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Napoléon & Empire

André-Ernest-Modeste Grétry (1741-1813)

Chevalier de la Légion d'honneur

Blason de André-Ernest-Modeste Grétry (1741-1813)

André Grétry naît à Liège le 8 février 1741. Son père est violoniste et lui fait étudier la musique à la collégiale Saint-Denis de Liège. Il fréquente également beaucoup la comédie italienne, installée sur les quais de la Meuse. Grâce à une bourse de la fondation Darchis, le jeune Grétry part pour Rome en 1761 et y passe cinq années à parfaire sa formation, entre autres sous l'aile du padre Martini, le futur mentor de Wolfgang Amadeus Mozart. Il y connaît également ses premiers succès.

Après un détour par Genève, où il reçoit les encouragements de Voltaire, Gretry s'installe à Paris. La capitale lui offre un triomphe dès 1768 avec Le Huron, un opéra comique. Le genre est alors nouveau et Grétry parvient, en l'adaptant à la langue française et à la sensibilité du temps, à dépasser ses prédécesseurs. Il donne dans les années qui suivent quelques oeuvres majeures : Zémire et Azor (1771), Richard coeur de Lion (1784), dans lesquelles la simplicité de sa ligne mélodique et son humour lui permettent d'échapper à la mièvre sensiblerie qui domine la musique lyrique française en cette fin du XVIIIème siècle.

Sa production est alors très abondante tant en opéras-comiques (une quarantaine) qu'en opéras proprement dits (une quinzaine, parmi lesquels La Double Epreuve ou Colinette et La Caravane du Caire, dont l'un des champs militaires les plus populaires de la Grande Armée est tiré) et témoigne parfois de son intérêt pour les nouvelles tendances qui se dessinent outre-Rhin (Andromaque, 1780). Il reste cependant toujours fidèle à ses principes, qui associent, à des airs où l'expression et la caractérisation psychologique du personnage priment toute autre considération, une orchestration parfois considérée comme pauvre mais en fait parfaitement adaptée aux nécessités de l'oeuvre.

Pendant la Révolution, sa vogue connaît d'abord une éclipse avant de retrouver tout son éclat à partir du Directoire. Ainsi, en 1795, est-il nommé l'un des cinq inspecteurs du Conservatoire (avec François-Joseph Gossé, dit Gossec, Etienne Méhul, Jean-François Lesueur et Luigi Cherubini). Il commet, durant cette période, quelques hymnes révolutionnaires dans le goût du jour puis ralentit son rythme de composition et se retire pour se consacrer avant tout à l'écriture. Son optimisme naturel s'est alors effacé derrière une mélancolie liée à ses malheurs domestiques (mort de ses filles) et à la rigueur des temps.

Il a déjà fait paraître le premier volume de ses Mémoires en 1789. Les deux derniers sont édités en 1797. Il publiera aussi en 1801 De la vérité. Ce que nous fûmes, ce que nous sommes, ce que nous devrions être.. les Réflexions solitaires, écrites au cours de sa retraite à Montmorency, dans l'ermitage de Jean-Jacques Rousseau dont il s'est rendu propriétaire en 1798 paraitront après sa mort.

Durant ces dernières années, il reçoit de Napoléon une pension de 4 000 francs et se voit fait chevalier de la Légion d'honneur le 19 mai 1802.

Le vieux musicien meurt le 24 septembre 1813 à Montmorency. Ses funérailles sont l'occasion d'une grandiose manifestation. Son corps est inhumé au cimetière du Père-Lachaise, 11ème division  ; son coeur, après une longue bataille juridique pour faire respecter ses dernières volontés, est transféré à Liège, où il est conservé face à l'Opéra.

Grétry fut surnommé par Méhul « le Molière de la musique lyrique ».


Franc-maçonnerie : Bien qu'une loge du Grand Orient de Belgique, à Liège, porte son nom, rien ne permet de dire que Grétry ait été lui-même franc-maçon.


Billetophilie : La Banque Nationale de Belgique a émis en 1980 un billet de 1000 Francs  à l'effigie de Grétry.


Diverses manifestations ont commémoré en l'année 2013 les deux cents ans de sa mort :

  1. L'exposition De l'opéra comique à l'ermitage de Jean-Jacques Rousseau s'est tenue jusqu'au 17 novembre à Montmorency au musée Jean-Jacques Rousseau.

  2. L'exposition Grétry le magnifique est restée ouverte du 20 septembre au 24 novembre au musée des Beaux-Arts et de la céramique de Verviers.

Portrait en médaillon

André-Ernest-Modeste Grétry peint par Robert Jacques François Faust Lefèvre (Bayeux 1755 - Paris 1830).
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