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August Wilhelm Antonius Neidhardt von Gneisenau (1760-1831)

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Comte

Blason de August Wilhelm Antonius Neidhardt von Gneisenau (1760-1831)

August von Gneisenau naît à Schildau, en Saxe [Sachsen], le 27 octobre 1760. Sa famille est d’origine autrichienne, mais son père, artilleur, a pris du service dans l’armée de l’électeur de Saxe.

Après des études chez les Jésuites — il est catholique — puis à l’université d’Erfurt, il entre comme cadet, en 1778, dans le régiment de hussards autrichiens de Dagobert Sigismund von Wurmser. En 1780, il rejoint l’armée du margrave Charles-Frédéric d’Anspach-Bayreuth, un membre de la maison de Hohenzollern.

Gneisenau est promu lieutenant en 1782. Il fait ensuite partie du contingent que le margrave envoie en Amérique du Nord — moyennant rétribution — soutenir l’armée anglaise dans sa lutte contre les insurgés qui ont proclamé l’indépendance des États-Unis d’Amérique du Nord six ans plus tôt.

En 1786, Gneisenau passe dans l’armée prussienne, comme premier lieutenant. Quatre ans plus tard, il est promu capitaine d’état-major puis, en 1793, prend le commandement d’un bataillon en Pologne. Il est nommé commandant en 1795.

Il occupe toujours ce poste en 1806, lors des batailles de Saalfeld et Iéna [Jena], au cours desquelles ses soldats se battent courageusement. Cette bonne tenue de son unité lui vaut peut-être sa promotion au grade de major, qui intervient peu après, en novembre. On lui confie le commandement de la forteresse assiégée de Kolberg [Kołobrzeg], près de la Baltique, en avril 1807, qu’il rejoint par voie maritime. Gneisenau parvient à conserver cette place stratégiquement importante — elle commande la côte et la route de l’est — malgré le siège que lui font subir les Français entre le 26 avril et le 2 juillet 1807. Cette résistance lui vaut une nouvelle promotion. Devenu oberstleutnant (lieutenant-colonel), il participe, sous la direction de Gerhard Johann David von Scharnhorst, à l’effort de rénovation de l’armée prussienne mené dans le cadre des réformes de l’état impulsées par le baron Charles Henri de Stein (Heinrich Friedrich Karl Reichsfreiherr vom und zum Stein).

L'analyse par Gneisenai des causes de l’effondrement prussien en 1806 le conduit à proposer l’armement du peuple et l’adoption de tactiques de guérilla. Il écrit également une « Constitution pour le soulèvement général des armes en Allemagne du Nord contre la France ». En mai 1808, il est nommé inspecteur des forteresses puis chef du corps du génie en septembre.

Le 1er mars 1809, le ministère de la Guerre le fait siéger au département de l’artillerie et du génie. En tant que membre de la commission de réorganisation militaire, toute son action vise à préparer la prochaine guerre contre l’Empire français, qu’il juge aussi inévitable que souhaitable. Pour cela, l’appareil militaire est totalement restructuré et une armée de réserve formée de volontaires est mise sur pied. Cette dernière disposition permet d’accroître considérablement les effectifs mobilisables, en contournant les stipulations du traité de Tilsitt. Elle améliore également le patriotisme et la motivation des troupes. Ces préconisations lui donnent dans les milieux conservateurs et réactionnaires une réputation de « jacobin » qui va le poursuivre durant tout le reste de sa carrière.

La chute de Stein, en butte à l’hostilité de Napoléon qui le déclare officiellement « ennemi de la France » et réclame la confiscation de ses biens et son exécution provoque quelques mois plus tard, en juillet 1809, la démission de Gneisenau « pour la durée de la paix ». Il quitte la Prusse et en profite pour voyager, visitant l’Angleterre, la Suède et la Russie.

En 1813, Gneisenau reprend du service comme generalmajor. Il appartient à l’armée de Silésie, commandée par le général Gebhard Leberecht von Bluecher, dont il devient le chef d’état-major après la mort de Scharnhorst, en juin 1813. Ses fonctions font de lui l’un des principaux responsables alliés pendant la seconde partie de la campagne de Saxe puis la campagne de France. Nommé Generalleutnant après la bataille de Leipzig, il est même de fait le chef suprême de l’armée prussienne pendant une quinzaine de jours après celle de Laon, Bluecher étant absent. Après la chute de Paris, en 1814, Gneisenau est élevé au rang de comte.

Durant les Cent-Jours, Gneisenau retrouve son poste de chef d’état-major. Profondément vexé de n’avoir pas reçu de commandement propre, à cause de la défiance qu’il suscite dans certains milieux de la cour, il n’en exerce pas moins ses fonctions avec la plus grande résolution. Au soir de la bataille de Ligny, alors que Bluecher est porté manquant, c’est Gneisenau qui prend la décision de faire remonter l’armée vers le nord sans se soucier de ses lignes de ravitaillement. Ce mouvement permettra le lendemain aux Prussiens d’intervenir à temps sur le champ de bataille de Waterloo pour arracher la victoire. Un mois plus tard, Gneisenau est promu général d’infanterie.

Après un court séjour dans ses terres, Gneisenau prend le commandement de la 8e armée prussienne. Cependant, toujours en proie à l’hostilité des cercles les plus conservateurs de la cour, il ne l'exerce que quelques mois. Le déclin de son influence se traduit par sa nomination à des postes où il n’a plus de prise sur les décisions, comme conseiller d’état prussien, gouverneur de Berlin, poste purement représentatif, ou président de la commission supérieure des examens militaires. S’il est néanmoins promu Generalfeldmarschall le 18 juin 1825, pour l’anniversaire de la bataille de Waterloo, ce n’est pas sans que sa correspondance ait au préalable été épluchée à la recherche d’idées révolutionnaires.

Gneisenau est rappelé en activité, pour la dernière fois, en mars 1831, en tant que commandant en chef des quatre provinces orientales de la Prusse. Il y surveille la frontière avec la Pologne russe alors en plein soulèvement nationaliste, sans toutefois intervenir, le Tsar Nicolas Ier (Николай Павлович Романов) souhaitant venir à bout des rebelles sans aide extérieure. L’armée prussienne tente également d’établir un cordon sanitaire face à l’épidémie de choléra qui déborde de la Pologne. Gneisenau ne semble d’ailleurs pas convaincu de l’utilité de cette dernière mission puisqu’il indique dans sa correspondance, en mai 1831, qu’il « ne considère pas le choléra comme si contagieux ou dangereux ». Cela ne l’empêche pas d’en mourir, à Posen [Poznań] le 23 août 1831. Il repose depuis 1841 dans un mausolée édifié par les rois de Prusse à Sommerschenburg, commune de Sommersdorf, dans le district de Börde, en Saxe-Anhalt [Sachsen-Anhalt].

"August Neidhardt von Gneisenau (1760-1831)" par George Dawe (St James's, Westminster 1781 - Kentish Town 1829).

"August Neidhardt von Gneisenau (1760-1831)" par George Dawe (St James

Le comte Claus Schenk von Stauffenberg, protagoniste principal de la tentative d’assassinat du 20 juillet 1944 contre Adolf Hitler, était l’arrière-petit-fils de Gneisenau.