Certains veulent, de nos jours encore, voir en Napoleon
le fossoyeur plutôt que l'héritier de la Révolution.
Les partisans de l'Ancien Régime, eux, ne s'y trompent pas longtemps.
Leur cécité politique les fait bien un moment rêver
que l'ancien protégé d'
Augustin
Robespierre devienne un nouveau George Monck (l'ancien bras droit
d'Olivier Cromwell, qui avait aidé après la mort de ce dernier
au rétablissement de la royauté en Angleterre) ; leur
certitude de représenter le seul gouvernement légitime les
amène bien à imaginer, dès qu'ils n'ont plus face
à eux des régicides, que celui qui s'était pourtant
victorieusement opposé par deux fois à leurs tentatives
de conquête du pouvoir – qu'elles aient été
violentes, comme le 13 vendémiaire, ou légales, comme le
18 fructidor – va le leur remettre après le 18 brumaire ;
la réponse est rapide, ferme, et sans appel.
A cette courte et illusoire trêve près, Napoleon Bonaparte
trouve toujours en face de lui ceux contre qui la Révolution s'est
faite. Ils sont, durant toute sa carrière, ses ennemis les plus
décidés.
Ses premiers succès, Toulon, le 13 Vendémiaire, Bonaparte
les obtient sur des insurrections royalistes. Plus tard, jeune chef d'État,
il doit faire face aux ultimes feux des révoltes de l'Ouest avant
de devenir la cible privilégiée des derniers chefs chouans
réduits au rôle de conspirateurs et d'assassins.
Son prestige et sa puissance, de
1804
à
1812,
étouffent ensuite pendant près de dix ans presque toute velléité
d'agitation royaliste mais les revers, après
1813,
libèrent les vieilles haines, aussi ardentes que jamais.
La Terreur blanche alors répond à la Terreur républicaine,
comme pour encadrer d'un sanglant liseré le tableau flamboyant de
la France Napoléonienne ...
Épisodes des affrontements entre Napoléon et les royalistes contre-révolutionnaires