avoir échoué à mener ses troupes contre Napoléon, il se retire dans ses terres et reste sans emploi.

A son retour, Louis XVIII le rétablit dans toutes ses fonctions et lui octroie en sus le commandement de la garde nationale de Paris. Il est fait duc et pair en 1817 et commande en 1823, sous le duc d'Angoulême, l'expédition d'Espagne.

En 1842, il est nommé gouverneur des Invalides et achève à ce poste sa carrière et son existence : c'est à l'âge respectable de quatre-vingts ans qu'il s'éteint, le 13 septembre 1847 à l'hôtel des Invalides .

Nicolas-Charles Oudinot y est inhumé  dans la crypte des gouverneurs  de la cathédrale Saint-Louis.

*  *  *
Le nom d'Oudinot est inscrit sur la 13e colonne (pilier Est) de l'arc de triomphe de l'Etoile , tandis qu'une statue en pied du duc de Reggio signée Pierre Joyeux honore sa mémoire sur la façade Nord du Louvre, rue de Rivoli .


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Franc-maçonnerie : Le maréchal Oudinot, initié Franc-Maçon en 1799 à la loge "Saint-Jean de Jérusalem" de Nancy (où sera initié Michel Ney deux ans plus tard), fut membre de la loge "L'Amitié" à Arras en 1805. Il devint en 1811 Vénérable d'Honneur de la loge "Saint-Napoléon" puis fut nommé, sous la Restauration, Grand Officier d'Honneur du Grand Orient de France.

Carrière militaire détaillée

établie par M. Eric Le Maître (voir son site web), mise en ligne avec son aimable autorisation.



Blessures au combat

Nicolas Charles Oudinot est, de loin, le Maréchal d'Empire à avoir reçu le plus de blessures :
D'un coup de sabre à la tête à Bitche, le 20 septembre 1793.
Par un coup de feu à la tête à Haguenau, le 27 novembre 1793.
Se fracture une jambe en chargeant l'ennemi à Trèves, le 11 août 1794.
Reçoit 5 coups de sabres et une balle à Neckerau, le 18 octobre 1795.
Par 4 coups de sabres et par une balle au pont d'Ingolstadt, le 14 septembre 1796.
Par une balle dans la poitrine à Rosenberg, près de Zurich, le 4 juin 1799.
Par une balle à l'omoplate à Schwitz, le 14 août 1799.
D'une balle dans la poitrine à Zurich, le 26 septembre 1799.
Par une balle dans la cuisse à Hollabrünn, le 16 novembre 1805.
Se fracture la jambe dans une chute de cheval près du fort de Wasser, le 12 décembre 1807.
Par un coup de sabre au bras à Essling, le 22 mai 1809.
Par une balle dans l'oreille à Wagram, le 6 juillet 1809.
D'un biscaïen à l'épaule à Poltosk, le 17 août 1812.
Par une balle au côté à la Bérézina, le 28 novembre 1812.
Par un éclat de bois à Plechtenitzow, le 29 novembre 1812.
Voit ses deux cuisses éraflées par un boulet à Brienne, le 29 janvier 1814.
Reçoit en pleine poitrine une balle amortie par sa plaque de grand aigle de la Légion d'honneur à Arcis-sur-Aube, le 20 mars 1814


Captivité

Capturé à Neckerau, le 18 octobre 1795. Est échangé, le 7 janvier 1796.


Premier engagement

Comme soldat au régiment de Médoc-infanterie, le 2 juin 1784.


Évolution de carrière

Capitaine, le 14 juillet 1789.
Chef de légion, le 7 novembre 1790.
Lieutenant-colonel en second, le 6 septembre 1791.
Lieutenant-colonel en premier, le 10 janvier 1793.
Chef de brigade, le 5 novembre 1793.
Général de brigade provisoire, le 14 juin 1794 et confirmé, le 13 juin 1795.
Général de division, le 12 avril 1799.
Maréchal de l'Empire, le 12 juillet 1809.


États de service

Soldat au régiment de Médoc infanterie, le 2 juin 1784.
Congédié par grâce le 30 avril 1787.
A la compagnie de cavalerie soldée par la ville de Bar-le-Duc, le 14 juillet 1789.
Commandant la garde nationale de la Meuse, le 7 novembre 1790.
Au 3e bataillon de volontaires de la Meuse, le 6 septembre 1791.
En garnison à Thionville, en novembre 1792.
A la 4e demi-brigade de bataille, le 25 août 1793.
A la 34e demi-brigade de bataille, le 26 avril 1794.
Commandant une brigade de cavalerie à la division Delmas, en septembre 1796.
A la division Fauconnet sous Desaix, le 21 octobre 1796.
A la division Ambert, le 14 janvier 1797.
A l'armée d'Allemagne, le 29 septembre 1797.
A l'armée d'Angleterre, le 30 janvier 1798.
A la 1ère division du corps de troupe dans le Haut-Rhin, le 20 avril 1798.
A l'armée d'Helvétie, division Xaintrailles, le 6 octobre 1798.
A l'armée de Mayence, le 20 novembre 1798.
A l'armée du Danube et d'Helvétie, le 7 mars 1799.
Commandant la 2e division du centre à l'armée d'Helvétie, le 30 avril 1799.
Commandant la 4e division de la même armée, le 27 mai 1799.
Commandant la division d'avant-garde à la place de Ney, le 28 mai 1799.
Commandant la 4e division de l'armée d'Helvétie, le 28 juin 1799.
Chef d'état-major à l'armée du Danube et d'Helvétie, le 25 juillet 1799.
A l'armée d'Italie, le 8 décembre 1799.
Chef d'état-major de Masséna, le 13 décembre 1799.
Chef d'état-major de Brune, le 22 août 1800.
Inspecteur général d'infanterie, le 24 juillet 1801.
Inspecteur général de cavalerie, le 18 décembre 1801.
Commandant la 1ère division d'infanterie au camp de Bruges, le 30 août 1803.
Député de la Meuse au Corps Législatif, le 29 novembre 1803.
Commandant la réserve des grenadiers à Arras à la place de Junot, le 5 février 1805.
Commandant la division des grenadiers réunis au 5e corps de Lannes, le 29 août 1805.
Commandant les 2 régiments de dragons à pied de la Réserve de la Grande Armée sous Lefebvre, le 5 octobre 1806.
Rappelé au quartier général, le 28 octobre 1806.
Chargé d'organiser et de commander une division de grenadiers et de voltigeurs, le 2 novembre 1806.
Participe au siège de Dantzig, en mars 1807.
Au corps de réserve sous Lannes, le 5 mai 1807.
Commandant d'armes à Dantzig, le 24 mai 1807.
Commandant le corps de réserve après le départ de Lannes, le 12 juillet 1807.
A l'armée du Rhin sous Davout, le 23 août 1808.
Gouverneur d'Erfurt, le 7 septembre 1808.
Commandant un corps de 3 divisions de grenadiers et de voltigeurs, le 5 décembre 1808.
A l'armée d'Allemagne sous Masséna, en 1809.
Commandant une division du 2e corps de Lannes, le 24 avril 1809.
Commandant en chef le 2e corps à la place de Lannes, le 23 mai 1809.
Commandant en chef de l'armée du Nord, le 5 janvier 1810.
Commandant en chef de l'armée de Brabant, le 20 janvier 1810.
Commandant le corps d'observation de Hollande, le 15 avril 1810.
Rendu disponible par suite de la dissolution de son corps, le 1er janvier 1811.
Commandant le corps d'Utrecht, le 26 juillet 1811.
Commandant en chef le 2e corps d'observation de l'Elbe, le 15 janvier 1812.
Commandant en chef le 2e corps de la Grande Armée, le 29 février 1812.
Sert en Russie, en 1812.
Commandant en chef le 12e corps de la Grande Armée en Allemagne, le 24 avril 1813.
Commandant en chef les 4e, 7e et 12e corps de la Grande Armée, en août 1813.
Commandant un corps de deux divisions de jeune garde, le 17 septembre 1813.
Commandant en chef le 7e corps de la Grande Armée, le 8 février 1814.
Commissaire du gouvernement pour la conclusion d'un armistice général, le 14 avril 1814.
Membre du Conseil d'Etat provisoire, le 16 avril 1814.
Ministre d'Etat, le 13 mai 1814.
Commandant en chef le corps royal des grenadiers et chasseurs à pied de France (ex-garde impériale), le 20 mai 1814.
Pair de France, le 4 juin 1814.
Gouverneur de la 3e division militaire, le 21 juin 1814.
Tente de s'opposer à la proclamation de l'Empire à Metz, mais doit céder devant l'émeute et se retire à Bar-le-Duc, le 24 mars 1815.
Major général de la Garde Royale, le 13 septembre 1815.
Membre du Conseil privé, le 19 septembre 1815.
Commandant en chef de la garde nationale de Paris, le 9 octobre 1815.
Gouverneur de la 3e division militaire à Metz, le 10 janvier 1816.
Inspecteur général des gardes nationales du département de la Seine, le 23 décembre 1816.
Commandant en chef le 1er corps de l'armée des Pyrénées, le 12 février 1823.
Gouverneur de Madrid, le 29 juillet 1823.
Rentre à Paris, le 11 novembre 1823.
Sans fonction par suite du licenciement de la Garde, le 11 août 1830.
Grand chancelier de la Légion d'Honneur, le 17 mai 1839.
Gouverneur de l'Hôtel royal des Invalides, le 21 octobre 1842.

Adresse

41, Rue de Bourgogne. Paris VIIème arrondissement 

C'est ici que le maréchal Oudinot habite lorsqu'il se trouve à Paris.

Remerciements

Nous exprimons notre gratitude au général de division Christian Baptiste, directeur du Musée de l'Armée, qui nous a autorisés à accéder au caveau des Gouverneurs de la cathédrale Saint-Louis des Invalides, et à M. Mickaël Blasselle, qui nous a guidés pour cette visite en décembre 2011.

La photo de la statue en pied du duc de Reggio, rue de Rivoli à Paris, nous a été grâcieusement fournie par M. Cyril Maillet (voir son blog).

Portrait en médaillon

"Nicolas Charles Oudinot, duc de Reggio" par Isidore Alexandre Augustin Pils (Paris 1813 - Douarnenez 1875), d'après Robert Jacques François Faust Lefèvre (Bayeux 1755 - Paris 1830).

Autres portraits

Nicolas Charles Oudinot (1767-1847)
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"Nicolas Charles Oudinot, duc de Reggio", gravure d'après Hippolyte Bellangé (1800-1866).
Nicolas Charles Oudinot (1767-1847)
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"Le maréchal Oudinot" gravure d'après Robert Lefèvre (1755-1830).
Nicolas Charles Oudinot (1767-1847)
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"Nicolas Charles Oudinot, duc de Reggio". Gravure du XIXème siècle.
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