Joseph Fouché (1759-1820)
Duc d'Otrante
D'abord professeur de mathématiques et de physique chez les Oratoriens, Fouché entame sa carrière politique en se faisant élire à la Convention. Siégeant parmi les Montagnards, il est successivement envoyé en mission dans la Loire-inférieure, la Nièvre puis Lyon.
Sa très relative modération lui ayant valu l'hostilité de Robespierre, il participe activement à la chute de « Maximilien Ier », ce qui ne l'empêche pas de combattre les Thermidoriens dans les mois qui suivent.
Après un court séjour en prison, il revient dans le jeu politique à l'occasion de la journée du 13 vendémiaire an IV, pour laquelle il prête son appui à
Barras. D'abord nommé ambassadeur à Milan puis à La Haye, il devient ministre de la police générale en juillet
1799, poste depuis lequel il facilite le coup d'État du 18 brumaire.
Confirmé dans son ministère, il met sur pied une puissante police politique dont
Talleyrand,
Lucien et
Joseph Bonaparte, exaspérés par la surveillance dont ils font l'objet, obtiennent la suppression en septembre
1802.
L'incapacité de ses successeurs à la tête de la police entraîne cependant le rappel de Fouché dès juillet
1804. Il va faire preuve pendant six ans d'une efficacité remarquable.
En juillet
1809, alors qu'il assure l'intérim du ministère de l'Intérieur, il repousse un débarquement anglais en Belgique avec l'aide de la garde nationale.
Napoléon l'en récompense en le nommant duc d'Otrante mais lui enlève l'Intérieur et révoque la garde nationale.
En juillet
1810, Fouché est révoqué pour avoir envoyé un émissaire à Londres sans en avoir avisé l'Empereur. Très surveillé, il n'est plus employé jusqu'au retour de l'île d'Elbe.
Il se voit alors confier à nouveau la Police Générale mais n'en use que pour assurer son propre maintien dans le ministère après le retour, qu'il juge inévitable, de
Louis XVIII.
Cette trahison ne lui permet cependant pas de faire oublier son passé de régicide. C'est à Dresde, où il a été nommé ambassadeur dès septembre
1815, qu'il apprend la promulgation de la loi du 12 janvier 1816 qui le condamne à l'exil.
Il meurt à Trieste en décembre 1820.
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Portrait en médaillon
"Joseph Fouché, Duc d'Otrante", par Claude-Marie Dubufe (Paris 1790 - La Celle-Saint-Cloud 1864) ; oeuvre souvent attribuée, à tort, à son fils Édouard-Louis Dubufe (Paris 1819 - Versailles 1883).
Autres portraits
Agrandir"Joseph Fouché, Duc d'Otrante", par Jean-Baptiste Sambat (Lyon vers 1760 - Paris 1827).
Agrandir"Joseph Fouché, Duc d'Otrante". Ecole française du XIXème siècle.