Napoleon & Empire

De Bonaparte à Napoléon Ier

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L'Épopée napoléonienne

Quizz
Ministre de la marine de 1801 à 1814, je suis fait duc par Napoleon en 1813.


Quel roman que ma vie ! C'est ainsi que Napoléon lui-même, au soir de son existence, aurait évoqué son extraordinaire destin. D'Ajaccio PHOTO à Sainte-Hélène, un demi-siècle s'est écoulé ; moins d'un quart, du siège de Toulon en décembre 1793 à Waterloo en juin 1815 – de l'entrée du capitaine Napoleone Buonaparte dans l'Histoire à la défaite finale de l'Empereur Napoléon 1er le Grand. Entre-temps, quelle activité ! quelle énergie déployée sur un théâtre qui va de Madrid à Berlin, du Caire à Moscou ! De 1799 à 1814, la main de Napoléon rectifie presque chaque année la carte de l'Europe, distribue les couronnes, des plus anciennes comme celle d'Espagne aux plus éphémères comme celle de Westphalie. En 1807, l'Empereur des Français entre à Berlin en vainqueur, humilie la Prusse et traite d'égal à égal avec le Tsar Alexandre Ier. En 1808, Madrid tombe ; en 1809, Vienne. En 1810, l'Empereur d'Autriche François Ier lui donne sa fille Marie-Louise.

Portrait du général Bonaparte, par David
Portrait du général Napoléon Bonaparte (détail), par J.-L. David
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Mais cette vitalité finit par épuiser les instruments qui ont fait d'un petit sous-lieutenant corse l'Empereur des Français : la France d'abord, l'armée ensuite et surtout ses chefs – ces maréchaux d'Empire qui lui doivent tout – se lassent du rythme effréné que Napoléon leur impose, des sacrifices qu'il exige, des revers surtout qui s'accumulent depuis la désastreuse campagne de Russie en 1812. Par deux fois, comme s'il lui fallait toujours dépasser la mesure commune, le vainqueur d'Austerlitz et de quarante autres batailles devra abdiquer. L'histoire alors pourra retrouver un cours plus paisible. Napoleon, lui, exilé par les Anglais à Sainte-Hélène, disposera encore de six années pour peaufiner sa légende.


De l'histoire à la légende

L'empereur Napoleon Premier dans son cabinet, par David
Napoleon 1er dans son cabinet,
par Jacques-Louis David

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Le destin hors du commun de l'obscur sous-lieutenant Corse devenu empereur a suscité une littérature prodigieusement abondante. Aucune autre figure historique n'a connu un tel succès éditorial. Depuis deux siècles, historiens, essayistes, romanciers, ont décrit, analysé, exalté ou au contraire vilipendé le personnage comme son action. Les pacifiques l'ont traité d'ogre mais les ambitieux ont trouvé dans son existence un modèle insurpassable. Léon Tolstoï n'a vu en lui qu'un pantin et Hippolyte Taine l'a décrit comme un condottiere italien de la Renaissance égaré dans le monde moderne. Mais Stendhal en a fait le grand homme de Julien Sorel ; Honoré de Balzac, tout royaliste qu'il fût, n'a pu cacher son admiration ; Léon Bloy l'a proclamé prophète. De nos jours encore, sa vie et son oeuvre suscitent des controverses d'une surprenante vivacité, témoignage éloquent de l'intensité que conserve son souvenir, y compris, à leur corps défendant, chez ses plus farouches détracteurs.

Et ce débat sur le passé s'est d'ores et déjà assuré d'un brillant avenir en investissant Internet. On s'émerveille parfois qu'il se soit écrit plus de livres sur Napoleon Bonaparte qu'il ne s'est écoulé de jours depuis sa mort : que dire alors des millions de résultats que ramène GoogleTM lors d'une recherche sur son nom, ou des milliers d'articles qu'une encyclopédie comme Wikipedia lui consacre ? Tout simplement ceci : l'homme qui a conquis l'Europe de son vivant a conquis le monde après sa mort. En 2008, Pékin lui a consacré une exposition dans la résidence même des empereurs de Chine : la Cité interdite. La même année, le musée des Beaux-Arts de Montréal a ouvert de nouvelles salles pour exposer les objets napoléoniens dont M. Ben Weider l'a enrichi. En 2010, Berlin a organisé l'exposition Napoléon et l'Europe. Rêve et traumatisme. En mars 2013, c'est le Musée de l'Armée de Paris, qui accueille près d'un million et demi de visiteurs par an, qui a organisé une grande exposition Napoléon et l'Empire. En mars 2014, un ancien premier ministre français, Monsieur Lionel Jospin, restaure sa visibilité médiatique en disant tout le mal qu'il en pense, deux-cents ans après Chateaubriand. Et ce ne sont là que quelques exemples !

Toutes ces opinions, tous ces jugements, aussi tranchés, aussi opposés restent-ils, toutes ces célébrations, ont leur source dans les mêmes faits : ces bouleversements inouïs dans la suite desquels Napoleon s'est inscrit, en leur donnant l'éclat d'une épopée.


Un géant de l'histoire de France

Ce sont ces faits que nous allons tenter de rassembler ici pour que chacun puisse à son tour se faire une opinion raisonnée sur ce personnage essentiel de l'histoire de France. Un personnage qui a fait revivre, deux mille ans plus tard, les grandes figures d'Alexandre le Grand et de Jules César, et qui, tout comme eux, fut bien plus qu'un conquérant. Son oeuvre administrative, considérable, lui a survécu. La France d'aujourd'hui, qu'on s'en réjouisse ou qu'on le déplore, est fille de cette France de la Révolution et de l'Empire — périodes indissociables — que Napoléon Bonaparte a façonnée.

Une France où il repose, à Paris, en l'hôtel des Invalides, depuis le 15 décembre 1840.

Lionel A. Bouchon


Vive l'Empereur !

Tombeau de Napoléon
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Lors de ma dernière visite à l'Eglise du Dôme de l'Hôtel des Invalides PHOTO, j'admirais la fresque montrant Saint Louis présentant ses armes à Jésus Christ en présence de la Vierge et des anges, quelques quatre-vingt-dix mètres au-dessus de moi PHOTO, spectacle dont je ne me lasse jamais. Je savais que j'allais ensuite contourner la balustrade circulaire surplombant la crypte, et que dès l'abord de l'escalier, entre les tombes des fidèles Duroc et Bertrand, une émotion d'un type unique allait me gagner. Elle allait, j'en étais sûr, connaître son acmé à la double vue de la sépulture du Roi de Rome et de l'imposant sarcophage de l'Empereur, et être accompagnée de la petite larme qui témoigne immanquablement de ma nature sensible dans deux circonstances singulières : mes visites au tombeau de Napoleon Ier et le troisième acte de Madame Butterfly ...

Ce fut alors qu'un jeune couple interrompit – temporairement – cet émouvant programme. A leur sourire, et au fait que l'homme me tendait un appareil photographique, je compris qu'ils souhaitaient que je les prisse en photo devant la crypte.
– Are you English ?
– American !
– Fine !

Je m'entendis alors leur dire, dans un anglais basique ayant avec la langue de Shakespeare la même lointaine parenté que le jargon télévisuel avec celle de Molière, qu'une tradition bien établie voulait, lorsqu'on était photographié en ce lieu, qu'on s'écriât : "Vive l'Empereur !" ... Le couple, visiblement ravi d'apprendre l'existence de cette coutume, s'exécuta avec enthousiasme (et un léger, mais ravissant, accent) et l'instant fut visuellement immortalisé.

Ces deux jeunes citoyens d'une des plus anciennes républiques au monde, emblème du monde libre, auraient-il crié "Vive le Roi !" s'ils eussent visité la Basilique de Saint-Denis ? Rien n'est moins sûr ... Je me plais à imaginer que leur enthousiasme fut le témoin de leur subconscient, pour lequel les valeurs de 1776 (et de la constitution de 1787) se sont perpétuées dans notre pays, à leur manière, en 1789 d'abord, sous l'Empire ensuite ...

Didier Grau

Événements du jour
  • 31 octobre
    1808 : Victoire de Lefebvre à Durango.
    1813 : Le prince Eugène et le général Grenier battent les Autrichiens à Bassano.


Bataille(s) du mois


21 octobre 1805 : Bataille de Trafalgar

La bataille navale de Trafalgar consacre le génie tactique du vice-amiral Horatio Nelson, qui dispose ce jour là d'une flotte en infériorité numérique mais composée de navires de meilleure qualité et de marins mieux entraînés.

Au large du cap Trafalgar, près de Cadix en Andalousie, au nord-ouest du détroit de Gibraltar, elle oppose une flotte franco-espagnole de 33 navires, sous les ordres de l'amiral Pierre Charles Silvestre de Villeneuve, à 27 navires britanniques, commandés par Nelson.

Ce dernier place sa flotte vent arrière, ce qui lui donne une vitesse maximale, et dispose ses navires sur deux files parallèles, qui transpercent par le flanc la flotte franco-espagnole. Il ne lui reste plus qu'à écraser méthodiquement les vaisseaux ennemis désorganisés.

Horatio Nelson trouve la mort à l'issue de la bataille, à bord du HMS Victory, une balle ayant perforé son poumon gauche et fini sa course dans sa colonne vertébrale. Son corps est conservé dans un tonneau de brandy et ramené en Angleterre, où des obsèques nationales lui sont faites. Pierre Charles Silvestre de Villeneuve, quant à lui, est fait prisonnier, >puis libéré quelques mois plus tard. Accablé par les reproches, il se suicide en 1806.

Trafalgar scelle la suprématie britannique sur les mers, qui va rester incontestée jusqu'à la Première Guerre mondiale.


14 octobre 1806 : Bataille d'Iéna

A Iéna, en Thuringe, Napoléon Ier adopte une stratégie inverse de celle d'Austerlitz, en conquérant à l'insu de son ennemi un plateau qui lui assure une situation dominante.

L'armée française (54 000 hommes) progresse, avec de gauche à droite, les corps de Charles Augereau, de Jean Lannes, de Michel Ney et de Jean-de-Dieu Soult, qui précèdent la garde impériale et la cavalerie de Joachim Murat, tandis que l'armée prussienne (55 000 hommes), commandée par le général Friedrich Ludwig Fürst zu Hohenlohe-Ingelfingen, est disposée en deux colonnes parallèles.

L'ordre d'attaquer est donné à six heures du matin. Les Prussiens sont d'emblée bousculés par Augereau, Lannes et Soult. Ney continue son avancée et se retrouve au milieu des lignes adverses, contenant Hohenlohe et sa cavalerie.

En milieu de journée, les lignes prussiennes sont enfoncées et les Saxons disposés en carrés sont décimés par la cavalerie française.

L'artillerie pilonne les restes de l'armée ennemie, et pour parachever la victoire Napoléon Ier ne manque pas l'occasion de faire poursuivre les Prussiens en déroute.


14 octobre 1806 : Bataille d'Auerstaedt

Elle oppose l'armée prussienne (60 500 hommes) commandée par le roi de Prusse Frédéric-Guillaume III et le général Charles-Guillaume-Ferdinand, duc de Brunswick-Lunebourg, à une partie de l'armée française sous les ordres du maréchal Louis-Nicolas Davout, parallèlement à la bataille d'Iéna qui a lieu le même jour à 15 kilomètres au sud.

Davout se bat à un contre trois, mais ni lui-même, ni le duc de Brunswick ne connaissent l'effectif des troupes qui leur sont respectivement opposées. De ce fait, Brunswick commet l'erreur de ne pas envoyer simultanément toutes ses divisions au combat. Au lieu de cela, il les fait attaquer au fur et à mesure du déroulement de la bataille. Cela permet à Davout de repousser chaque attaque.

Les Français se rendent maîtres du village d'Hassenhausen, et c'est en tentant de le reprendre que Brunswick est tué. Le roi Frédéric-Guillaume III prend alors lui-même le commandement de ses troupes, mais sa contre-offensive échoue totalement.

Davout lance alors Louis Friant et Charles Antoine Morand sur les ailes de l'armée ennemie, tandis que Charles Étienne Gudin de la Sablonnière porte des coups décisifs en prenant le village de Tauchwitz et la colline d'Eckarstsberg.

Le roi Frédéric-Guillaume III fait sonner la retraite mais Davout se lance à sa poursuite. Lorsque les troupes prussiennes rencontrent les fuyards de la bataille d'Iéna, elles se débandent à leur tour et s'éparpillent. La Prusse n'a désormais plus d'armée.

Ce fait d'armes vaut au troisième corps le privilège d'entrer en premier à Berlin le 27 octobre, avant même l'Empereur.


16 au 19 octobre 1813 : Bataille de Leipzig

La bataille de Leipzig, également appelée "bataille des Nations", la plus grande confrontation des guerres napoléoniennes, voit la Grande Armée (190 000 hommes, dont une partie sont des mercenaires saxons), sous le commandement de l'Empereur Napoleon Ier, affronter une coalition prusso-austro-russo-suédoise (330 000 hommes), sous les ordres du général Gebhard Leberecht von Blücher, du prince Karl Philipp zu Schwarzenberg et de Jean-Baptiste Jules Bernadotte, prince héritier de Suède.

C'est également la plus grande défaite subie par l'Empereur.

Durant trois jours, les combats font rage sur le vaste champ aux environs de Leipzig, en Saxe : le 16 à Dölitz, à Markkleeberg, à Wachau, à Liebertwolkwitz, à Groß-Wiederitzsch et Klein-Wiederitzsch, à Möckern ; le 17 à Gohlis et à Pfaffendorf ; le 18 à Wachau, à Lößnig, à Dölitz.

Au soir du 18 octobre, les Saxons et leur artillerie se retournent sans prévenir contre les troupes de Napoléon Ier, fait unique dans l'histoire de la trahison d'une armée par des alliés sur un champ de bataille !

Le repli français, déjà entamé, se poursuit mais le Génie détruit beaucoup trop tôt l'unique pont assurant la retraite. Un tiers des forces françaises n'a pas le temps de traverser, et se rend à l'ennemi ou se noie en tentant de franchir la rivière Weiße Elster à la nage...

Les pertes sont énormes, entre 80 000 et 110 000 morts ou blessés au total. Napoléon Ier a perdu plus de 40 000 hommes, dont le maréchal Józef Antoni Poniatowski et le général Claude-Charles Aubry de la Bouchardière.

Annonce (s)
  • Le samedi 25 octobre 2014, vous aurez la possibilité de venir rencontrer Martin Jamar, l'auteurs de la série "Double Masque" parue chez Dargaud, au Centre de Congrès de l'Aube à Troyes, situé rue Pierre Labonde à côté de la Préfecture (parking souterrain "Cathédrale" accès par le quai Dampierre).

    Une table ronde sur le thème : Napoléon et la bande dessinée aura lieu à partir de 15h30 et sera suivi d'une séance de dédicaces. Un tirage au sort sera réalisé à la fin de la conférence et permettra à douze lecteurs chanceux d'obtenir un dessin de Martin Jamar sur un de leur album Double Masque. Martin Jamar se fera un plaisir de signer les autres BD. Durant toute cette après-midi, vous pourrez également admirer, ce jour là uniquement, une exposition d'une dizaine d'originaux du dessinateur Martin Jamar.

  • Une autre exposition, organisée par les Archives Départementales de l'Aube, aura lieu du 16 mai au 2 novembre 2014 à l'Hôtel Dieu-le-Comte à Troyes intitulée 1814, la C(h)ampagne de Napoléon.

Commentaires
  • lundi 29 septembre 2014 à 13h23

    bonjour,
    voici une nouvelle edition kindle du Napoléon de Jacques Bainville. pour la première fois, cet ouvrage de référence est illustrée par une centaine de planche de Job...
    profiter en, il y en aura pour tout le monde.
    n'hésitez pas à feuilleter, partager et commenter.
    merci
    Napoléon: illustré par job de Jacques Bainville
    Permalien : http://www.amazon.fr/dp/B00NZB2LLM
  • lundi 21 juillet 2014 à 19h25, par Anne Bardon (Piritu - Vénézuéla)

    Une page bien faite des textes bien écrits.
    Je ne recherche ni les défauts ni les qualités de Napoléon,
    je vois seulement la grandeur de la France, et heureusement que nous avons un tel passé, car pour le présent j'en ai honte.
  • jeudi 27 mars 2014 à 17h22, par lefrancois (Arcis sur Aube (France))

    site très bien fait, très intéressant ici à Arcis sur Aube nous venons de mettre une stèle en l'honneur de Napoléon et la bataille d'Arcis !
  • samedi 8 mars 2014 à 16h55, par Miguel Moutoy (Hannut (Belgique))

    http://www.napoleoneimperatoreelba2014.it/
  • vendredi 27 décembre 2013 à 10h54, par Migule Moutoy (Hannut Belgique)

    Bravo pour ce site très bien fait!
    Je profite de l'occasion pour vous annoncer de grandes festivités à l'île d'Elbe en 2014!
  • samedi 4 janvier 2014 à 20h10

    Merci.

    N'hésitez surtout pas à nous en dire plus sur les commémorations prévues et nous nous ferons un plaisir de les annoncer sur le site.
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