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Napoléon & Empire

François-Joseph Gossé, dit Gossec (1734-1829)

Chevalier de la Légion d'honneur

François-Joseph Gossé est un fils de paysan. Il naît le 17 janvier 1734 à Vergnies, un village français enclavé dans le Hainaut, et y apprend les premiers rudiments de son futur métier auprès du curé de son village. Il appartient ensuite à la maîtrise de la capitale d'Anvers, où il poursuit sa formation.

En 1751, Gossec arrive à Paris. La protection de Jean-Philippe Rameau lui vaut d'abord la direction de l'orchestre de Monsieur de La Pouplinière, un fermier général, qu'il conserve jusqu'en 1762. Il passe ensuite chez les prince de Conti (1762 ou 1763) et de Condé.

Après avoir publié des sonates en trio dès 1753, il produit des duos, des symphonies en quatuor puis, à partir de 1759, des symphonies où les instruments à vent s'ajoutent aux cordes. Il fait également entendre en 1760 une Messe des morts pour un effectif de deux cents exécutants qui inspirera Wolfgang Amadeus Mozart – avec lequel il entretient une vive amitié –, tout comme Hectore Berlioz. Gossec s'essaie également, avec peu de succès, à l'opéra comique (Le Tonnelier, 1765) et à la tragédie lyrique (Sabinus, 1774).

En 1769, il fonde le Concert des amateurs dans lequel le fameux mulâtre Saint-Georges est violoniste. Gossec prend ensuite la direction du Concert spirituel, de 1773 à 1777, faisant connaître à Paris des compositeurs tels que Jean-Chrétien Bach et Joseph Haydn. En 1780, on le nomme sous-directeur de l'académie de musique puis directeur de l'école de chant, ancêtre du conservatoire, quatre ans plus tard.

La Révolution, à laquelle, en tant que franc-maçon, il se montre très favorable, fait de lui le compositeur officiel des fêtes patriotiques. Parmi de très nombreux hymnes, choeurs et marches, on peut noter Le chant du 14-Juillet, les hymnes A l'Etre suprême ou A l'humanité et la Marche lugugubre qui est peut être une des sources d'inspiration de la Marche funèbre de la Symphonie héroïque de Ludwig van Beethoven.

Durant cette période, Gossec devient successivement chef de la musique de la garde nationale, membre de l'Institut – en 1795 lors de la reconstitution de celui-ci – et membre fondateur du Conservatoire de musique. Il y enseigne la composition jusqu'au retour des Bourbons, de 1795 à 1814.

Napoléon lui octroie la Légion d'honneur en 1804. Sous l'Empire, en 1809, Gossec compose une Symphonie en 17 parties pour le vingtième anniversaire de la prise de la Bastille. Il n'est pas sûr qu'elle ait été jouée de son vivant. C'est sa dernière oeuvre dans cette forme.

La Restauration lui tient rigueur de son activisme révolutionnaire et il tombe en disgrâce sous Louis XVIII et Charles X.

Gossec meurt à Passy, le 16 février 1829, à près de quatre-vingt quinze ans. Sa tombe  se trouve dans la 13ème division du cimetière parisien du Père-Lachaise, proche de celle de son ami Grétry.

Son oeuvre, très abondante, comprend surtout une cinquantainte de symphonies, pour la plupart composées avant 1789, qui font de Gossec le plus important symphoniste français de la fin du XVIIIème siècle. A peu près oubliées aujourd'hui, elle furent cependant admirées de Ludwig van Beethoven et d'Hector Berlioz.

Franc-maçonnerie : Gossec fut initié à la loge La Réunion des Arts dès 1751.

Portrait en médaillon

"François-Joseph Gossé, dit Gossec" par Antoine Vestier (Avallon 1740 - Paris 1824).
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