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Napoléon & Empire

Joseph Philipp Vukasović (1755-1809)

Baron

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Blason de Joseph Philipp Vukasović (1755-1809)

Joseph Philipp Vukasović voit le jour en 1755, peut-être le 8 juillet. Les sources divergent sur son lieu de naissance. Certaines indiquent Senj, d’autre Sveti Petar [aujourd’hui Bruvno]. L’encyclopédie croate mentionne pour sa part Ličko Petrovo Selo, un petit village de Croatie centrale, dans la région de Lika. Quoi qu’il en soit, il est le fils d’un officier d’infanterie et sa mère est elle-même issue d’une famille de soldats.

Après avoir suivi une formation d’ingénieur militaire, il entre dans le même régiment que son père en 1775. Cinq ans plus tard, il est promu lieutenant. On le retrouve capitaine, sans connaître la date exacte de sa nomination, à l’ouverture de la guerre contre les Turcs (1787-1791). Il se bat au Monténégro et en Herzégovine et montre à cette occasion des qualités suffisantes pour recevoir, le 15 novembre 1788, la croix de chevalier de l’ordre de Marie-Thérèse, la plus haute distinction militaire autrichienne de ce temps.

Vukasović est nommé baron en 1788 puis lève un corps franc au sein duquel il sert comme major puis lieutenant-colonel.

Colonel en 1794, il combat en Italie où il prend part à la bataille de Loano (23-24 novembre 1795) puis l’année suivante à celles de Montenotte (12 avril 1796) et de Dego. Au cours de celle-ci, par suite d’un ordre mal rédigé, il se présente le lendemain de la prise du village par les Français. Il parvient à les en chasser mais doit se retirer à son tour lorsque le gros de l’armée française l’attaque.

Peu après, le 2 mai 1796, Vukasović est promu Generalmajor (général de brigade). Huit jours plus tard, il commande l’arrière-garde autrichienne qui tente sans succès d’empêcher les Français de franchir le pont de Lodi. Sa brigade est engagée également à Borghetto. Après la défaite, elle se réfugie à Mantoue [Mantova] d’où elle sort pour renforcer l’armée de secours lors de la bataille de Castiglione.

Vukasović prend part ensuite aux trois dernières tentatives autrichiennes de débloquer Mantoue. Durant la première, il fait partie du corps de Paul Davidovitch qui descend par la vallée de l’Adige . André Masséna et Claude-Henri Belgrand de Vaubois le refoulent jusqu’à Neumarkt, ce qui va permettre à Napoléon Bonaparte de remporter quelques jours plus tard la bataille de Bassano. Lors de la suivante, à nouveau placé sous les ordres de Davidovitch, il est une fois encore repoussé dans le Tyrol après quelques succès initiaux. Enfin, durant la dernière, il assiste quasiment en spectateur à la bataille de Rivoli, par la faute de son général en chef, Josef Alvinczy von Borberek. L’envoi de la colonne de Vukasović sur la rive gauche de l’Adige, l’empêche en effet d’intervenir efficacement dans les combats.

À la reprise des hostilités entre la France et l’Autriche, à l’occasion de la deuxième coalition, Vukasović est à nouveau employé en Italie. Le 28 avril 1799, à Verderio, il force le général Jean-Mathieu Philibert Sérurier et 3 000 de ses hommes à déposer les armes. Dans les mois qui suivent, de nombreuses villes du nord-ouest de l’Italie lui ouvrent leurs portes.

En octobre 1799, Vukasović est promu Feldmarschall-Leutnant (général de division). Durant la seconde campagne d’Italie, il est chassé de Milan [Milano] par l’arrivée des Français et se retire à Brescia et Crémone [Cremona], ce qui l’empêche de participer à la bataille de Marengo.

Vukasović opère à nouveau en Italie au cours de la troisième coalition, dans l’armée de l’archiduc Charles d’Autriche. Celui-ci le destitue après la bataille de Vérone [Verona] le 18 octobre 1805, sous prétexte d’une disposition fautive de ses troupes. En 1809, cependant, le même général en chef charge Vukasović du commandement de la 3e division légère de son armée. Ce dernier justifie cette confiance lors de la bataille d’Eckmülh et des opérations qui la précédent. Absent à Essling, il combat à Wagram et y reçoit une grave blessure le second jour de la bataille (6 juillet 1809). Il en meurt le 9 août suivant à Vienne [Wien].

En tant qu’ingénieur militaire, Vukasović a participé activement à l’implantation de nombreuses routes sur le littoral croate : route Senj - Sveti Juraj (1783-1784), Senj - Novi Vinodolski (1785), Gospić - Karlobag (1786), route de Lujzinska (1803-09, dont il a supervisé la construction de Rijeka à Netretić). La dernière fut achevée durant la période de rattachement de l’Illyrie à l’empire Français. Cette activité lui vaut la réputation de « plus grand constructeur de routes de l’histoire croate ».

Le nom de Vukasović se rencontre sous des formes variés dans les écrits qui le mentionnent : Vukassovich, von Vukassovich, Wukassovich, Wukassovitch.

Portrait en médaillon

Joseph Philipp Vukasović. Portrait anonyme.
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