Napoleon & Empire

Bataille de Brienne

Date et lieu

  • 29 janvier 1814 à Brienne-le-Château, commune française du département de l'Aube (dans l'actuelle région Champagne-Ardenne).

Forces en présence

Pertes

  • Armée française : 3 à 4 000 hommes tués, disparus ou blessés 
  • Armée alliée : 4 000 hommes tués, disparus ou blessés 
Bataille de Brienne (detail)
"Bataille de Brienne, le 29 janvier 1814" (détail). Peint par Théodore Yung.
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Après avoir fait sa jonction avec le généralissime Karl Philipp Fürst zu Schwarzenberg dans les vallées de la Seine et de l'Aube PHOTO, Blücher, poussé par sa fougue habituelle, entame aussitôt sa marche vers Paris. Depuis Brienne PHOTO, il lance sa tête de colonne au-delà de l'Aube PHOTO par le pont PHOTO de Lesmont PHOTO en direction d'Arcis-sur-Aube PHOTO au nord-ouest, et s'apprête à la suivre, sans craindre le risque d'être à nouveau séparé des forces autrichiennes.

Napoléon décide d'en profiter. Il se précipite sur Brienne. Attaqué en tête par les troupes d'Adolphe Mortier qui l'attendent à Troyes PHOTO, en queue par l'Empereur en personne, coupé du reste des Alliés, Blücher est perdu.

Mais le sort s'en mêle. Un officier d'ordonnance français se laisse prendre avec des dépêches qui révèlent à Blücher le danger qu'il court. Sans perdre un instant, il rappelle sa tête de colonne et se concentre autour de Brienne.

Les corps français, gênés par la nature du terrain, échouent à déboucher simultanément sur le champ du combat. Leurs efforts successifs, mal coordonnés, parviennent à repousser l'ennemi dans Brienne mais, à la tombée de la nuit, la ville est toujours tenue par les Alliés tandis que les Français semblent arrêtés dans la plaine PHOTO PHOTO.

Brienne : le château
Le château de Brienne

Dans le château qui domine la ville, Blücher et son état-major en sont déjà à boire au succès de leur résistance quand Napoléon ordonne de renouveler l'attaque. Le vieux maréchal manque être pris mais s'échappe et revient avec des renforts. Un combat de nuit PHOTO s'engage. La ville est plusieurs fois prise et reprise tandis que le château, occupé par un bataillon français, résiste victorieusement à des assauts répétés. Le combat est, selon des témoins, l'un des plus furieux de la campagne. Plusieurs généraux sont tués ou gravement blessés. Alexandre Berthier est atteint à la tête par un bois de lance. Napoléon lui-même s'expose. Vers la fin du combat, Gaspard Gourgaud, son aide de camp, lui sauve la vie en abattant d'un coup de pistolet un cosaque sur le point de transpercer l'Empereur de sa lance (Gourgaud avait déjà rendu ce précieux service à Napoléon en 1812, à Moscou).

Quand le combat cesse enfin, chacun reste l'arme prête jusqu'au petit matin. Ce n'est qu'alors que les Français constatent la retraite de l'ennemi.

Leur succès, cependant, est loin d'avoir l'ampleur espérée. Le corps prussien n'est ni détruit ni coupé du reste de l'armée alliée. Au contraire, repoussé sur la route de Bar-sur-Aube PHOTO, au sud-est, il marche à sa rencontre. En outre, les pertes des deux armées ayant été similaires, l'infériorité numérique des Français reste toujours aussi écrasante.

*  *  *

Témoignages

Au point du jour, on reprend le chemin de Brienne ; et le 29, dès huit heures du matin, la cavalerie du général Milhaud rencontre l'ennemi dans les bois de Maizières. On délogeait les hussards prussiens de ce village, lorsque le curé s'en échappe et vient se jeter à la botte de Napoléon, qui retrouve en lui un de ses anciens maîtres de quartier du collège de Brienne. Napoléon le prend aussitôt pour guide ; Roustan le mameluck met pied à terre, et cède son cheval au curé.
A mesure qu'on approche de Brienne, le combat s'engage plus vivement.

Le maréchal Blücher, averti de notre marche, avait réuni ses forces ; quelque diligence que nous eussions faite, il était déjà en communication avec les Autrichiens par Bar-sur-Aube. Il voulait tenir dans la position de Brienne jusqu'à leur arrivée ; et, dans tous les cas, il avait fait ses dispositions pour se ménager une retraite vers eux s'il y était forcé. Il occupait fortement la colline sur laquelle la ville de Brienne est bâtie ; ses troupes d'élite étaient rangées sur les belles terrasses du château qui dominent la ville ; les Russes commandés par le général Alsufief étaient chargés de défendre les rues basses de Brienne.

C'est sur les terrasses du parc que notre attaque la plus vigoureuse se dirige ; le général Château, chef d'état-major, et gendre du duc de Bellune, conduit les troupes. Il enlève la position si vivement que le feld-maréchal Blücher et son état major ont à peine le temps d'en sortir. Sur ces entrefaites, le contre-amiral Baste forçait l'entrée de la ville basse, au pied de la montée du château ; il y reçoit la mort ; ses troupes n'en soutiennent pas moins vigoureusement le combat. En montant la rue du Château, nos tirailleurs se trouvent tête à tête avec un groupe d'officiers prussiens qui descendaient en toute hâte dans la ville ; on fait main-basse sur plusieurs : dans le nombre des prisonniers se trouve le jeune d'Hardemberg, neveu du chancelier de Prusse ; et l'on apprend par lui qu'il vient d'être pris au milieu de l'état-major général prussien, à côté du maréchal Blücher lui-même. Notre vieil ennemi l'a échappé belle ! Ce n'est pas la dernière faveur de ce genre que la fortune lui réserve dans cette campagne.

Le gros de l'armée ennemie sort enfin de Brienne pour se porter sur la route de Bar-sur-Aube, à la rencontre des Autrichiens ; mais l'arrière-garde prussienne, qui reste maîtresse d'une partie de la ville, s'obstine à reprendre le château. Nos troupes s'y défendent avec la même obstination, et la nuit qui survient ne peut mettre fin au combat.

Tandis que cette position nous était ainsi disputée, l'armée française établissait ses bivouacs dans la plaine qui est entre Brienne et les bois de Maizières. Nos convois d'artillerie filaient dans la grande avenue, pour aller prendre les positions qui leur étaient assignées ; et Napoléon, après avoir donné ses derniers ordres, retournait par cette même avenue à son quartier général de Maizières ; il précédait ses aides-de-camp de quelques pas, écoutant le colonel Gourgaud, qui lui rendait compte d'une manœuvre ; les généraux de sa maison suivaient, enveloppés dans leurs manteaux. Le temps était très noir, et, dans la confusion de ce campement de nuit, on ne pouvait guère se reconnaître que de loin en loin, à la lueur de quelques feux. Dans ce moment, une bande de Cosaques, attirée par l'appât du butin et le bruit de nos caissons, se glisse à travers les ombres du camp, et parvient jusqu'à la route. Le général Dejean se sent pressé brusquement, il se retourne, et crie aux Cosaques ! En même temps, il veut plonger son sabre dans la gorge de l'ennemi qu'il croit tenir ; mais celui-ci échappe, et s'élance sur le cavalier en redingote grise qui marche en tête. Corbineau se jette à la traverse ; Gourgaud a fait le même mouvement, et, d'un coup de pistolet à bout portant, il abat le Cosaque aux pieds de Napoléon. L'escorte accourt, on se presse, on sabre quelques Cosaques ; mais le reste de la bande, se voyant reconnu, saute les fossés et disparaît.

Agathon-Jean-François Fain
Manuscrit de 1814, trouvé dans les voitures impériales prises à Waterloo, contenant l'histoire des six derniers mois du règne de Napoléon.


Panoramique aérien du champ de bataille de Brienne

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