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Napoléon & Empire

Josef Alvinczy von Borberek

Baron

Blason de Josef Alvinczy von Borberek (1735-1810)

Josef Alvinczy von Borberek naît le 1er février 1735 à Alvincz en Transylvanie [aujourd'hui en Roumanie] dans une famille hongroise de vieille noblesse.

Il rejoint l'armée dès l'âge de quinze ans, comme aspirant dans un régiment de hussards où il monte rapidement les échelons. Capitaine au début de la guerre de Sept Ans, il se distingue à la bataille de Torgau (3 novembre 1760), à la prise de Schweidnitz (1er octobre 1761) et lors du combat de Teplitz (2 août 1762). Une promotion au grade de major en second (équivalent à celui de commandant) vient récompenser ces faits d'armes en 1763.

Une fois la guerre finie et les blessures reçues à Torgau et Teplitz définitivement guéries, il participe à la mise en oeuvre des réformes du feld maréchal Franz Moritz von Lacy (nouveau code de droit militaire, nouveau système de recrutement, amélioration des procédures d'approvisionnement).

Lieutenant-colonel en 1771, colonel en 1773, il prend le commandement d'un régiment d'infanterie en 1774. Il participe à sa tête à la courte guerre de succession de Bavière (juillet 1778 - mai 1779), au cours de laquelle il s'empare de la ville de Habelschwerdt (aujourd'hui Bystrzyca Kłodzka en Pologne) et du général prussien et prince Adolphe de Hesse-Philippsthal-Barchfeld. Ces nouveaux exploits lui valent le grade de general-major (30 janvier 1779) et l'ordre militaire de Marie-Thérèse, plus haute distinction pouvant récompenser un soldat autrichien.

Alvinczy s'illustre à nouveau, sous les ordres d'Ernst Gideon von Laudon, lors de la guerre russo-turque de 1787-1793, laquelle oppose l'Empire russe et l'Autriche à l'Empire ottoman. En mai 1789, il est promu "Feldmarschallleutnant". Après un échec dans la prise de Belgrade (8 octobre 1789) - d'ailleurs imputable au mauvais temps - il est envoyé d'urgence en Belgique pour y combattre l'insurrection anti-autrichienne qui vient d'y éclater. Une chute de cheval l'oblige rapidement à quitter ce théâtre d'opérations.

Lorsqu'éclate la guerre de la première coalition, il reçoit le commandement d'une division. Il sert en 1792 sous les ordres de Karl Joseph Clerfayt de Croix. L'année suivante, c'est Alvinczy qui prend la ville de Neerwinden lors de la bataille du même nom (18 mars 1793). La Croix de Commandeur de l'ordre militaire de Marie-Thérèse vient couronner ce succès.

Durant les premiers mois de 1794, il commande la réserve de l'armée principale autrichienne. Le 26 avril, il l'emporte à Maroilles-Prisches sur une armée française venue au secours de la ville de Landrecies, assiégée par les alliés. Ce nouveau succès entraîne deux mois plus tard sa promotion au grade de Feldzeugmeister, le rang le plus élevé sous celui de Feldmarshall.

Entretemps, il est nommé "Adlatus" (conseiller) du prince Guillaume Frédéric d'Orange (Willem Frederik van Oranje-Nassau), commandant le corps d'armée austro-néerlandais opérant sur la Sambre. Ensemble, ils l'emportent sur les Français à Charleroi-Gosselies (3 juin 1794) et Lambusart (16 juin). Cette fois, il reçoit la Grand-Croix de Marie-Thérèse.

En 1795, il prend le commandement de l'Armée du Rhin supérieur, située entre le lac de Constance et le Neckar. Toutefois, Vienne le rappelle avant que la campagne ne commence pour l'installer au Conseil de guerre de la Cour (Hofkriegsrat), qui fait office de ministère de la Guerre.

Lorsque les défaites de Johann von Beaulieu puis de Dagobert Sigismund von Wurmser en Italie imposent un nouveau changement de général en chef, Alvinczy reçoit la charge de diriger la nouvelle offensive destinée à secourir Mantoue [Mantova]. Sa première attaque, en novembre 1796, se brise sur Arcole. La seconde, en janvier 1797, échoue à Rivoli [Rivoli Veronese] puis à la Favorite [La Favorita]. Il doit battre en retraite.

Alvinczy est relevé de son commandement en mars suivant mais son gouvernement, peu rancunier, le nomme trois mois plus tard commandant général en Hongrie, l'une des plus hautes charges militaires autrichiennes, puis l'élève le 7 septembre 1808 au grade de Feld Maréchal. Alvinczy remplit ces fonctions jusqu'à sa mort causée par un accident vasculaire cérébral, le 25 novembre 1810, à Buda (ou Ofen, dans la terminologie allemande de l'époque).

Selon ses dernières volontés, Alvinczy est enterré dans un cimetière militaire, parmi ses hommes, à Budapest.

"Josef Alvinczy von Borberek". Dessin de H. Rousseau. Gravure de E. Mons. Album du centenaire.

"Josef Alvinczy von Borberek". Dessin de H. Rousseau. Gravure de E. Mons. Album du centenaire.