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Napoléon & Empire

Bataille de Bassano

Date et lieu

Forces en présence

Pertes

Bataille de Bassano  (detail)
« Bataille de Bassano » (détail). Dessiné et gravé par Louis François Couché fils (1782-1849), terminé par Edme Bovinet (1767-1832).
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La bataille de Bassano voit l’armée française mettre en déroute les forces autrichiennes du général alsacien Dagobert Sigmund von Wurmser.

Situation générale

Après sa défaite à Castiglione, Wurmser s’est retiré dans le Tyrol où ses effectifs ont bientôt été recomplétés. Le gouvernement autrichien décide alors de tenter une nouvelle fois de secourir la ville de Mantoue, assiégée par les Français depuis le mois de juin 1796. Dans ce but, Wurmser entreprend de descendre la vallée de la Brenta avec 26 000 hommes pour envahir la plaine du Pô. Il laisse derrière lui Paul von Davidovitch et 20 000 soldats dans le Tyrol. Ceux-ci ont pour mission de prendre les Français à revers si Napoléon Bonaparte s’avance à la rencontre de Wurmser. Mais le général en chef français, bien au contraire, marche sur Davidovitch, le repousse au-delà de l’entrée de la vallée de la Brenta et pénètre dans cette dernière à la poursuite de son homologue autrichien. Celui-ci, au lieu de continuer son chemin en application de son plan d’opération, s’arrête, pour des raisons peu claires, afin d’attendre son ennemi.

Préliminaires

Le 7 septembre, la division Charles Augereau capture à Primolano trois bataillons de Croates, laissés là pour assurer la liaison avec les forces de Davidovitch. Malgré une résistance opiniâtre d’abord dans le village, puis à l’abri d’un fortin à Covolo [Covolo del Butistone], ces 1 000 à 1 500 hommes sont contraints de mettre bas les armes. Le soir, les Français bivouaquent à Cismone [Cismon del Grappa]. Bonaparte est parmi eux. Entre temps, la division André Masséna, arrivant de Trente, a rejoint le reste de l’armée.

Positions et effectifs

Wurmser installe son quartier général à Bassano del Grappa. La ville se situe non loin de la sortie des gorges de la Brenta, sur la rive gauche de la rivière. Un pont y permet de traverser le cours d’eau. Le général en chef autrichien positionne ses troupes, constituées des divisions Peter Vitus von Quasdanovitch et Karl Philipp Sebottendorf, des deux côtés du fleuve, un peu en amont. Six bataillons s’installent sept kilomètres plus loin en guise de premier rideau défensif. Trois d'entre eux se tiennent à Campo Lungo [Campolongo sul Brenta] sous les ordres du colonel Rovertera du côté ouest de la vallée. Les trois autres, commandés par Adam Bajalics von Bajaháza (Bayalitsch), protègent le côté est à hauteur de Sologna. Tous ensemble, ils barrent le défilé toujours très resserré à cet endroit. L’avant-garde autrichienne, sous Johann Mészáros von Szoboszló, est trop loin pour intervenir. Elle se trouve alors bien au-delà de Vicence [Vicenza]. Rappelée de toute urgence le 7 septembre, elle ne sera encore, le 8, qu’à Montebello Vicentino. Wurmser ne dispose donc que de 16 000 hommes environ susceptibles de prendre part au combat qui s’annonce. Son choix de livrer bataille dans ces conditions paraît incompréhensible.

Dans la nuit, Wurmser ordonne à son artillerie et à ses équipages de pont de quitter la ligne de front pour aller s’établir au croisement des routes de Citadella et de Castelfranco. La Brenta y est guéable, ce qui leur ouvre le chemin de Vicence et de Mantoue de façon tout aussi sûre que le pont de Bassano.

Bonaparte dispose pour sa part de 20 000 hommes environ, appartenant aux divisions Augereau et Masséna. Ils remontent les gorges le plus vite qu’ils le peuvent.

Combat

Bassano del Grappa

Bassano del Grappa

Les circonstances exactes du combat restent très confuses. Les sources manquent de clarté et, de surcroît, divergent. Il est donc difficile de se faire une idée précise de l’enchaînement des événements. L’impression générale est celle d’un assaut furieux des troupes françaises qui emporte tout sur son passage.

Le 8 septembre 1796, l’armée française se met en marche dès deux heures du matin afin de surprendre les Autrichiens par la soudaineté de son irruption (80 kilomètres parcourus en deux jours à peine). À sept heures, les Français arrivent au contact de l’arrière-garde ennemie. Augereau se jette sur la rive gauche de la Brenta, à l’exception d’une de ses demi-brigades qui précède la division Masséna sur la rive droite. Confiants dans la force de leur position, les Autrichiens tentent de résister. Ils sont cependant délogés. La cavalerie de Joachim Murat assure la poursuite. Une bonne partie de l’unité de Rovertera est prise, y compris son colonel. Les troupes de Bajalics se retirent plus promptement ce qui n’empêche pas leur chef de tomber lui aussi aux mains des Français.

Les fuyards refluent, les uns vers Quasdanovitch et Sebottendorf, les autres vers Bassano. Ils sèment partout la panique. Derrière eux arrivent les Français. Les Autrichiens cèdent sans opposer leur résistance habituelle et se réfugient dans Bassano, l’ennemi sur les talons. Augereau entre dans la ville par l’est. Masséna s’empare des canons qui défendent le pont, le traverse et s’engouffre dans la cité par l’ouest, culbutant les grenadiers adverses qui tentent de protéger le quartier général. Un incident porte à son comble la confusion des Autrichiens. Au lieu de se retirer vers Citadella comme ils en ont reçu l’ordre, leurs équipages de pont et leur artillerie, par suite d’un malentendu, viennent au contraire encombrer les issues de la ville.

Les troupes de Quasdanovitch et Sebottendorf paraissent cependant avoir réussi à se rejoindre au sud de la cité. Mais la division Masséna les rattrape et les désorganise à nouveau. La retraite autrichienne se mue en débandade. Wurmser, après son repli à Citadella, s’efforce de rétablir un semblant d’ordre puis s’engage sur la route de Fontaniva où il franchit la Brenta. Une partie des bagages de son armée parvient à le rallier, une autre réussit à s’enfuir vers Castelfranco, mais le plus gros se fait prendre par la cavalerie française. La division Quasdanovitch, de son côté, coupée du corps principal et débordée sur son flanc ouest, doit se résoudre à fuir vers le Frioul.

Bilan

La journée n’est pas très sanglante. Les Autrichiens ne déplorent que 600 morts ou blessés, les Français 400 au plus. En revanche, l’armée républicaine s’empare de 3 000 prisonniers et de grandes quantités de matériel : 35 canons avec leurs caissons, deux équipages de pont, cinq drapeaux et deux cents fourgons.

Conséquences

L’armée de Wurmser est totalement désorganisée, ses communications sont coupées avec le Tyrol et elle ne compte plus que 14 000 hommes. Le général autrichien décide cependant de continuer à avancer pour porter la guerre aux environs de Mantoue, après avoir rallié les troupes de Mészáros. Bonaparte, pour sa part, souhaite désormais forcer Wurmser à se rendre ou, à défaut, à se jeter dans Mantoue. Ce qu’il reste de forces au général autrichien ne pourra alors plus guère inquiéter les Français. Les deux armées entament aussitôt une course poursuite qui se terminera le 15 septembre quand Wurmser s’enfermera définitivement dans la place.

Jean Lannes fit preuve d’un tel courage durant ces combats que Napoléon Bonaparte demanda à ce qu’il soit promu général de brigade.

Dans ses Mémoires, Napoléon rapporte qu’au bivouac de Cismone, la veille de la bataille, épuisé et affamé, il dut sa nourriture à la bienveillance d’un soldat qui lui offrit une part de sa ration. Ce généreux donateur le lui rappela en 1805 au camp de Boulogne. L’histoire ne dit pas comment l’Empereur s’acquitta de cette dette.

Panoramique aérien du champ de bataille de Bassano

Crédit photos

 Photos par Lionel A. Bouchon.
 Photos par Marie-Albe Grau.
 Photos par Floriane Grau.
 Photos par Michèle Grau-Ghelardi.
 Photos par Didier Grau.
 Photos par des personnes extérieures à l'association Napoléon & Empire.
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