Né le 30 juin 1755 à Fox-Amphoux en Provence, noble de vieille roche, Paul François de Barras-Clumanc devient à seize ans cadet-gentilhomme, servant en particulier aux Indes.
En 1780, Barras est à bord du navire "La Sartine" qui à son retour de l'île Bourbon s'échoue à l'entrée du port de Marseille (c'est de cet incident - le nom du navire ayant été déformé - que naît la célèbre histoire marseillaise de la sardine bouchant l'entrée du port). Il démissionne en 1783 sans avoir dépassé le grade de capitaine.
Il s'installe alors à Paris où il dissipe rapidement sa fortune et regagne sa Provence natale après la prise de la Bastille, à laquelle il assiste par hasard. Le prestige de son nom lui permet de se faire élire député à la Convention où il ne se signale guère. Il vote cependant la mort du roi et est envoyé comme représentant en mission à l'armée d'Italie. Il prend part au siège de Toulon où il se montre à la fois décidé et courageux. C'est devant cette ville qu'il fait la connaissance de Napoléon Bonaparte dont il favorise dès lors l'ascension.
Rentré à Paris en 1794, soupçonné de prévarication par Robespierre, Barras, se sentant menacé, prend une part prépondérante au 9 thermidor et devient l'un des chefs du parti thermidorien après la chute de l'Incorruptible.
Le 13 vendémiaire an IV (5 octobre 1795), il écrase l'insurrection des sections royalistes avec la collaboration de Napoléon Bonaparte, qu'il s'est adjoint.
Devenu peu après l'un des cinq Directeurs, il dirige en fait le Directoire et organise les coups d'État successifs que nécessite la survie du régime républicain.
Son influence sur le destin du jeune Bonaparte est déterminante. Après lui avoir fait épouser sa maîtresse, Marie-Josèphe-Rose de Tascher de La Pagerie, veuve Beauharnais, Barras confie à son protégé le commandement de l'armée d'Italie. Le Directeur semble d'ailleurs s'ingénier à mettre en place les cadres du régime qui renversera le Directoire puisque c'est lui aussi qui fait de Joseph Fouché et Charles Maurice de Talleyrand-Périgord des ministres.
La gloire conquise en Italie ayant décuplé les ambitions de Bonaparte, Barras le pousse dans l'aventure égyptienne afin de le tenir éloigné de la vie politique. Mais après le retour du général, bien qu'averti des préparatifs du 18 brumaire, le vainqueur de Robespierre et l'artisan du 18 fructidor laisse faire et s'efface avec une bonne grâce apparente devant le Premier Consul. Il lui voue cependant à partir de ce jour une haine qui ne se démentira pas.
Après avoir refusé l'ambassade des États-Unis et le commandement à Saint-Domingue que lui offre un Bonaparte désireux de l'éloigner, il se retire dans son château de Grosbois PHOTO, puis à Bruxelles quand ordre lui est donné de ne pas approcher de Paris à moins de quarante lieues.
En 1805, il obtient l'autorisation de résider en Provence et s'installe aux Aygalades, dans la banlieue marseillaise, mais de nouvelles intrigues en faveur des Bourbons lui valent un nouvel exil, à Rome cette fois (1810).
Il rentre en France après la chute de l'Empire, s'installe à Chaillot dans l'ancien couvent de Sainte-Périne, et reprend son existence somptueuse.
Il y meurt le 29 janvier 1829. Sa tombe PHOTO se trouve à Paris, au cimetière du Père Lachaise, division 28.