N & E
Napoléon & Empire

Emmanuel de Grouchy, marquis

Comte de l'Empire

Prononciation :

Blason de Emmanuel de Grouchy, marquis (1766-1847)

Emmanuel de Grouchy naît le 23 octobre 1766 au château familial de Villette   à Condécourt, près de Paris.

Authentique aristocrate (il est issu d'une des plus vieilles familles normandes de la noblesse d'épée), fils d'un officier de cavalerie, passé par les écoles militaires, mais beau-frère du philosophe Nicolas de Condorcet et proche de Pierre Jean Georges Cabanis (qui deviendra lui aussi son beau-frère), il accueille avec enthousiasme la Révolution et abandonne son rang compromettant de lieutenant-colonel dans les gardes du corps du roi pour faire carrière dans la cavalerie.

Il est colonel en 1792 et prend part comme maréchal de camp à la conquête de la Savoie.

En mai 1793, il défend Nantes contre les vendéens mais est exclu de l'armée en octobre comme ci-devant noble.

Grouchy est réintégré après le 9 thermidor, promu général de division en 1795 et devient le chef d'état-major de Lazare Hoche à l'armée de l'Ouest. A ce titre, il est présent à Quiberon lorsque sont écrasées les forces conjointes des émigrés venus d'Angleterre et des chouans locaux, puis prend part à l'expédition d'Irlande où, séparé de son chef par la tempête, il n'ose pas prendre la décision de faire débarquer les troupes.

Laissé de côté par Napoléon Bonaparte au moment de constituer l'état-major de l'expédition d'Égypte, il passe à l'armée d'Italie sous les ordres du général Barthélemy Joubert. Là, après avoir contraint le roi Charles-Emmanuel IV de Sardaigne à fuir ses états continentaux (novembre 1798), il reçoit, à Novi (15 août 1799), quatorze blessures et tombe entre les mains des Autrichiens.

Sa captivité dure un an, jusqu'à son échange avec un général anglais. Entre-temps, il a envoyé au Directoire une lettre de protestation contre le coup d'État du 18 brumaire qui est arrivée sur le bureau du Premier Consul.

Napoléon Bonaparte ne lui en tient pas rigueur et lui confie le commandement de l'armée des Grisons avec laquelle il chasse les Autrichiens de l'Engadine (région du sud-est de la Suisse). Il est ensuite affecté à l'armée du Rhin et participe à la bataille d'Hohenlinden. Les liens qu'il tisse avec le général Jean Victor Marie Moreau lui attirent cette fois une suspicion qui le prive de commandement important jusqu'en 1805.

Cette année là, il investit Ulm puis opère dans le Tyrol.

En 1806, il est lancé à la poursuite des débris de l'armée prussienne après Iéna et obtient la capitulation du général Frédéric-Louis de Hohenlohe-Ingelfingen.

En 1807, on le trouve à Eylau et à Friedland où il reçoit une blessure.

Nommé gouverneur de Madrid en 1808, Grouchy réprime l'insurrection du 2 mai, sous les ordres de Joachim Murat.

1809 le voit, comte d'Empire encore récent, décider de la victoire à la bataille de Raab (14 juin) puis participer brillamment à la bataille de Wagram (6 juillet). Nommé colonel général des chasseurs à cheval de la Garde, il prend place désormais parmi les grands dignitaires de l'Empire.

Lors de la campagne de Russie, Grouchy commande d'abord l'un des trois corps de cavalerie puis l'escadron sacré qui assure la protection de l'Empereur lors de la retraite. On lui doit en partie le succès de la Moskowa (7 septembre 1812), bataille au cours de laquelle il est blessé.

Il ne se bat pas en 1813, Napoléon 1er lui ayant refusé le commandement qu'il sollicitait dans l'infanterie.

Mais il reprend du service pour la campagne de France de 1814, à la tête de ce qu'il reste de cavalerie et sert à Brienne (29 janvier), La Rothière (1er février), Montmirail (11 février), Craonne (7 mars) où il est grièvement blessé.

Privé de son grade par Louis XVIII, il se rallie immédiatement à Napoléon au retour de l'île d'Elbe. Il reçoit le commandement de l'armée du Midi, avec laquelle il défait les troupes royalistes du duc d'Angoulème, et s'empare de ce prince, fils du Comte d'Artois et neveu du roi.

Il en est récompensé par le bâton de maréchal (15 avril 1815), l'ultime distribué par Napoléon Ier.

Commandant de la réserve de la cavalerie lors de la campagne de Belgique, il ternit sa réputation militaire à Waterloo par son manque d'énergie et d'esprit de décision. En s'obstinant à poursuivre des Prussiens insaisissables, selon ses ordres, plutôt que de venir, au bruit du canon, à la rescousse du reste de l'armée, il engage sa responsabilité dans la défaite. Les jours qui suivent le verront cependant réussir une belle retraite.

Proscrit par le décret du 24 juillet 1815 (le même qui enverra le maréchal Ney au poteau d'exécution), il se réfugie à Philadelphie où il demeure cinq ans. Enfin, par une ordonnance de novembre 1819, le roi lui permet de revenir en France et le rétablit dans ses titres, grades et honneurs au 19 mars 1815 ‒ ce qui le prive de sa dignité de maréchal.

Il lui faut attendre Louis-Philippe et novembre 1831 pour la récupérer.

Emmanuel de Grouchy, octogénaire, s'éteint à Saint-Etienne, le 29 mai 1847. Il est inhumé dans la 57ème division du cimetière du Père-Lachaise à Paris  .

"Emmanuel de Grouchy" par Georges Rouget (Paris 1783 - Paris 1869).

"Emmanuel de Grouchy" par Georges Rouget (Paris 1783 - Paris 1869).

Le nom de Grouchy est inscrit sur la 4e colonne (pilier Nord) de l'arc de triomphe de l'Étoile.  


Franc-maçonnerie : Emmanuel de Grouchy fut membre des loges "L'Héroïsme" à Beauvais (où il fut initié en 1787) et "La Candeur" à Strasbourg.

Carrière militaire détaillée

établie par M. Eric Le Maître (voir son site web), mise en ligne avec son aimable autorisation.

Blessures au combat

Blessé à 14 reprises en défendant Pasturana durant la bataille de Novi, le 15 août 1799.

Blessé à la bataille d'Eylau, le 8 février 1807.

Par un biscaïen à la poitrine à La Moskowa, le 7 septembre 1812.

Blessé à la prise de Troyes, le 23 février 1814.

Par un coup de feu à la cuisse à Craonne, le 7 mars 1814.


Captivité

Capturé à Pasturana (Italie), le 15 août 1799. Il est échangé après une année passée en captivité.

Premier engagement

Sous-lieutenant au régiment d'artillerie de Besançon, le 24 août 1781.

Évolution de carrière

Lieutenant, le 23 octobre 1780.

Sous-lieutenant, le 24 août 1781.

Capitaine, le 28 octobre 1784.

Lieutenant-colonel, le 25 décembre 1786 mais réformé le 27 janvier 1787.

A nouveau Lieutenant-colonel, le 18 décembre 1791.

Colonel, le 1er février 1792.

Maréchal de camp, le 7 septembre 1792.

Général de division, le 23 avril 1795.

Maréchal de l'Empire, le 15 avril 1815.


États de service

Elève à l'école d'artillerie de Strasbourg, le 31 mars 1780.

Au régiment d'artillerie de Besançon, le 24 août 1781.

Au régiment royal étranger cavalerie, le 28 octobre 1784.

Sous-lieutenant des gardes du corps du roi, compagnie écossaise, le 25 décembre 1786.

Réformé, le 27 janvier 1787.

Au 12e régiment de chasseurs à cheval, le 18 décembre 1791.

Au 2e régiment de dragons, colonel, le 1er février 1792.

Au 6e régiment de hussards, le 8 juillet 1792.

A l'armée du Centre puis des Alpes, en septembre 1792.

A l'armée des côtes de Brest, le 15 mai 1793.

Suspendu comme noble, le 30 septembre 1793.

Exclu de l'armée pour ce motif, le 8 octobre 1793.

Réintégré dans son grade à l'armée de l'Ouest, le 29 novembre 1794.

Chef d'état-major de Hoche à l'armée de l'Ouest, 1795-1796.

Commandant en chef de l'armée des côtes de Brest à la place de Pérignon, le 26 novembre 1795.

Nommé chef d'état-major de l'armée du Nord, le 25 mars 1796.

Commandant la 12e division militaire à la Rochelle, du 2 septembre 1796 au 17 mars 1798.

Commandant en second l'expédition d'Irlande et chef d'état-major de Hoche, le 1er novembre 1796.

Commandant par intérim l'expédition d'Irlande, du 24 décembre 1796 au 18 janvier 1797.

Chef d'état-major de l'armée du Nord, le 17 mars 1798.

Chef d'état-major de l'armée de Mayence, le 11 juillet 1798.

Commandant la division du Piémont, le 11 décembre 1798.

Chef d'état-major de Moreau en Italie, en mai 1799.

Commande une division à Novi, le 15 août 1799.

Commandant la 4e division de la 2e armée de réserve, le 31 juillet 1800.

Commandant la 1ère division du corps du centre à l'armée d'Allemagne, le 12 novembre 1800.

Au corps d'observation du Midi, en juillet 1801.

Inspecteur général de cavalerie, le 23 septembre 1801.

Commandant la cavalerie du camp de Bayonne, le 30 août 1803.

Au camp de Brest, en 1804.

Commandant la 2e division du corps d'occupation de la Hollande, le 6 mars 1804.

Commandant la 2e division du 2e corps de la Grande Armée, le 30 août 1805.

Remplacé pour cause de maladie, le 27 avril 1806.

Commandant la 2e division de dragons à la réserve de cavalerie, le 20 septembre 1806.

Commandant la 2e division de dragons du 2e corps, le 13 décembre 1806.

De nouveau à la réserve de cavalerie, le 12 janvier 1807.

Commandant la cavalerie du corps d'observation des côtes de l'Océan, le 5 novembre 1807.

Commandant la cavalerie de l'armée d'Espagne, entre février et octobre 1808.

Réprime l'insurrection de Madrid, le 2 mai 1808.

Employé à l'armée d'Italie, le 9 novembre 1808.

Commandant la 1ère division de dragons de l'armée d'Italie, le 1er avril 1809.

Colonel général des chasseurs à la place de Marmont, le 31 juillet 1809.

Commandant la division de cavalerie légère du corps d'observation d'Italie, du 20 avril 1811 au 10 janvier 1812.

Commandant le 3e corps de réserve de cavalerie à la Grande Armée, le 28 janvier 1812.

Sert en Russie et commande, lors de la retraite, l'escadron sacré, en novembre 1812.

Autorisé à rentrer en France, le 19 janvier 1813.

Mis en non-activité pour maladie, le 1er avril 1813.

Commandant en chef de la cavalerie de la Grande Armée, le 15 décembre 1813.

Inspecteur général des chasseurs et chevau-légers lanciers, le 19 juillet 1814.

Commandant l'armée du Midi contre le duc d'Angoulême, le 31 mars 1815 ; fait prisonnier le comte d'Angoulême.

Commandant le 7e corps et l'armée des Alpes, du 11 au 26 avril 1815.

Pair de France aux Cent-Jours, le 2 juin 1815.

Commandant la réserve de cavalerie à l'armée de Belgique, le 3 juin 1815.

Commandant de toute l'armée du Nord, le 26 juin 1815.

Proscrit à la Seconde Restauration, le 24 juillet 1815.

S'embarque à Guernesey et se réfugie à Philadelphie.

Amnistié et remis lieutenant-général, le 24 novembre 1819.

Rentre en France, le 20 juin 1820.

Admis à la retraite, le 1er décembre 1824.

Reconnu maréchal de France, le 19 novembre 1831.

Pair de France, le 11 octobre 1832.

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