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Napoléon & Empire

De Bonaparte à Napoléon Ier

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Prince issu d'une riche et illustre famille italienne, j'épouse en 1803 Pauline Bonaparte.
Saurez-vous retrouver qui se cache derrière cette définition ? Attention, il y a peut-être un piège

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Bataille(s) du mois

9 juin 1800 : Bataille de Montebello

Le Premier consul, passé en Italie pour secourir André Masséna assiégé dans Gênes, est arrivé trop tard. Le 4 juin, après une défense héroïque, l’enfant chéri de la victoire a dû capituler.

Napoléon Bonaparte change alors ses plans. Il concentre ses forces et décide d’attaquer les Autrichiens tant qu’ils sont eux-mêmes éparpillés. Le général Jean Lannes, qui commande l’avant-garde de l’armée française, est envoyé vers Alessandria.

Il se heurte près de Casteggio à des forces très supérieures aux siennes. L’arrivée de troupes autrichiennes libérées par la chute de Gênes a en effet plus que triplé l’effectif des défenseurs. Malgré cette infériorité numérique imprévue, Lannes attaque. Comme il en conviendra lui-même plus tard, l’affaire sera chaude.

14 juin 1800 : Bataille de Marengo

La victoire de Montebello amène Napoléon Bonaparte à penser que les Autrichiens ne cherchent plus qu’à lui échapper et sont sur le point d’entamer leur retraite. Pour éviter qu’ils ne se dérobent ainsi à une bataille décisive, mais comme il ignore où se trouvent certaines de leurs forces, il disperse les siennes pour aller à leur recherche, envoyant Jean François Cornu de La Poype vers le nord et Louis Charles Antoine Desaix vers le sud à la tête d’importants détachements.

L’attaque du général Michael von Melas, dans la plaine qui s’étend non loin d’Alessandria, entre Spinetta, Castelceriolo et San-Giuliano Vecchio, surprend donc le Premier consul en infériorité numérique. Des contrordres sont envoyés à Lapoype et Desaix ; la bataille s’engage ; elle tourne mal pour les Français… Puis Desaix, qui a fait demi-tour au son du canon, arrive sur le champ de bataille.

14 juin 1807 : Bataille de Friedland

Depuis février et la bataille d’Eylau, qui n’a pas livré de résultat décisif, Français et Russes sont restés sur leurs positions. Mais, en cette fin de printemps, la Grande Armée s’est remise en mouvement. Elle avance sur Koenigsberg [Kaliningrad] où sont entreposés des approvisionnements vitaux pour l’armée russe. Celle-ci doit réagir.

Le 11 juin, le général en chef russe, Levin August von Bennigsen fait évacuer le camp retranché que ses hommes ont pourtant victorieusement défendu, la veille, contre une attaque conjointe des maréchaux Joachim Murat, Jean-de-Dieu Soult et Jean Lannes. Il fait passer ses troupes sur la rive droite de l’Alle et remonte la rivière en direction du village de Friedland. Il compte en emprunter le pont pour repasser sur la rive gauche du cours d’eau et se diriger vers Koenigsberg.

Le 13, son avant-garde traverse. Le 14, le reste des troupes suit mais se heurte au corps de Lannes, qui se présente au même moment dans la plaine de Friedland. Bennigsen y voit l’occasion de détruire une fraction isolée de la Grande Armée. Il a oublié de prendre en compte la vitesse de déplacement pourtant caractéristique de l’armée napoléonienne.

21 juin 1813 : Bataille de Vitoria

Fin mai, Joseph Bonaparte a fui pour la dernière fois Madrid. Il a dû ensuite renoncer à son intention de défendre la ligne de l’Ebre, qu’Arthur Wellesley, marquis de Wellington, a franchi contre toute attente.

Bien que des alternatives plus judicieuses existent, l’encore roi d’Espagne prend alors le parti de livrer bataille non loin de la ville de Vitoria, où est implanté son quartier-général. Le maréchal Jean-Baptiste Jourdan, que Napoléon a placé à la tête de l’état-major de son frère, entérine cette décision malheureuse, peut-être même en est-il à l’origine.

Reste que le terrain n’est pas particulièrement favorable, que les ponts qui enjambent la rivière qui le couvre en partie ne sont ni détruits ni protégés et que le mouvement des troupes est gêné par un monceau de bagages qu’on tente en outre de mettre à l’abri sans hésiter dans ce but à amputer des effectifs déjà insuffisants. Pour comble, Jourdan tombe malade le 20.

Tout est en place pour le désastre à venir.

18 juin 1815 : Bataille de Waterloo

L’Europe, n’ayant accepté ni le retour au pouvoir de Napoléon 1er ni ses ouvertures pacifiques, s’est immédiatement mise sur le pied de guerre face à l’Empire restauré.

En juin, Napoléon, à la tête d’une armée levée en hâte, prend l’offensive en Belgique, où les coalisés n’ont pas encore réussi à réorganiser totalement leurs troupes démobilisées. L’Empereur sait qu’il ne peut vaincre que s’il parvient à battre séparément les armées de Blücher et de Wellington, qui ne se sont pas encore rassemblées et sur chacune desquelles il a, dans cette configuration, l’avantage du nombre.

L’Empereur parvient dans un premier temps à s’interposer entre ses deux adversaires, mais les combats du 16 juin ne sont pas décisifs.

Laissant à Grouchy le soin de la poursuite des Prussiens de Gebhard Leberecht von Blücher, Napoléon talonne le duc de Wellington.

Celui-ci s’installe sur le plateau de Mont-Saint-Jean et se met en devoir d’attendre Blücher. Mais, durant toutes ses campagnes au Portugal et en Espagne, Arthur Wellesley s’est montré un maître dans l’art de la défensive.

Événements du jour

3 juin

1796

Entrée des Français à Vérone.

1800

Rétablissement de la République cisalpine.

1814

Les Alliés quittent Paris et commencent l'évacuation de la France.

La raison d'être de Napoléon & Empire

Rechercher « Napoléon Bonaparte » sur Google, c’est se voir proposer plus d’une dizaine de millions de résultats. L’idée d’ajouter une goutte à cet océan ne peut par conséquent venir qu’aux passionnés, résolus qu’ils sont à témoigner de leur fascination pour un personnage doté, selon Chateaubriand, du « plus puissant souffle de vie qui jamais anima l’argile humaine ».

Le site « Napoléon & Empire » ne revendique nulle autre légitimité.

Napoléon, selon nous, par sa volonté, son intelligence, son audace et son oeuvre, représente le prototype du « grand homme ». Même si ce concept est aujourd’hui considéré avec méfiance, il n’en reste pas moins qu’issu d’une lignée relativement modeste et d’une province périphérique tout récemment réunie à la France — Chateaubriand qualifiera sa famille de « demi-africaine » —, il se hisse au pouvoir dans un des plus vieux et des plus importants pays d’Europe, avant de se tailler un empire sur ce continent alors constitué des nations les plus prospères, les plus développées et les plus puissantes du globe. Même César, patricien né dans la capitale de l’Empire romain, ou Alexandre, héritier du royaume de Macédoine, ne peuvent de ce point de vue lui être comparés. Cette vertigineuse ascension, il la doit à son talent, bien sûr, mais également à son énergie et surtout à son activité — toujours, il parlera de son génie d’un ton quelque peu narquois, mais s’enorgueillira hautement de sa capacité de travail. Son parcours s’avère par là positivement révolutionnaire.

Son œuvre l’est tout autant. La période qui vit se dérouler la carrière de Napoléon, en vérité si courte, abonde à tel point en événements qu’elle n’a pas d’équivalent dans notre histoire. Il revint au Premier consul puis à l’Empereur de présider à la reconstruction, sur les ruines de l’Ancien Régime détruit par la Révolution, d’une société nouvelle appuyée sur de nouvelles règles juridiques, politiques et sociales. Moins éclatante que les prouesses militaires, cette refondation s’avéra plus utile et plus profitable à la nation — plus durable, également, dans ses effets, car l’édifice institutionnel qu’elle bâtit se montra d’une rare solidité et se maintint pour l’essentiel jusqu’au XXe siècle. La France érigea sur ce socle son état moderne, imitée en cela par nombre de pays européens.

Pourquoi, avec un pareil bilan, Napoléon suscite-t-il, à côté de tant d’admiration et de fascination chez certains, une telle hostilité chez d’autres ? Pourquoi les autorités françaises ont-elles préféré rester d’une discrétion de majordome anglais durant les années 1996-2015, alors que tant de bicentenaires glorieux ne demandaient qu’à être commémorés ? Le procès en rétablissement de l’esclavage qui a été intenté à Napoléon ne peut expliquer à lui seul ce phénomène, d’autant qu’il ne débuta qu’en 2005, et que d’autres occasions avaient déjà été gâchées dans les années précédentes.

La cause première tient certainement à la réputation de bellicisme qui s’attache à son nom et aux hécatombes dont on lui fait porter la responsabilité. Mais est-il bien le seul à blâmer pour les conflits incessants qui ont ravagé l’Europe pendant son règne ? N’y a-t-il aucun doute sur la volonté de paix de ses adversaires, et tout particulièrement de l’Angleterre, qui financera vingt-cinq ans durant les hostilités contre la France, son principal rival historique ? Alors certes, celui que beaucoup considèrent comme le plus grand génie militaire de tous les temps et qui en imposa toujours à ses ennemis sur le champ de bataille a pu abuser de cette supériorité. Il est cependant difficile de nier que ses entreprises guerrières aient poursuivi des buts autres que politiques. C’est Louis XIV qui avoue : j’ai trop aimé la guerre ; Napoléon, lui, s’en sert comme d’un outil et ne prolonge jamais les hostilités une fois ses objectifs atteints. Il est vrai que, jusqu’à ce moment, il la pratique sans états d’âme. Si le temps et l’évolution des mentalités ont gâté le prestige des grands conquérants, rappelons-nous cependant que Napoléon vivait à une époque où gloire militaire et héroïsme étaient ordinairement classés parmi les plus nobles accomplissements de la personne humaine et la guerre tenue pour une école de vertu. Il ne faut d’ailleurs pas retourner très loin en arrière pour retrouver le temps où les Hoche, Marceau, Kléber et Desaix étaient proposés en exemple aux enfants.

Le général Bonaparte, affirment certains, fut certes de la même trempe. Mais il ne mourut pas comme eux au tournant du siècle et se métamorphosa en un personnage tout différent : Napoléon Ier. C’est l’autre reproche récurrent qui lui est adressé : avoir étouffé la Révolution. C’est oublier — ou refuser de voir — que son régime se montrait le digne héritier de celle-ci lorsqu’il s’épuisait à en faire admettre les annexions par les souverains européens ; que l’Empire, en tant qu’entité politique, participait à la fois de la monarchie et de la république ; que les guerres qu’on dit napoléoniennes, si décriées, ont également entraîné l’effondrement de larges pans des institutions féodales et absolutistes à travers toute l’Europe ; que l’Empereur resta constamment plus populaire dans les classes inférieures de la société que dans les supérieures ; qu’il s’est toujours montré soucieux de fournir du travail aux ouvriers et d’approvisionner correctement les marchés !

Tout ceci, objectera-t-on, au prix de la liberté. C’est vrai. Il est impossible de le nier. Le tempérament, la formation reçue, se conjuguaient, chez Napoléon, pour lui faire haïr le désordre. Or il voyait en lui la conséquence d’une excessive liberté durant les années révolutionnaires. Il s’en méfia donc et la comprima de toutes ses forces. Ce faisant, toutefois, il ne rencontra qu’une faible opposition dans la société française, car celle-ci manifesta pour cette perte une indifférence assez générale dès lors que l’égalité, elle, était proclamée et assurée, tandis que l’éclatante grandeur de la Nation, qui approchait de fort près la domination totale de l’Europe, flattait l’orgueil de sa population. Le sacrifice consenti était, semblait-il, largement compensé. Et peut-être constituait-il la condition pour aboutir à cette synthèse de la France d’Ancien Régime et de la France Révolutionnaire qui fut, dès après le 18 brumaire, un des objectifs les plus opiniâtrement poursuivis par le consul Bonaparte comme par l’Empereur Napoléon. S’il ne l’atteignit pas, faute de temps, et si les élites respectives de ces deux groupes ne s’amalgamèrent pas, il les obligea néanmoins, tout au long de son règne, à coexister et à mettre leurs capacités au service de l’état, pour le plus grand bénéfice de celui-ci. Le Consulat et l’Empire composent en effet ensemble l’une de ces rares périodes de l’histoire de France où les succès de notre pays étaient acquis exclusivement aux dépens de puissances étrangères, et non d’une partie de son propre peuple.

Force est donc de constater que le personnage apparaît si divers que tout jugement le concernant s’avère nécessairement réducteur. D’où les témoignages contradictoires qu’il suscita tout au long même de sa vie et les appréciations si divergentes portées sur sa personne ou son œuvre. Comment trouver la case où ranger ensemble un jeune patriote corse, un souverain déchu, prisonnier et malade, un conquérant victorieux, un général révolutionnaire prisé des Robespierre puis de Barras, un empereur autoritaire ? Napoléon endossa pourtant tous ces rôles et bien d’autres encore, dans les sphères diplomatiques, politiques, administratives autant que guerrières. À lui seul, il est l’exception qui confirme — ou l’exemple qui invalide, chacun en jugera d’après sa conviction personnelle — la conception selon laquelle l’histoire s’explique par les lois générales de l’évolution des sociétés et non par les conséquences des choix de ses grands acteurs.

Pour conclure, nous affirmons que la vie de Napoléon Bonaparte représente l’un des plus prodigieux phénomènes de l’histoire, qu’il en est un de ses personnages les plus irréductiblement singuliers et pourtant les plus universels. Sa complexité fascine toujours, et dans le monde entier. Chaque génération trouve en lui de quoi alimenter ses propres problématiques. Nul doute que reste encore lointain le jour où son histoire cessera de s’écrire.

Lionel A. Bouchon

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