Napoleon & Empire

De Bonaparte à Napoléon Ier

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L'Épopée napoléonienne

Quizz
Napoléon Bonaparte me nomme successivement conseiller d'État en 1804, Directeur général des Ponts et Chaussées en 1806, comte de l'Empire en 1808 et ministre de l'Intérieur en 1809.


Quel roman que ma vie ! C'est ainsi que Napoléon lui-même, au soir de son existence, aurait évoqué son extraordinaire destin. D'Ajaccio PHOTO à Sainte-Hélène, un demi-siècle s'est écoulé ; moins d'un quart, du siège de Toulon en décembre 1793 à Waterloo en juin 1815 – de l'entrée du capitaine Napoleone Buonaparte dans l'Histoire à la défaite finale de l'Empereur Napoléon 1er le Grand. Entre-temps, quelle activité ! quelle énergie déployée sur un théâtre qui va de Madrid à Berlin, du Caire à Moscou ! De 1799 à 1814, la main de Napoléon rectifie presque chaque année la carte de l'Europe, distribue les couronnes, des plus anciennes comme celle d'Espagne aux plus éphémères comme celle de Westphalie. En 1807, l'Empereur des Français entre à Berlin en vainqueur, humilie la Prusse et traite d'égal à égal avec le Tsar Alexandre Ier. En 1808, Madrid tombe ; en 1809, Vienne. En 1810, l'Empereur d'Autriche François Ier lui donne sa fille Marie-Louise.

Portrait du général Bonaparte, par David
Portrait du général Napoléon Bonaparte (détail), par J.-L. David
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Mais cette vitalité finit par épuiser les instruments qui ont fait d'un petit sous-lieutenant corse l'Empereur des Français : la France d'abord, l'armée ensuite et surtout ses chefs – ces maréchaux d'Empire qui lui doivent tout – se lassent du rythme effréné que Napoléon leur impose, des sacrifices qu'il exige, des revers surtout qui s'accumulent depuis la désastreuse campagne de Russie en 1812. Par deux fois, comme s'il lui fallait toujours dépasser la mesure commune, le vainqueur d'Austerlitz et de quarante autres batailles devra abdiquer. L'histoire alors pourra retrouver un cours plus paisible. Napoleon, lui, exilé par les Anglais à Sainte-Hélène, disposera encore de six années pour peaufiner sa légende.


De l'histoire à la légende

L'empereur Napoleon Premier dans son cabinet, par David
Napoleon 1er dans son cabinet,
par Jacques-Louis David

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Le destin hors du commun de l'obscur sous-lieutenant Corse devenu empereur a suscité une littérature prodigieusement abondante. Aucune autre figure historique n'a connu un tel succès éditorial. Depuis deux siècles, historiens, essayistes, romanciers, ont décrit, analysé, exalté ou au contraire vilipendé le personnage comme son action. Les pacifiques l'ont traité d'ogre mais les ambitieux ont trouvé dans son existence un modèle insurpassable. Léon Tolstoï n'a vu en lui qu'un pantin et Hippolyte Taine l'a décrit comme un condottiere italien de la Renaissance égaré dans le monde moderne. Mais Stendhal en a fait le grand homme de Julien Sorel ; Honoré de Balzac, tout royaliste qu'il fût, n'a pu cacher son admiration ; Léon Bloy l'a proclamé prophète. De nos jours encore, sa vie et son oeuvre suscitent des controverses d'une surprenante vivacité, témoignage éloquent de l'intensité que conserve son souvenir, y compris, à leur corps défendant, chez ses plus farouches détracteurs.

Et ce débat sur le passé s'est d'ores et déjà assuré d'un brillant avenir en investissant Internet. On s'émerveille parfois qu'il se soit écrit plus de livres sur Napoleon Bonaparte qu'il ne s'est écoulé de jours depuis sa mort : que dire alors des millions de résultats que ramène GoogleTM lors d'une recherche sur son nom, ou des milliers d'articles qu'une encyclopédie comme Wikipedia lui consacre ? Tout simplement ceci : l'homme qui a conquis l'Europe de son vivant a conquis le monde après sa mort. En 2008, Pékin lui a consacré une exposition dans la résidence même des empereurs de Chine : la Cité interdite. La même année, le musée des Beaux-Arts de Montréal a ouvert de nouvelles salles pour exposer les objets napoléoniens dont M. Ben Weider l'a enrichi. En 2010, Berlin a organisé l'exposition Napoléon et l'Europe. Rêve et traumatisme. En mars 2013, c'est le Musée de l'Armée de Paris, qui accueille près d'un million et demi de visiteurs par an, qui a organisé une grande exposition Napoléon et l'Empire. En mars 2014, un ancien premier ministre français, Monsieur Lionel Jospin, restaure sa visibilité médiatique en disant tout le mal qu'il en pense, deux-cents ans après Chateaubriand. Et ce ne sont là que quelques exemples !

Toutes ces opinions, tous ces jugements, aussi tranchés, aussi opposés restent-ils, toutes ces célébrations, ont leur source dans les mêmes faits : ces bouleversements inouïs dans la suite desquels Napoleon s'est inscrit, en leur donnant l'éclat d'une épopée.


Un géant de l'histoire de France

Ce sont ces faits que nous allons tenter de rassembler ici pour que chacun puisse à son tour se faire une opinion raisonnée sur ce personnage essentiel de l'histoire de France. Un personnage qui a fait revivre, deux mille ans plus tard, les grandes figures d'Alexandre le Grand et de Jules César, et qui, tout comme eux, fut bien plus qu'un conquérant. Son oeuvre administrative, considérable, lui a survécu. La France d'aujourd'hui, qu'on s'en réjouisse ou qu'on le déplore, est fille de cette France de la Révolution et de l'Empire — périodes indissociables — que Napoléon Bonaparte a façonnée.

Une France où il repose, à Paris, en l'hôtel des Invalides, depuis le 15 décembre 1840.

Lionel A. Bouchon


Vive l'Empereur !

Tombeau de Napoléon
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Lors de ma dernière visite à l'Eglise du Dôme de l'Hôtel des Invalides PHOTO, j'admirais la fresque montrant Saint Louis présentant ses armes à Jésus Christ en présence de la Vierge et des anges, quelques quatre-vingt-dix mètres au-dessus de moi PHOTO, spectacle dont je ne me lasse jamais. Je savais que j'allais ensuite contourner la balustrade circulaire surplombant la crypte, et que dès l'abord de l'escalier, entre les tombes des fidèles Duroc et Bertrand, une émotion d'un type unique allait me gagner. Elle allait, j'en étais sûr, connaître son acmé à la double vue de la sépulture du Roi de Rome et de l'imposant sarcophage de l'Empereur, et être accompagnée de la petite larme qui témoigne immanquablement de ma nature sensible dans deux circonstances singulières : mes visites au tombeau de Napoleon Ier et le troisième acte de Madame Butterfly ...

Ce fut alors qu'un jeune couple interrompit – temporairement – cet émouvant programme. A leur sourire, et au fait que l'homme me tendait un appareil photographique, je compris qu'ils souhaitaient que je les prisse en photo devant la crypte.
– Are you English ?
– American !
– Fine !

Je m'entendis alors leur dire, dans un anglais basique ayant avec la langue de Shakespeare la même lointaine parenté que le jargon télévisuel avec celle de Molière, qu'une tradition bien établie voulait, lorsqu'on était photographié en ce lieu, qu'on s'écriât : "Vive l'Empereur !" ... Le couple, visiblement ravi d'apprendre l'existence de cette coutume, s'exécuta avec enthousiasme (et un léger, mais ravissant, accent) et l'instant fut visuellement immortalisé.

Ces deux jeunes citoyens d'une des plus anciennes républiques au monde, emblème du monde libre, auraient-il crié "Vive le Roi !" s'ils eussent visité la Basilique de Saint-Denis ? Rien n'est moins sûr ... Je me plais à imaginer que leur enthousiasme fut le témoin de leur subconscient, pour lequel les valeurs de 1776 (et de la constitution de 1787) se sont perpétuées dans notre pays, à leur manière, en 1789 d'abord, sous l'Empire ensuite ...

Didier Grau

Événements du jour
  • 28 novembre
    1797 : Ouverture du congrès de Rastadt.
    1799 : Création de la garde consulaire.
    1803 : Capitulation de Rochambeau et des restes de l'expédition de Saint-Domingue.
    1806 : Entrée de l'armée française à Varsovie.
    1812 : Bataille de la Bérézina.


Bataille(s) du mois


15 au 17 novembre 1796 : Bataille d'Arcole

Cette bataille oppose, sur les rives de la rivière Alpone, près de son confluent avec l'Adige, à 28 kilomètres au sud-est de Vérone, l'armée française (19 000 à 22 000 hommes selon les sources) sous le commandement du général Napoleon Bonaparte, à celle du Saint-Empire (21 000 à 24 000 hommes) sous les ordres du baron Josef Alvinczy von Borberek.

Dans un premier temps Charles Augereau et André Masséna tentent de prendre en tenaille les Autrichiens, qui tiennent la rive Est de l'Alpone, du côté du village PHOTO. Mais le premier se fait repousser et le second s'enlise dans des marais.

Napoleon Bonaparte lui-même, un drapeau à la main, s'élance à l'attaque du pont PHOTO à la tête de ses grenadiers, mais échoue à son tour, frôlant la mort à deux reprises : quand son ami le colonel Jean-Baptiste Muiron, à ses côtés, est tué d'une balle en le protégeant, puis quand, embourbé dans un marécage, il doit être secouru par le colonel Augustin-Daniel Belliard.

C'est l'usage d'un stratagème (l'envoi sur l'arrière de l'armée autrichienne d'un détachement de tambours chargé de faire le plus de bruit possible) qui leurre l'ennemi. Celui-ci croit être attaqué par revers et désunit sa solide défense du pont, ce qui permet à Masséna de traverser la rivière.

Aidé d'Augereau, il prend alors l'ennemi en tenaille et l'anéantit.


30 novembre 1808 : Bataille de Somosierra

Les gorges de Somosierra (ou Somo-Sierra) dans la Sierra Guadarrama, au nord de Madrid, en Espagne, voient s'affronter une armée française (environ 45 000 hommes), incluant une brigade de chevau-légers polonais du Duché de Varsovie, sous le commandement de l'Empereur en personne, à des forces espagnoles sous les ordres du général Benito de San Juan.

Afin de défendre Madrid, le général Benito de San Juan, qui dispose d'environ vingt mille hommes, en installe neuf mille sur les hauteurs de Somosierra, avec seize canons répartis en quatre batteries.

Dans un premier temps, Napoleon fait charger la brigade de chevau-légers polonais. En deux charges successives, les Polonais neutralisent les quatre batteries, permettant à l'infanterie française du général François Ruffin de charger à son tour.

Benito de San Juan est obligé de replier toute son armée sur Madrid, puis finit par capituler le 4 décembre.


19 novembre 1809 : Bataille d'Ocaña

A Ocaña, en Castille (actuellement dans la province de Tolède), une armée française (35 000 hommes) sous le commandement du maréchal Nicolas Jean-de-Dieu Soult, est opposée à l'armée espagnole (51 000 hommes) du général Juan Carlos de Aréizaga (ou Arizaga).

De toute la guerre d'indépendance espagnole, la bataille d'Ocaña est la plus grande défaite de l'armée ibère, pourtant supérieure en nombre et équipée de fusils et de canons anglais.

Ce désastre, qui laisse la moitié des troupes d'Aréizaga sur le terrain, est principalement dû à une brillante attaque de la cavalerie française, en particulier des lanciers polonais, sur le flanc droit de l'ennemi.

Il conforte le trône d'Espagne de Joseph Bonaparte et ouvre aux Français la voie de l'Andalousie, qui sera envahie dès l'hiver suivant.


27 et 28 novembre 1812 : Bataille de la Bérézina

Les restes de la Grande Armée (49 000 combattants et 40 000 retardataires) sous le commandement de l'Empereur Napoleon Ier, en retraite après la désastreuse campagne de Russie, voient leur route bloquée par la Bérézina, une rivière marécageuse, affluent du Dniepr (actuellement en Biélorussie).

L'armée russe est sous les ordres du tsar Alexandre Ier, des généraux Mikhaïl Illarionovitch Golenichtchev-Koutouzov et Pierre Wittgenstein, et de l'amiral Pavel Vasilievich Chichagov (ou Tchichagov); qui comptent acculer les Français sur cet obstacle, et les anéantir.

Le salut passe par la très rapide construction de deux ponts, par les pontonniers du général Eblé, dont la plupart succombent à ce travail dans l'eau glacée.

La Grande Armée franchit la Bérézina à partir du 26 en début d'après-midi, malgré l'opposition des trois armées russes.

Les Russes attaquent le 28, mais se voient opposer une résistance farouche, en particulier des hommes de Victor et des cavaliers de Fournier. La nuit voit traverser plusieurs milliers d'hommes, mais Eblé doit détruire les ponts le 29 au matin, pour protéger la retraite, alors que de nombreux retardataires restent encore sur la rive gauche.

Le franchissement de la Bérézina par les Français est un incontestable succès militaire, mais le nom de cette rivière est devenu en France synonyme de déroute, voire de désastre, en raison de l'importance des pertes subies : de l'ordre de quarante-cinq mille morts ou prisonniers.

Annonce(s)
  • Le Jeudi 11 décembre 2014 au petit théâtre de Gadagne (1 place du Petit Collège, 69005 Lyon), conférence Oudinot commissaire impérial à Neuchâtel, une conquête pacifique d’une principauté suisse par Ronald Zins, président de l’Académie Napoléon.

Commentaires
  • lundi 24 novembre 2014 à 08h02, par olivier

    Bonjour,
    Napoleon: Jacques Bainville : un classique!
    enfin remis au goût du jour avec pour la première fois des illustrations de Job, il est disponible en version numérique et papier (17 x 25, nb) pour à peine 16€....port presque compris.

    Napoléon
    de Jacques Bainville


    Site Web : napoleon (http://www.amazon.fr/dp/1503149072)
  • lundi 29 septembre 2014 à 13h23

    bonjour,
    voici une nouvelle edition kindle du Napoléon de Jacques Bainville. pour la première fois, cet ouvrage de référence est illustrée par une centaine de planche de Job...
    profiter en, il y en aura pour tout le monde.
    n'hésitez pas à feuilleter, partager et commenter.
    merci
    Napoléon: illustré par job de Jacques Bainville
    Permalien : http://www.amazon.fr/dp/B00NZB2LLM
  • lundi 21 juillet 2014 à 19h25, par Anne Bardon (Piritu - Vénézuéla)

    Une page bien faite des textes bien écrits.
    Je ne recherche ni les défauts ni les qualités de Napoléon,
    je vois seulement la grandeur de la France, et heureusement que nous avons un tel passé, car pour le présent j'en ai honte.
  • jeudi 27 mars 2014 à 17h22, par lefrancois (Arcis sur Aube (France))

    site très bien fait, très intéressant ici à Arcis sur Aube nous venons de mettre une stèle en l'honneur de Napoléon et la bataille d'Arcis !
  • samedi 8 mars 2014 à 16h55, par Miguel Moutoy (Hannut (Belgique))

    http://www.napoleoneimperatoreelba2014.it/
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