N & E
Napoléon & Empire

Catherine-Dominique de Pérignon

Comte de l'Empire

Prononciation :

Blason de Catherine-Dominique de Pérignon (1754-1818)

Catherine-Dominique de Pérignon voit le jour à Grenade, localité proche de Toulouse, le 31 mai 1754.

Voyant son manque de relation et la médiocrité de ses titres de noblesse bloquer son avancement, il abandonne la carrière militaire dans les années qui précèdent la Révolution Française.

Élu juge de paix en 1789, il se rend populaire par l'exactitude et la conscience avec lesquelles il exerce ses fonctions. Aussi, en 1791, les électeurs de la Haute-Garonne font-ils de lui un député à la Législative.

Il démissionne dès la déclaration de la guerre et reprend du service comme lieutenant-colonel dans l'armée des Pyrénées. Général de brigade en septembre 1793, général de division deux mois plus tard, il remporte de nombreux succès sur les Espagnols : prise du camp du Boulou (1er mars 1794), victoire de la Junquera (7 juin) et remplace Jacques Dugommier à la tête de l'armée après la mort de celui-ci (18 novembre 1794). A nouveau victorieux à la Montagne noire (17-20 novembre 1794), il termine victorieusement la guerre.

Après la paix de Bâle, Pérignon est élu député au Conseil des Cinq-Cents puis nommé ambassadeur en Espagne. Il parvient à signer avec ce pays le traité de Saint-Ildefonse (19 août 1796) malgré la présence à Madrid d'un ambassadeur du « roi de France ». Rappelé en janvier 1798 suite aux malversations pratiquées sous son autorité et à une affaire de coeur avec une espionne royaliste, il est laissé sans affectation jusqu'en octobre où on l'envoie, lui, ancien général en chef, commander deux divisions à l'armée d'Italie.

Il prend son poste en mai 1799 et quelques mois plus tard, à Novi (15 août), est fait prisonnier avec tous ses généraux.

Rentré en France en septembre 1800, après plus d'un an de captivité, Pérignon est nommé sénateur par le Premier consul Napoléon Bonaparte, qui s'abstient cependant de lui confier un commandement.

En 1804, il se montre fervent partisan de l'avènement de l'Empire et n'hésite pas à le proclamer avec grandiloquence, ce qui lui vaut le « titre » de maréchal ‒ subtile distinction que l'Empereur établit par le décret du 29 floréal an XII entre les quatorze généraux nommés maréchaux d'Empire et les quatre sénateurs ayant commandé en chef à qui en est seulement donné le titre, à savoir Pérignon lui-même, Kellermann, Lefebvre et Sérurier.

Gouverneur de Parme et de Plaisance en 1806, gouverneur de Naples   et comte de l'Empire en 1808, Pérignon rentre à Paris en 1814 après l'alliance conclue entre Joachim Murat et l'Autriche, non sans l'avoir reprochée amèrement au roi de Naples et à Caroline Bonaparte, sa femme. Laissé sans emploi, il se retire dans sa région natale et se rallie à Louis XVIII aussitôt après l'arrivée de celui-ci.

Durant les Cent-Jours, les royalistes tentent de l'utiliser pour gagner la population toulousaine à la cause des Bourbons. Mais personne ne prend au sérieux ce vieil homme à l'intelligence déclinante. Napoléon Ier se contente de le rayer de la liste des maréchaux et le laisse rentrer chez lui sans l'inquiéter.

Après la bataille de Waterloo, Pérignon retrouve son bâton de maréchal par la grâce du roi Louis XVIII qui le fait également gouverneur de Paris et marquis.

Membre de la chambre des pairs appelée à juger le maréchal Ney, il vote la mort.

Catherine-Dominique de Pérignon s'éteint dans son hôtel parisien du Marais   le jour de Noël 1818, et est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (24ème division)  .

"Le maréchal Pérignon" par Philippe Auguste Hennequin (Lyon 1763 - Leuze, Belgique 1833).

"Le maréchal Pérignon" par Philippe Auguste Hennequin (Lyon 1763 - Leuze, Belgique 1833).

Le nom de Pérignon est inscrit sur la 33e colonne (pilier Ouest) de l'arc de triomphe de l'Étoile.  


Franc-maçonnerie : Le maréchal Pérignon fut nommé en 1806 Grand Officier d'Honneur du Grand Orient de France, puis devint en 1813 membre honoraire du Suprême Conseil des 33e pour le Royaume de Naples.

Carrière militaire détaillée

établie par M. Eric Le Maître (voir son site web), mise en ligne avec son aimable autorisation.

Blessures au combat

Par un coup de baïonnette à la cuisse à Peyrestortes, le 17 septembre 1793.

Par des coups de sabre à la tête et au bras à Novi en Italie, le 15 août 1799.


Captivité

Capturé en raison de ses blessures à Novi, le 15 août 1799. Il rentre en France en juin 1800.

Premier engagement

Au bataillon de garnison du régiment de Lyonnais, le 6 juillet 1780.

Évolution de carrière

Sous-lieutenant, le 6 juillet 1780.

Lieutenant-colonel, en juillet 1789.

Lieutenant-colonel, le 16 septembre 1792.

Chef de brigade, le 28 juillet 1793.

Général de brigade, le 18 septembre 1793.

Général de division, le 7 décembre 1793.

Maréchal de l'Empire, le 19 mai 1804.


États de service

Aux grenadiers royaux du Quercy, le 18 août 1782.

A la garde nationale de Montech en Haute-Garonne, en juillet 1789.

Juge de paix du canton de Montech, en 1790.

Licencié avec les troupes provinciales en exécution de la loi du 20 mars 1797.

Élu député de la Haute-Garonne, le 5 septembre 1791.

Membre du comité militaire, le 26 octobre 1791.

Démissionne de ses fonctions de député, en mai 1792.

A la légion des Pyrénées, le 16 septembre 1792.

A l'armée des Pyrénées-Orientales, de 1792 à 1795.

Commandant la division du centre, le 13 janvier 1794, devenue le 2e division, le 6 août 1794.

Nommé commandant en chef de l'armée des Pyrénées-Orientales, le 18 novembre 1794.

Cesse ses fonctions, le 29 mai 1795.

Commandant en chef de l'armée des côtes de Brest, le 15 septembre 1795.

Élu député de la Haute-Garonne au conseil des Cinq-Cents, le 16 octobre 1795.

Commandant en chef les armées des côtes de Brest et de Cherbourg réunies, le 13 novembre 1795.

Ne s'y rend pas, ayant été nommé ambassadeur en Espagne, le 26 novembre 1795.

Cesse ses fonctions diplomatiques, le 21 décembre 1797.

Admis au traitement de réforme, le 24 août 1798.

Employé à l'armée d'Italie, le 14 octobre 1798.

Commandant les troupes stationnées en Ligurie, en mai 1799.

Commandant le corps de gauche à l'armée d'Italie, en août 1799.

Prisonnier à Novi et rentre en France, en juin 1800.

Commandant la 10e division militaire à Toulouse, le 5 janvier 1801.

Sénateur, le 12 avril 1801.

Admis à la retraite, le 18 novembre 1801.

Commissaire extraordinaire pour régler les frontières de la France et de l'Espagne, le 11 septembre 1802.

Vice-président du Sénat, le 27 octobre 1802.

Titulaire de la sénatorerie de Bordeaux, le 28 septembre 1803.

Gouverneur général des Etats de Parme et de Plaisance, le 18 septembre 1806.

Gouverneur de Naples, commandant sous les ordres de Murat et à la place de Jourdan l'armée française stationnée dans le royaume, le 23 juillet 1808.

Mis en congé, le 27 mars 1813.

Commissaire extraordinaire du roi dans le 1ère division militaire, le 22 avril 1814.

Président de la commission chargée de l'examen des titres des anciens officiers, le 31 mai 1814.

Pair de France, le 4 juin 1814.

Démissionne de la commission, le 10 octobre 1814.

Gouverneur provisoire de la 10e division militaire à Toulouse, le 28 mars 1815.

Cesse ses fonctions, le 4 avril 1815.

Rayé de la liste des maréchaux, le 10 avril 1815.

Réintégré dans ses fonctions de gouverneur de la 10e division militaire, le 24 juillet 1815.

Gouverneur de la 1ère division militaire, le 10 janvier 1816.

Reçoit de Louis XVIII le bâton de maréchal de France et prête serment en cette qualité, le 14 juillet 1816.

Marquis, le 31 août 1817.


Adresse

10, Rue de Berry, Marais. Paris IIIème arrondissement  

L'almanach Impérial de 1811 indique que le maréchal Pérignon demeure à cette adresse (de nos jours 24, Rue Charlot). Il y décède en 1818.

Autres portraits

Catherine-Dominique de Pérignon (1754-1818)
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"Dominique Catherine Pérignon en uniforme de lieutenant-colonel de la légion des Pyrénées en 1792" peint en 1835 par Louis-Félix Amiel (Castelnaudary 1802 - Joinville le Pont 1864).