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Napoléon & Empire

Napoléon, ses blessures

Napoléon a toujours essayé de tenir secret ses malaises et ses blessures pour éviter que la confusion et le désordre ne s'installent.

Napoléon blessé à Ratisbonne, par P. Gautherot
Napoléon blessé à Ratisbonne, par P. Gautherot
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Il avait été très souvent exposé dans ses batailles ; mais on le taisait avec le plus grand soin. Il avait recommandé, une fois pour toutes, le silence absolu sur toutes les circonstances de cette nature.1 Pourtant, le Docteur François Antommarchi fournit un détail très précis des blessures de l'Empereur dans son rapport d'autopsie :Le corps présentait (...) plusieurs cicatrices, à savoir : une à la tête, trois à la jambe gauche, dont une sur la malléole externe, une cinquième à l'extrémité du doigt annulaire ; enfin, il en avait un assez grand nombre sur la cuisse gauche.2

Relevé des blessures de Napoléon

Suite à un accident de calèche dans la jeunesse, il perd connaissance.

16 décembre 1793 : Au siège de Toulon, Bonaparte décide de mener l'assaut. Son cheval est tué et le jeune officier français décide de continuer à pied. Il est blessé grièvement à la cuisse par un coup d'esponton donné par un Anglais. Le rapport d'autopsie mentionne une dépression profonde et pouvant admettre le poing dans la cuisse gauche, un peu au-dessus du genou3. Napoléon a affirmé à Las Cases qu'il a pensé perdre sa jambe. Le chirurgien Hernandez voulait l'amputer, mais sa cuisse a finalement guéri grâce aux bons soins de Jean-Mathieu Chargé4.

Selon Boigey, il aurait été blessé à l'arme blanche à la cuisse et aurait été soigné par Hernandez, chirurgien de la marine et plus tard professeur dans les écoles de médecine navale de Toulon et de Rochefort5.

Décembre 1795 ou janvier 1796 : Avant de passer sa première nuit d'amour avec la veuve du général Beauharnais, alors qu'il se précipite pour la rejoindre, il est mordu plusieurs fois par un chien du voisinage au mollet6.

11 juillet 1798 : Bonaparte est blessé à Damanhour en Egypte. Dominique Larrey signale que le général en chef reçut un coup de pied d'un cheval arabe, qui lui fit à la jambe droite une contusion assez forte pour qu'on dût craindre des accidents consécutifs : je fus assez heureux pour les prévenir et le conduire en très peu de temps à la guérison, malgré sa marche pénible et son activité naturelle qui l'éloignait du repos7.

A Marengo (1800), il manque de se noyer dans la vase8.

22 juin 1803 : En tuant un sanglier, Bonaparte se blesse au cours d'une chasse. Il aurait écrit le lendemain à Joséphine pour lui raconter l'accident9. Dans son exil à Sainte-Hélène, il le raconte à son premier confident et fait état d'une forte contusion au doigt10. Au cours de l'autopsie, Antommarchi rapporte une cicatrice, dans son rapport, à l'extrémité du doigt annulaire11.

Septembre 1808 : Au cours d'un jeu avec l'Impératrice et des proches, Napoléon fait une chute en courant12. Il tombe de cheval également à plusieurs reprises et ses chutes le condamnent à plusieurs jours de repos (Toulon, campagne d'Italie, Saint-Jean-d'Acre, Boulogne et Arcis-sur-Aube).

23 avril 1809 : Au siège de Ratisbonne, Napoléon est blessé. C'est sa seconde blessure de guerre. Constant relate l'épisode : Le coup avait été frappé si fort que l'Empereur était assis ; il venait de recevoir la balle qui l'avait frappé au talon. (...) Un aide de camp vint me chercher, et lorsque j'arrivai, je trouvai M. Yvan occupé à couper la botte de Sa Majesté, dont je l'aidai à panser la blessure. Quoique la douleur fût encore très vive, l'Empereur ne voulut même pas donner le temps qu'on lui remit sa botte, et pour donner le change à l'ennemi, et rassurer l'armée sur son état, il monta à cheval, partit au galop avec tout son état-major13...  Dans ses Mémoires, Constant14 raconte une deuxième fois l'événement et dit qu'il n'est arrivé qu'au moment où Alexandre-Urbain Yvan faisait le pansement, ce qui semble plus vraisemblable. Aubry15 affirme qu'un biscaïen l'aurait touché au talon droit. La contusion aurait touché un nerf et le pied aurait gonflé davantage dans sa botte qu'il n'avait pas ôtée depuis trois jours. Selon lui, Yvan l'aurait également pansé. Dans son Mémorial, Las Cases16 rapporte les propos de l'Empereur qui lui a dit qu'une balle lui avait frappé le talon. Le biscaïen est exposé au musée de l'Armée à Paris.

pLa controverse porte sur le chirurgien qui aurait soigné Napoléon. Il a été dit que c'était Dominique Larrey, Nicolas Heurteloup ou même René Nicolas Dufriche-Desgenettes. Mais les témoignages sont unanimes. De même, l'organisation du service de santé personnel de l'Empereur ne laisse aucun doute quant au chirurgien qui s'est occupé de lui. Il s'agit du baron Alexandre-Urbain Yvan. D'ailleurs, Pierre Gautherot l'a immortalisé sur sa toile en 1810 au pied de Napoléon. Yvan a toujours été aux côtés de Napoléon à partir de la campagne d'Italie. Devenu chirurgien en chef des Invalides en 1804, Yvan a pu assister à la toilette de l'Empereur. Omniprésent, il lui est même arrivé de dormir aux Tuileries afin que ce dernier puisse le solliciter à n'importe quel moment de la journée17.

Pourtant, concernant ce détail, personne n'a jamais posé une question qui semble fondamentale : Et si Yvan n'avait pas été finalement celui qui avait effectué les premiers soins ? Constant, dans ses Mémoires18, mentionne qu'il n'est arrivé qu'une fois Yvan en action, et pas avant, ce qui me semble plus proche de la réalité et concorde mieux les autres témoignages.

En vérité, Charles Regnault, chirurgien également sur place, aurait été le premier à appliquer un pansement aussitôt la blessure survenue avant qu'Yvan n'intervienne19.

Quant à cette blessure, les témoignages sont aussi unanimes sur sa gravité qui s'est résumée à une simple contusion sous-malléolaire externe droite20. Antommarchi signale dans son rapport d'autopsie une sur la malléole externe (gauche), ...

6 juillet 1809 : A Essling ou à Wagram, il aurait reçu une balle qui lui aurait déchiré la botte, le bas et la peau de la jambe gauche21.

15 septembre 1812 : Dans l'incendie de Moscou, ses cheveux sont brûlés22.

Remerciements

Cet article, à l'exception des intertitres, a été rédigé par M. Xavier Riaud, Docteur en Chirurgie Dentaire, Docteur en Epistémologie, Histoire des Sciences et des Techniques, Lauréat et membre associé national de l'Académie nationale de chirurgie dentaire, Chevalier dans l'Ordre National du Mérite, Chevalier dans l'ordre des Palmes Académiques, médaillé d'honneur de la Société napoléonienne internationale, et mis en ligne avec son aimable autorisation.

Références bibliographiques pour cette notice

  1. Agence photo Réunion des Musées nationaux, communication personnelle, Paris, 2010.
  2. ANTOMMARCHI F., Mémoires du Docteur F. Antommarchi ou les derniers momens de Napoléon, Librairie Barrois L'Aîné, Paris, 1825.
  3. AUBRY Octave, La vie privée de Napoléon, Bibliothèque napoléonienne, Tallandier (éd.), Paris, 1977.
  4. BOIGEY Maurice, Les maux de Napoléon, in Chronologie - Sainte-Hélène : la maladie de l'Empereur, http://www.napoleonprisonnier.com, tiré de son article paru dans l'Almanach Napoléon, 1930, pp. 1-2.
  5. CASTELOT André, Bonaparte, Librairie Académique Perrin, Paris, 1967.
  6. CASTELOT André, Napoléon, Librairie Académique Perrin, Paris, 1968.
  7. CONSTANT, Mémoires intimes de Napoléon Ier, Mercure de France (éd.), Paris, 2000.
  8. DRIOUT Pierre, Charles Regnault (1765-1832), in http://pierre.driout.perso.sfr.fr, sans date, pp. 1-7.
  9. GALLO Max, Napoléon, Magellan (éd.), 8 vol., Paris, 1998.
  10. GOLDCHER Alain, Les blessures de Napoléon, in Revue du Souvenir napoléonien, http://www.napoleon.org, juin-juillet 2004 ; 453 : 3-7.
  11. LARREY Dominique Jean, Mémoires de chirurgie militaire et campagnes, Smith (éd.), 4 vol., Paris, 1812-1817, 4 vol.
  12. LAS CASES Emmanuel de, Mémorial de Sainte-Hélène, Le Grand Livre du Mois (éd.), Tome IV, Paris, 1999, (réédition de la première version de 1823).
  13. MARCHIONI J., Place à Monsieur Larrey, chirurgien de la Garde impériale, Actes Sud (éd.), Arles, 2003.

Notes

  1. 01. LAS CASES, 1999
  2. 02. ANTOMMARCHI, 1825
  3. 03. ANTOMMARCHI, 1825
  4. 04. LAS CASES, 1999 ; GOLDCHER, 2004
  5. 05. BOIGEY, 1930
  6. 06. GOLDCHER, 2004
  7. 07. LARREY, 1812-1817 ; MARCHIONI, 2003
  8. 08. GOLDCHER, 2004
  9. 09. GOLDCHER, 2004
  10. 10. LAS CASES, 1999
  11. 11. ANTOMMARCHI, 1825
  12. 12. CONSTANT, 2000
  13. 13. CONSTANT, 2000
  14. 14. CONSTANT, 2000
  15. 15. AUBRY (1977
  16. 16. LAS CASES, 1999
  17. 17. GOLDCHER, 2004
  18. 18. CONSTANT, 2000
  19. 19. DRIOUT, 2000
  20. 20. GOLDCHER, 2001
  21. 21. LAS CASES, 1999
  22. 22. CONSTANT, 2000
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