4
janvier 1802 – On peut lire dans un rapport de la préfecture
de police : « On débite sourdement aujourd'hui
que, le Premier Consul ayant fait demander au ministre du Trésor
quatre millions pour le voyage de Lyon, celui-ci a répondu qu'il
ne lui était pas possible de les donner ; qu'au surplus 1
600 000 francs avaient suffi à Louis XIV pour un pareil voyage ;
que, sentant bientôt l'inconvenance de son procédé,
il a envoyé sa démission au gouvernement, qui l'a refusée ».
Mariage de Louis
Bonaparte et Hortense de Beauharnais. – 8
janvier 1802 – Départ de Napoleon
Bonaparte pour Lyon, où il doit présider la Consulte
de la République italienne
.
– 25
janvier 1802 – Élection de Napoleon
Bonaparte à la présidence de la République italienne
(Repubblica Italiana). – 31
janvier 1802 – Retour à Paris.
6
février 1802 – Le général Charles
Victor Emmanuel Leclerc débarque à Saint-Domingue avec ordre
de réprimer la révolte de Toussaint Louverture. –
20
février 1802 – Suite des rapports de la préfecture
de police : « La ville est aujourd'hui pleine de
masques ; c'est particulièrement dans la rue Saint-Honoré
et dans celles adjacentes qu'ils se portent en foule. On se livre cette
année à ce genre de divertissement avec une sorte de frénésie ».
– 24
février 1802 – « La journée
d'aujourd'hui ressemble à un jour de fête ; on s'occupe
généralement de plaisirs ». –
25
février 1802 – « Au milieu des
plaisirs les plus bruyants, la tranquillité n'a pas cessé
de régner hier dans Paris et dans les faubourgs ».
– 28
février 1802 – « Les mascarades
ont continué de parcourir les rues, les places, les quais et les
ponts, jusqu'après la chute du jour... Les plaisirs n'ont pas été
moins bruyants dans les faubourgs qu'au sein de la ville. La classe ouvrière
s'y livre entièrement. ».
1er
mars 1802 – « La journée s'est
passée comme les précédentes en plaisir, en fêtes et en bals...,
il est impossible de peindre jusqu'à quel point on a poussé cette
année la folie des mascarades et des déguisements ».
– 8
mars 1802 – La Direction générale de l'Instruction
publique remplace le Service des sciences et des arts. –
17
mars 1802 – Onze archevêques et évêques sont
rayés de la liste des émigrés par ordre du Premier Consul. – 18
mars 1802 – Deux cent quarante membres du Corps
législatif et quatre-vingts membres du Tribunat sont privés par
sénatus-consulte du droit de se présenter aux élections ;
on y trouve les principaux chefs de l'opposition : Pierre
Daunou, Maximin Isnard, Benjamin
Constant. – 19
mars 1802 – Napoleon
Bonaparte visite la Bibliothèque nationale, installée au Louvre ;
« Il s'est particulièrement attaché, écrit la
Gazette de France, à examiner les médailles, parmi lesquelles
celles d'Alexandre et de César ont paru fixer plus particulièrement
son attention. Il a aussi examiné avec intérêt les armes d'Henri
IV, dont il a manié l'épée, qu'il a même mesurée ».
– 24
mars 1802 – Institution d'une commission chargée
de rédiger le code de procédure civile. – 25
mars 1802 – Après des négociations menées au
château de Mortefontaine
, la paix est signée à Amiens avec l'Angleterre
;
c'est la première fois que la France est en paix depuis le 20
avril 1792. – 27
mars 1802 – Napoleon
Bonaparte se montre pour la première fois en costume civil ;
il porte l'habit brodé des conseillers d'État, avec bas blancs
et boucles aux souliers.
1er
avril 1802 – Le Tribunat vote un nouveau règlement
intérieur qui le divise en trois sections ; celles-ci délibèrent
séparément et à huis clos. – 4
avril 1802 – Le Corps législatif écoute
un discours de Jean-Etienne-Marie
Portalis ; celui-ci tend à prouver qu'une religion adoptée
et reconnue par l'État est nécessaire et que la religion
catholique mérite à cet égard la préférence.
– 7
avril 1802 – Le Tribunat adopte le concordat à
la majorité de 78 voix contre 7. – 8
avril 1802 – Le Concordat est adopté par le Corps
législatif par 228 voix contre 21 ; il entre en vigueur par
la loi du 18 germinal an X. – 9
avril 1802 – Le cardinal Giovanni Battista Caprara,
légat du Pape,
est reçu par le Premier Consul. 15 000 francs sont attribués
à chacun des archevêques nouvellement nommés
« pour frais d'établissement » ;
les évêques doivent se contenter de 10 000 francs. –
10
avril 1802 – Monseigneur Jean-Baptiste de Belloy, âgé
de 92 ans, est installé à Notre-Dame
comme archevêque
de Paris. – 11
avril 1802 – Un conseil extraordinaire se réunit
à la Malmaison sous la présidence de Napoleon
Bonaparte, afin de préparer l'acte d'amnistie des émigrés.
– 14
avril 1802 – François-René de Chateaubriand
publie Le Génie du christianisme et le dédie au
Premier Consul. – 18
avril 1802 – C'est le dimanche de Pâques ;
les consuls assistent à la célébration de la première
fête religieuse du Consulat, à Notre-Dame de Paris. Proclamation
officielle du Concordat
dans toute la France. – 20
avril 1802 – Napoleon
Bonaparte ordonne la transformation de sa salle de bains en chapelle,
« en mettant par-dessus la glace un tableau ou une tapisserie ».
– 26
avril 1802 – L'amnistie est accordée par sénatus-consulte
à tout individu non encore rayé de la liste des émigrés
qui reviendra en France au plus tard pour le 23 septembre 1802 et qui
acceptera de prêter serment au nouveau gouvernement ; un millier
de personnes sont exclues nominativement de cette amnistie.
1er
mai 1802 – Une loi établit le régime de
l'instruction publique. – 4
mai 1802 – Déclaration de Napoleon
Bonaparte devant le Conseil d'État : « Jamais
le gouvernement militaire ne prendra en France, à moins que la
nation ne soit abrutie par cinquante ans d'ignorance... Ce n'est pas comme
général que je gouverne, mais parce que la nation croit
que j'ai les qualités civiles propres au gouvernement ».
Dépot d'un projet de loi instituant la Légion d'honneur.
– 6
mai 1802 – Le Tribunat propose « qu'il
soit donné au général Bonaparte, Premier Consul,
un gage éclatant de la reconnaissance nationale ».
– 7
mai 1802 – Le général Delmas, le colonel
Fournier et le chef d'escadron Donnadieu sont arrêtés ;
ils sont accusés de préparer l'assassinat de Bonaparte.
– 8
mai 1802 – Le sénateur Augustin de Lespinasse
propose de nommer Napoleon
Bonaparte consul à vie. Un sénatus-consulte le déclarant
réélu Premier Consul « pour les dix années
qui suivront immédiatement les dix ans pour lesquels il a été
nommé » réunit 61 voix contre 2. –
9
mai 1802 – Bonaparte déclare dans un message
de remerciement adressé au Sénat : « Le
suffrage du peuple m'a investi de la suprême magistrature. Je ne
me croirais pas assuré de sa confiance, si l'acte qui m'y retiendrait
n'était encore sanctionné par son suffrage ».
– 10
mai 1802 – Un arrêté consulaire annonce
l'organisation d'un plébiscite ; la question : « Napoléon
Bonaparte sera-t-il consul à vie ? ». – 12
mai 1802 – Le consulat à vie est voté
à l'unanimité moins la voix de Lazare
Carnot au Tribunat, à l'unanimité moins trois voix au
Corps législatif. – 14
mai 1802 – Amnistie pour les crimes de désertion
à l'intérieur commis par des sous-officiers et des soldats
des troupes françaises. – 18
mai 1802 – Une loi prévoit la levée de
soixante mille conscrits ; l'achat d'un remplaçant devient
légal. – 19
mai 1802 – Adoption du projet de loi instituant la Légion
d'Honneur
par 166 voix contre 110. – 20
mai 1802 –La traite des noirs est rétablie par
la loi et l'esclavage maintenu dans les colonies françaises « conformément
aux lois et règlements antérieurs à 1789 ».
– 28
mai 1802 – Le préfet de Police informe Napoleon
Bonaparte d'un « complot des libelles » organisé
par Bernadotte
contre lui. – 29
mai 1802 – Adoption de l'acte de Malmaison par une assemblée
de notables suisses. – 30
mai 1802 – Circulaire du ministre
de la Police aux préfets des départements : « Je
crois, citoyen préfet, devoir vous prémunir contre tous
les faux bruits à l'aide desquels on cherche à inquiéter
et à faire des dupes dans les départements : Paris
est tranquille et ne peut être agité ; aucun complot n'a
menacé et ne menace les jours du Premier Consul ; il ne peut
rien avoir à redouter que l'excès du travail et des veilles
auxquels il se livre pour les intérêts de la République. »
7
juin 1802 – Arrestation de Toussaint Louverture à
Saint-Domingue. – 24
juin 1802 – À Rennes, le général
Simon, chef d'état-major de Bernadotte
à l'armée de l'Ouest, est arrêté avec quelques-uns
de ses officiers ; on les accuse d'avoir tenté de soulever
l'armée contre le « tyran Bonaparte ».
– 25
juin 1802 – Signature d'un traité de paix entre
la France et l'Empire ottoman.
2
juillet 1802 – La construction du quai d'Orsay est décidée
par arrêté consulaire. – 8
juillet 1802 – Conformément à l'article
16 du Concordat, le Pape
nomme cinq cardinaux français ; parmi eux, Monseigneur
Fesch, oncle de Napoleon
Bonaparte. – 14
juillet 1802 – Proclamation du Premier Consul au peuple
français : « Après treize ans de travaux,
le 14 juillet 1802 revient plus cher pour vous, plus auguste pour la postérité.
Vous avez vaincu tous les obstacles, et vos destinées sont accomplies. »–
27
juillet 1802 – Napoleon
Bonaparte au dey d'Alger : « Si vous ne réprimez
pas la licence de vos ministres qui osent insulter mes agents, et de vos
bâtiments qui osent insulter mon pavillon, je débarquerai
80 000 hommes sur vos côtes et je détruirai votre régence. »
2
août 1802 – Napoleon
Bonaparte est proclamé Premier Consul à vie par le Sénat.
– 4
août 1802 – La constitution de l'an VIII est remaniée
par sénatus-consulte pour l'adapter au Consulat à vie. Les
préfets sont invités par une circulaire ministérielle
à célébrer l'anniversaire de la naissance du Premier
Consul. – 13
août 1802 – Une loi établit la conscription
dans la République italienne. – 15
août 1802 – Anniversaire de la naissance du Premier
Consul ; il est célébré en grande pompe. – 20
août 1802 – À l'occasion d'une représentation
d'Andromaque, le Premier Consul, accompagné de Madame
Bonaparte, prend possession de la loge spécialement aménagée
pour lui au Théâtre-Français. – 21
août 1802 – Napoleon
Bonaparte préside le Sénat ; c'est la première
fois. – 27
août 1802 – Réunion de l'île d'Elbe
à la France. – 31
août 1802 – Le dey d'Alger accède aux réclamations
de Bonaparte.
11
septembre 1802 – Le Piémont est réuni
à la France par sénatus-consulte. – 13
septembre 1802 – A Saint-Domingue, soulèvement
général des esclaves noirs. – 15
septembre 1802 – Suppression du ministère de
la Police générale de Joseph
Fouché. – 20
septembre 1802 – Installation de Napoléon
Bonaparte au palais de Saint-Cloud. – 22
septembre 1802 – Visite de l'exposition de l'industrie
nationale au Louvre ainsi que du Salon de peinture et de sculpture. – 30
septembre 1802 – Le Premier consul impose sa médiation
aux cantons suisses dans le conflit entre les fédéralistes
et les unitaires.
4
octobre 1802 – La garde nationale, fille de la Révolution,
cède la place à une « garde municipale ».
– 17
octobre 1802 – Michel
Ney est nommé commandant des forces françaises en Suisse ;
il a pour mission de rétablir l'ordre dans un pays déchiré
par les querelles intestines. – 20
octobre 1802 – Une note de Talleyrand
à l'Angleterre la menace d'une nouvelle guerre si elle n'évacue
pas Malte. Louis Antoine Fauvelet de Bourrienne, secrétaire de
Napoleon
Bonaparte, est révoqué pour cause de malversations ;
il est remplacé par Claude-François Méneval, ancien
secrétaire de Joseph
Bonaparte.
2
novembre 1802 – Mort du général Leclerc
à Saint-Domingue. – 19
novembre 1802 – La Direction générale
des Musées est créée ; Dominique
Vivant Denon devient directeur général du musée
du Louvre. – 22
novembre 1802 – Quatre « dames d'honneur »
(Mesdames de Luçay, de Talhouët, de Lauriston et de Rémusat)
sont désignées pour le service auprès de Joséphine.
– 26
novembre 1802 – Les quatre grands théâtres
de Paris (Odéon, Opéra, Opéra-Comique, Théâtre-Français)
passent sous la surveillance du préfet du palais des Tuileries.
5
décembre 1802 – L'ambassadeur d'Angleterre présente
ses lettres de créance au Premier Consul en audience solennelle ;
pour cette occasion, Napoleon
Bonaparte arbore au pommeau de son épée le diamant connu
sous le nom de Régent. – 7
décembre 1802 – Les employés des contributions
directes reçoivent un uniforme et une épée. – 10
décembre 1802 – Un arrêté prévoit
que le latin et les mathématiques seront les principaux enseignements
dispensés dans les lycées. – 23
décembre 1802 – La magistrature retrouve son
ancien costume. – 24
décembre 1802 – Installation solennelle du premier
président de la Cour, Jean-Mathieu Séguier ; c'est
un émigré rentré après Brumaire, fils du célèbre
avocat général de l'ancien régime. Le même
jour, un arrêté crée des chambres de commerce dans
vingt-deux villes. – 26
décembre 1802 – Un décret assure aux prêtres
catholiques un traitement de cinq-cents francs par an. – 27
décembre 1802 – Installation du grand-juge Régnier ;
elle est précédée d'une messe célébrée
dans la grande salle du Palais par l'archevêque de Paris.