Napoleon & Empire

Jean-Mathieu Philibert Sérurier (1742-1819)

Comte de l'Empire

Blason de Jean-Mathieu Philibert Sérurier (1742-1819)

Rejeton d'une famille de petite noblesse champenoise, né à Laon le 8 décembre 1742, Jean-Mathieu Philibert Sérurier participe à la guerre de Sept Ans (il est lieutenant dès 1755, à treize ans), mais n'est encore que colonel en 1792, après avoir attendu plus de vingt ans pour être promu capitaine.

Suspecté un temps de royalisme et peut-être tenté par l'émigration, il est destitué, arrêté, libéré sur intervention de Paul-François de Barras et enfin nommé général de brigade en juin 1793, puis de division en décembre 1794, toujours à l'armée d'Italie.

Rigoureux, adepte d'une stricte discipline – ce qui lui vaut à diverses reprises des démêlés avec des soldats déshabitués à ce niveau d'exigence – Sérurier n'hésite ni à partager les privations de la troupe ni à payer de sa personne. Placé à la tête de l'aile droite de l'armée, il participe aux succès de Lonato (23 novembre 1795), Mondovi (21 avril 1796), La Favorite (16 janvier 1797), et reçoit la capitulation  de Mantoue  le 2 février suivant.

Après avoir apporté au Directoire les drapeaux pris à l'ennemi lors de la dernière campagne, que Napoléon Bonaparte accompagne d'une lettre élogieuse sur son messager, Sérurier est chargé de préparer l'évacuation de Venise. Il s'agit, dans l'esprit du général en chef, de dépouiller la ville, que le traité de Campo-Formio fait passer sous domination autrichienne, de tout ce qu'elle contient de précieux et d'utile. Sérurier s'acquitte sans états d'âme de cette mission, emportant en sus avec lui les malédictions de la population (18 janvier 1798).

Bien qu'apprécié de Napoléon Bonaparte pour son dévouement et son intégrité, il n'est cependant pas de l'expédition d'Égypte, ayant été jugé trop âgé.

Il continue donc à servir en Italie. A Lucques d'abord, où il préside à la mise en place d'une République soeur (décembre 1798-janvier 1799), tout en levant la contribution de guerre due par la ville.

Les hostilités ayant repris, il se distingue à Pastrengo le 26 mars 1799 mais, le désordre s'étant mis dans sa division après une retraite longue et difficile rendue nécessaire par son infériorité numérique – il y eut des officiers assassinés par la troupe –, il doit capituler à Verderio le 28 avril suivant.

Alexandre Souvorov lui permet de rentrer en France sur sa parole d'honneur de ne plus servir contre la Russie ou l'Autriche jusqu'à la fin de la guerre. Sérurier, officier particulièrement intègre, respectera scrupuleusement son serment.

Laissé sans emploi par le Directoire, il rejoint la conspiration qui aboutira au 18 Brumaire mais ne joue qu'un rôle passif le jour du coup d'État.

Nommé sénateur dès décembre 1799, il devient gouverneur des Invalides en 1803, reçoit le titre de maréchal en 1804, celui de comte en 1808. Napoléon 1er envisage un moment de lui donner celui de duc de Mondovi mais y renonçe pour une raison inconnue.

Dans la nuit du 30 au 31 mars 1814, ayant appris la capitulation de Paris, Sérurier fait brûler les 1 417 drapeaux confiés à sa garde et jeter leurs hampes à la Seine, tout comme l'épée et les décorations de Frédéric II, conservées aux Invalides depuis 1806.

Ayant rallié Napoléon 1er pendant les Cent-jours, il perd au retour de Louis XVIII sa place de gouverneur, sa pairie (non sans avoir eu le temps de voter la mort du maréchal Ney) et sa dignité de maréchal.

Il n'est rétabli dans tous ses droits que le 1er janvier 1819, mais succombe le 21 décembre suivant, en son hôtel parisien de la rue Duphot, à une "paralysie du cerveau" secondaire à la goutte dont il souffre depuis de nombreuses années.

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Le nom de Sérurier est inscrit sur la 24e colonne (pilier Sud) de l'arc de triomphe de l'Étoile.

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Sa tombe se trouve à Paris, au cimetière du Père Lachaise, division 39. Son corps a toutefois été transféré aux Invalides le 26 février 1847 ; il y repose  dans la crypte des gouverneurs  de la cathédrale Saint-Louis.


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Franc-maçonnerie : Le maréchal Sérurier était membre des loges parisiennes "Saint-Alexandre d'Ecosse" et "L'Abeille Impériale"(Grand Prieur d'Honneur). Il participa le 30 mars 1807 à l'installation de Jean-Jacques Régis de Cambacérès comme Grand Maître du Rite Ecossais à la "Mère Ecossaise de France".

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Le surnom de « vierge d'Italie », qu'on lui prête parfois et qui est censé célébrer son intégrité n'est pas parfaitement attesté.

Carrière militaire détaillée

établie par M. Eric Le Maître (voir son site web), mise en ligne avec son aimable autorisation.


Blessures au combat

Par un coup de feu qui lui brise la mâchoire à Warbourg, le 31 juillet 1760.


Captivité

Capturé le 28 avril 1799 lors de la bataille de Verderio contre les austro-russes, il est libéré par Souvarov contre la promesse de ne jamais reprendre les armes contre l'une ou l'autre nation.


Premier engagement

Comme lieutenant au bataillon de milices de Laon, compagnie Eustache de Vaucleroy, le 25 mars 1755.


Évolution de carrière

Lieutenant, le 25 mars 1755.
Enseigne, le 1er octobre 1759.
Lieutenant, le 25 avril 1762 ; puis réformé, le 10 décembre 1762.
Replacé Sous-lieutenant, le 11 avril 1763.
Lieutenant, le 21 février 1767.
Lieutenant en premier, le 16 juin 1776.
Capitaine en second, le 28 février 1778.
Capitaine commandant, le 10 mai 1782.
Major, le 17 mars 1789.
Lieutenant-colonel, le 1er janvier 1791.
Colonel, le 7 août 1792.
Général de brigade, le 25 juin 1793.
Général de division, le 22 décembre 1794.
Maréchal de l'Empire, le 19 mai 1804.


États de service

Au bataillon de milice de Laon, le 25 mars 1755.
Au bataillon de milice de Soissons, le 12 juin 1758.
Au bataillon de milice de Laon à l'armée du Bas-Rhin, le 30 novembre 1758.
Au régiment d'infanterie d'Aumont, le 1er octobre 1759.
Réformé, le 10 décembre 1762.
Replacé sous-lieutenant au régiment d'infanterie de Beauce, le 11 avril 1763.
Chargé des fonctions d'instructeur, entre 1763 et 1769.
A la compagnie de chasseurs du régiment de Beauce, le 1er juin 1783.
Au régiment de Médoc (devenu en 1791 70e d'infanterie), le 17 mars 1789.
A l'armée du Var, juin 1792.
Employé au camp de Tournoux sous Charton ; dénoncé et suspecté de royalisme, il est cassé de son grade et arrêté, le 10 octobre 1792 (puis réintégré grâce à Barras).
En garnison à Nice, en janvier 1793.
Commandant la division de gauche à l'armée d'Italie, le 1er août 1795.
Commandant la division de droite, en octobre 1795.
Commandant la 2e division, le 27 mars 1796.
Commandant la 4e division, le 29 avril 1796.
Dirige le siège de Mantoue, le 4 juin 1796.
Lève le siège sur ordre de Bonaparte, le 1er août 1796.
Commandant à Livourne, le 15 août 1796.
Reprend le commandement du siège de Mantoue, le 21 décembre 1796.
Reçoit la capitulation de Mantoue, le 2 février 1797.
Commandant une division active à l'armée d'Italie, le 4 février 1797.
Commandant la 4e division, le 17 avril 1797.
Gouverneur de Venise, le 18 octobre 1797.
Commandant les troupes en Cisalpine, le 24 janvier 1798.
Inspecteur général des troupes d'infanterie de l'intérieur, le 15 septembre 1798.
A l'armée d'Italie, le 5 novembre 1798.
Commande une division, le 5 février 1799.
Participe au 18 brumaire, le 10 novembre 1799.
Nommé sénateur, le 27 décembre 1799.
Admis à la retraite, le 13 août 1801.
Vice-président du Sénat, le 22 décembre 1802.
Préteur du Sénat, le 17 septembre 1803.
Gouverneur des Invalides, le 23 avril 1804.
Commandant général de la garde nationale de Paris, le 3 septembre 1809.
Pair de France à la Première Restauration, le 4 juin 1814.
Pair de France aux Cent-Jours, le 2 juin 1815.
Relevé de ses fonctions de gouverneur des Invalides, le 27 décembre 1815.
Remis en activité comme maréchal de France, le 1er janvier 1819.

Remerciements

Nous exprimons notre gratitude au général de division Christian Baptiste, directeur du Musée de l'Armée, qui nous a autorisés à accéder au caveau des Gouverneurs de la cathédrale Saint-Louis des Invalides, et à M. Mickaël Blasselle, qui nous a guidés pour cette visite en décembre 2011.

Portrait en médaillon

"Le maréchal Sérurier". Ecole française du XIXème siècle.

Autres portraits

Jean-Mathieu Philibert Sérurier (1742-1819)
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"Le maréchal Sérurier" par Jean-Louis Laneuville (Paris 1748 - Paris 1826).
Jean-Mathieu Philibert Sérurier (1742-1819)
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"Jean-Mathieu Philibert Sérurier, lieutenant-colonel au 68e de ligne en 1792" par Frédéric Delanoë (? 1800 - ? 1870).
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