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Napoléon & Empire

Dominique-Joseph-René Vandamme (1770-1830)

Comte d'Unsebourg

Blason de Dominique-Joseph-René Vandamme (1770-1830)

Dominique-Joseph-René Vandamme naît le 5 novembre 1770 à Cassel, en Flandre (actuel département du Nord), d'un père chirurgien. En juillet 1788, il s'engage dans un régiment colonial en garnison à la Martinique. Il rejoint l'île en mars 1789, est promu sergent quelques mois plus tard mais déserte et rentre en France dès avril 1790.

Deux ans plus tard, en septembre 1792, il forme une compagnie franche, les chasseurs de Vandamme, qu'il conduit à l'armée du Nord et dont il devient le capitaine.

Lorsque sa compagnie est amalgamée avec le bataillon des chasseurs du Mont-Cassel, début septembre 1793, il est promu lieutenant-colonel et chef de ce corps. Les 7 et 8 septembre, son bataillon constitue l'avant-garde de l'armée lors de la bataille de Hondschoote. Le 27, il est nommé général de brigade ; le 21 octobre il participe à la prise de Furnes. En 1794, il se bat à Werwicq, Ypres, Nieuport et participe à l'invasion de la Hollande. Durant les deux années passées en Belgique, il se fait remarquer par sa liberté de langage et sa dureté à l'égard de la population civile. Tant et si bien qu'accusé d'exactions en pays conquis, il est réformé en juin 1795.

Rappelé au bout de quatre mois, il sert quelque temps à l'armée de l'Ouest puis est envoyé sur le Rhin où il prend le commandement d'une division au Wurtemberg en février 1799. N'ayant rien changé à ses méthodes, sinon pour leur donner plus d'ampleur, il est rappelé à Paris en mars pour passer en conseil de guerre. L'accusation : avoir levé des contributions à son profit personnel, exercé et toléré des concussions et des déprédations. Le conseil n'ayant pas réussi à se réunir, Vandamme est réintégré en septembre et envoyé en Hollande sous Guillaume Brune. Il y bat les Anglais à Bergen, Alkmaar et Castricum (6 octobre).

Après un « congé » de quatre mois aux causes mal éclaircies, il est à nouveau affecté à l'armée du Rhin en mars 1800. Le 23 mai suivant, nouveau rappel en France, pour irrégularités administratives. Vandamme a quand même eu le temps de participer aux batailles de Stokach, Mösskirch et Memmingen. Réformé le 17 août, il reçoit pourtant, en septembre, un commandement à la future armée des Grisons, dite armée de réserve.

Sous l'Empire, il se distingue en 1805 en prenant le pont de Donauwörth (6 octobre) et en s'emparant du plateau de Pratzen lors de la bataille d'Austerlitz (2 décembre). Ces actions d'éclat valent à Vandamme la Grand-croix de la Légion d'honneur. Relevé de son commandement en 1806 pour cause de mésentente avec le maréchal Jean-de-Dieu Soult, il retrouve rapidement une division sous Michel Ney et, à sa tête, contraint la ville de Glogau à la capitulation, le 5 décembre 1806. Il s'empare ensuite de Breslau le 4 janvier 1807, de Brieg-sur-Oder le 17, Schweidnitz le 8 février, Neisse le 16 juin. Le 23, il prend le camp retranché établi devant la ville de Glatz.

En septembre 1807, Vandamme reçoit le commandement de la 16ème division militaire ; en août 1808, celle du camp de Boulogne. Entre temps, en mars 1808, il est fait comte d'Unsebourg. Le 11 mars 1809, il prend la tête du 8ème corps de la Grande Armée, formée de soldats Wurtembourgeois, et se bat à Landshut, Eckmühl, Linz et Wagram, où il est blessé.

Il débute la campagne de Russie sous les ordres du roi Jérôme mais est très rapidement renvoyé en France, pour avoir laissé ses troupes piller le pays.

Napoléon 1er lui confie le commandement du 1er Corps de la Grande Armée en mars 1813. Le 30 août 1813, il est fait prisonnier par des cosaques à Kulm après un combat opiniâtre. Conduit devant Alexandre 1er, il fait preuve de la même liberté de langage qu'on lui reproche depuis 1793. Accusé par le Tsar d'être un pillard et un brigand, il lui répond péremptoirement : Je ne suis ni pillard ni brigand, mais dans tous les cas mes contemporains et l'histoire ne me reprocheront pas d'avoir trempé mes mains dans le sang de mon père.

Déporté en Sibérie, Vandamme ne rentre de captivité qu'en juillet 1814. A son retour, Louis XVIII refuse de lui donner audience et l'assigne à résidence à Cassel. Vandamme se rallie donc tout naturellement à Napoléon lors des Cent-jours. Pair de France et commandant du 3ème Corps, il est à Ligny, à Wavre, où il obtient un succès important, et couvre la retraite de l'armée après Waterloo, ramenant à Paris un corps d'armée presque intact, avec lequel il occupe les villages au sud de la capitale, faisant espérer un moment que le sort de la campagne n'ait pas été scellé à la bataille de Waterloo.

Cet espoir abandonné, Vandamme refuse le commandement en chef de l'armée, que lui offre un groupe de généraux, se retire derrière la Loire et fait sa soumission au roi.

Il est cependant compris dans l'ordonnance royale du 24 juillet 1815, et, contraint à l'exil, s'embarque pour les Etats-Unis. A son retour en France, en 1819, il partage son temps entre Cassel et Gand, s'occupant à écrire ses Mémoires. Il s'éteint dans sa ville natale le 15 juillet 1830.

Son mauvais caractère a sans doute coûté à Vandamme le bâton de maréchal. C'est Napoléon qui a trouvé la formule la plus juste pour définir sa personnalité tumultueuse : Si j'avais deux Vandamme, j'en ferais fusiller un, mais je garderais l'autre...

Dominique-Joseph-René Vandamme (1770-1830) - Comte d'Unsebourg

Portrait en médaillon

"Le général Vandamme". Gravure du XIXème siècle.
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