N & E
Napoléon & Empire

Etienne Méhul (1763-1817)

Etienne Méhul quitte dés 1779 sa ville natale de Givet, dans les Ardennes, où il a vu le jour le 24 juin 1763 d'un père marchand de vin. Muni des recommandations de ses premiers maîtres, il se rend à Paris où il devient l'élève d'Edelmann et reçoit les encouragements du baron Gluck. Son premier grand succès date de 1790, à la Comédie-italienne (qui deviendra en 1793 l'Opéra comique), avec Euphrosine ou le tyran corrigé. L'année suivante, il le confirme avec Cora et Alonzo, joué à l'Opéra six ans après qu'il l'a proposé.

La Révolution lui fournit l'occasion de composer nombre de chants et d'hymnes dont le plus illustre reste le Chant du départ.

Il devient bientôt professeur à l'institut national de musique, inspecteur des études au Conservatoire dès sa fondation en 1795 et entre à l'Institut la même année, premier musicien à obtenir cet honneur.

Sa production reste abondante durant le Directoire, le Consulat et l'Empire. Il donne Le jeune Henri en 1797 –  ouvrage qui se révèle politiquement maladroit mais dont l'ouverture triomphe en concert – Elena en 1803, Uthal et Les Aveugles de Tolède en 1806, Joseph, son plus grand succès, en 1807 et Le Prince troubadour en 1813.

En bons termes avec Napoléon, il obtient la Légion d'honneur dès 1804 et publie chants, hymnes et cantates à la gloire du régime. C'est à lui qu'est commandée la cantate jouée lors du mariage de Napoléon et Marie-Louise.

Son catalogue comprend également de la musique religieuse, des sonates pour piano et une demi-douzaine de symphonies, la plus ancienne, de 1797, n'étant pas numérotée. La première, donnée par Félix Mendelssohn en 1838 et 1846, fera une impression favorable sur Robert Schumann. Ensemble, elles comptent parmi les plus imposantes de leur temps et des échos de l'une d'elles retentissent jusque dans la Neuvième symphonie de Ludwig van Beethoven.

Méhul est le plus marquant des compositeurs français du début du XIXème siècle. Son influence s'exerce sur nombre de romantiques, à commencer par Carl-Maria von Weber qui la revendiquera toujours et qui utilise dès 1812 une des romances de Joseph comme thème de variations pour piano. Mendelssohn et surtout Hector Berlioz, qui se proclamera hautement l'héritier de son aîné, l'ont également beaucoup apprécié.

Il meurt de tuberculose, à Paris, le 18 octobre 1817. Sa tombe  se trouve au cimetière du Père-Lachaise, 13ème division.

Grand orchestrateur, Méhul fut aussi l'un des premiers à utiliser la technique du leitmotiv, qu'il emploie en 1799 dans Ariodant

Deux de ses dernières symphonies n'ont été retrouvées qu'en 1979.


Franc-maçonnerie : Méhul rejoint en 1786 la loge "l'Olympique de la parfaite estime". Il sera ensuite membre de la "loge du Grand-Sphinx".


Philatélie : Les Postes de la République Française ont émis en 1963, pour commémorer le bicentenaire de sa naissance, un timbre de 0,20 + 0,10 F  à l'effigie d'Etienne Méhul.

Portrait en médaillon

"Etienne Méhul" peint par Antoine-Jean Gros (Paris 1771 - Meudon 1835).
Vous êtes ici : Accueil > Personnages > Biographies >