Le jeune Napoleon effectue son premier voyage en
France métropolitaine en décembre 1778, pour être admis le 1er janvier
suivant au collège d'Autun, où son père a pu l'inscrire après avoir obtenu
une bourse d'études. En mai 1779 il intègre l'École militaire de Brienne

,
qui prépare des enfants de la noblesse à la carrière des armes. Il y fait
preuve de remarquables dispositions pour les mathématiques.
Il quitte cet établissement en octobre 1784, pour entrer à l'École royale du Champ de Mars

, à Paris, dans la Compagnie des cadets gentilhommes.
L'année 1785 est pour Napoléon endeuillée par le décès de son père Charles-Marie
Bonaparte, vraisemblablement d'un cancer de l'estomac, qui laisse une
veuve avec huit enfants et peu de revenus. A l'automne, Napoleon reçoit
son brevet de Lieutenant en second et est affecté au régiment d'artillerie
de La Fère, en garnison à Valence.
En 1786, un premier congé lui permet de rentrer en Corse, qu'il a quittée depuis près de huit ans. Il ne retourne à Paris que l'année suivante.
Le lieutenant Bonaparte rejoint en juin 1788 son régiment, en garnison à Auxonne, petite ville de Bourgogne. En 1789, année troublée, il est chargé de réprimer des émeutes populaires dans la région, puis regagne la Corse où il participe à l'effervescence politique qui agite l'île. Il fait preuve à cette époque d'un nationalisme insulaire, soutenant l'action de
Pascal Paoli avec qui il a une entrevue en juillet 1790, peu concluante.
De retour à Auxonne, Napoleon Bonaparte y est promu premier lieutenant en juin 1791 et transféré au 4ème régiment d'artillerie, à Valence. A l'occasion d'un nouveau congé, il intègre un bataillon de gardes nationaux d'Ajaccio, avec lequel il participe à des échaufourées qui l'obligent à rentrer à Paris en mai 1792 pour se défendre. Il est réintégré dans l'armée en juillet 1792, avec le grade de capitaine et envoyé à Ajaccio.
Sa rupture avec Paoli, dont les partisans mettent à sac la maison Bonaparte,
l'oblige à fuir l'île avec les siens en juin 1793. Tandis que sa famille
s'installe près de Toulon, lui-même rejoint son régiment à Nice. Après
une mission à Avignon, il se voit confier par la Convention le commandement
de l'artillerie devant
Toulon,
avec le grade de chef de bataillon. Sous les ordres du général
Jacques
Dugommier, Napoleon Bonaparte prend une part décisive à l'expulsion
de la flotte anglaise grâce à ses talents d'artilleur. Il se bat aux côtés
de futurs maréchaux ou généraux d'Empire, comme
Auguste-Frédéric-Louis
Viesse de Marmont,
Jean-Andoche
Junot,
André
Masséna,
Louis-Gabriel
Suchet ou
Claude-Victor
Perrin. Il est récompensé de ses hauts-faits par le grade de général
de brigade.
La chute de Robespierre lui vaut en 1794 une courte captivité et la suspension de ses fonctions alors qu'il commande depuis mars l'artillerie de l'armée d'Italie et qu'il vient d'en rédiger le plan de campagne.
Au printemps 1795, à Marseille, Napoléon se fiance avec
Désirée Clary, fille d'un riche fabricant de soie. C'est l'une des rares occasions où Joseph Bonaparte, lui-même époux de la soeur aînée de Désirée, montre la voie à son cadet. Plus tard, Napoléon Bonaparte refuse sa nomination comme général d'infanterie à l'armée de l'Ouest, intègre pour quelques semaines le bureau topographique du Comité de Salut public, propose de se rendre en Turquie pour y organiser l'armée... avant de voir son nom rayé de la liste des généraux employés.
En octobre 1795,
Paul-François de Barras, général en chef de l'armée de l'Intérieur, lui confie le commandement des forces destinées à réprimer l'insurrection des sections royalistes à Paris ; secondé par
Guillaume Marie-Anne Brune et
Joachim Murat, Napoléon Bonaparte vient à bout le
13 vendémiaire de quelques 25 000 insurgés. Cela lui vaut, outre le surnom de "Général Vendémiaire", le grade de général de division et le commandement en chef de l'armée de l'Intérieur.
Épisodes de la vie de Napoléon