Armand Augustin Louis de Caulaincourt (1773-1827)
Duc de Vicence
Caulaincourt (blason)
Issu d'une famille illustre, Armand Augustin Louis de Caulaincourt voit le jour à Caulaincourt, en Picardie, le 9 décembre 1773. Soldat à quinze ans, il parcourt rapidement les grades inférieurs et se trouve capitaine en 1792, à la déclaration de la guerre.
Sa noblesse le rendant suspect, il se porte volontaire comme simple soldat dans la garde nationale parisienne en juin 1792. Après avoir rapidement regagné ses grades, il devient aide de camp du général Aubert-Dubayet à l'armée de l'Ouest et l'accompagne dans ses missions à Venise puis à Constantinople (mars
1796).
De retour en France en juin
1797, il devient aide de camp de son oncle, le général d'Harville, puis chef de brigade (juillet
1799) et se bat sur le Rhin.
En octobre
1801,
Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord le charge de porter au
nouveau Tsar Alexandre 1er une lettre personnelle de
Napoleon Bonaparte. Il reste à Saint-Petersbourg six mois sans mission bien précise sinon que de préparer le terrain à l'établissement de relations plus étroites entre la France et la Russie.
Rentré à Paris en avril
1802, il est bientôt promu aide de camp du Premier consul
Napoleon Bonaparte et inspecteur général des écuries consulaires (août) puis général de brigade un an plus tard. Chargé de missions diverses dans le cadre de ses fonctions, il est à Strasbourg en mars
1804 lors de l'arrestation du
duc d'Enghien mais n'y prend aucune part et n'apprend son exécution que plusieurs jours après qu'elle a eu lieu.
L'Empire naissant fait de Caulaincourt son grand écuyer mais
Napoléon 1er continue, comme Bonaparte, à l'employer à des missions dépassant largement les limites de sa fonction. Il apprécie chez lui son esprit d'ordre, son zèle, sa méticulosité et sa prestance.
Général de division en
1805, il est nommé ambassadeur de France à la cour de Russie en novembre
1807 après avoir servi au cours des deux années précédentes à l'État-major de la Grande Armée.
Fait duc de Vicence en
1808 pour augmenter son prestige auprès du gouvernement russe, il reste en poste jusqu'en
1811, gagnant la confiance d'
Alexandre 1er mais perdant celle de l'Empereur, qui cesse dès
1809 de correspondre directement avec lui.
Après son retour, sa première entrevue avec
Napoleon manque de cordialité, ses conseils - ménagements, souplesse, attitude conciliante à l'égard de la Russie - étant peu agréables à l'oreille du souverain. Caulaincourt est renvoyé à ses écuries.
Il retourne l'année suivante en Russie, en ennemi cette fois, et passe une dizaine de jours en tête à tête avec l'Empereur, dans sa berline, lorsque celui-ci abandonne l'armée pour rentrer en hâte à Paris après la tentative de coup d'État de Malet (7-18 décembre
1812). Les confidences que lui fait alors
Napoleon sont transcrites dans ses Mémoires.
En
1813, il est nommé sénateur, assure un temps l'intérim de la fonction de grand maréchal du palais après la mort de
Duroc, puis celui de
Maret au ministère des Affaires étrangères. Dans les négociations auxquelles il participe, conférence de Pleiswitz puis congrès de Prague, les amitiés nouées naguère dans les milieux diplomatiques russes lui valent un certain succès et, en novembre, il devient ministre des Relations extérieures.
L'année suivante, après avoir participé au congrès de Châtillon, qui ne débouche sur rien, il porte au
Tzar, en compagnie de
Michel Ney et
Etienne Macdonald, l'abdication de
Napoléon Ier, et plaide, sans succès, la cause de
Napoleon II.
Dès son premier contact avec les Bourbons, au gouvernement desquels il s'est pourtant rallié, resurgit, dans la bouche du
comte d'Artois, la question de sa participation à l'exécution du
duc d'Enghien. Bien que le
Tsar ait tenté d'arranger les choses, une violente campagne, menée par des personnages douteux, se déclenche contre lui et Caulaincourt subit diverses avanies : la pairie lui est refusée, certaines de ses rentes lui sont retirées.
Durant les Cent-jours, il retrouve sa dignité de grand écuyer et son ministère des Relations extérieures,
Napoléon voulant ainsi signifier à l'Europe son désir de paix. On sait ce qu'il en advint.
Après
Waterloo, il devient membre de la commission provisoire de gouvernement et refuse de profiter des passeports que
Joseph Fouché lui offre, comme une invitation à prendre le large. Mais
Alexandre 1er, dont il escompte la protection, refuse de le recevoir et se contente de faire rayer son nom sur l'
ordonnance de proscription du 24 juillet 1815.
Caulaincourt mène ensuite une existence retirée, tantôt sur les terres picardes de ses ancêtres tantôt à Paris, où il meurt le 19 février 1827. Il repose au cimetière du Père-Lachaise (28ème division)

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Toute sa vie, et dans son testament encore, il se défendra contre l'accusation d'avoir participé à l'arrestation, voire à l'exécution du
duc d'Enghien. Quoi qu'il ait produit les preuves les plus évidentes qu'il n'en était rien, quoi que le
Tsar lui-même – dont la cour avait fait un si mauvais accueil pour cette même raison au
duc de Rovigo et se montra si amicale avec celui de Vicence – en soit convenu, rien n'y fit et la calomnie est encore bien vivante, répandue dans nombre de biographies de Caulaincourt.
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Le jugement porté sur lui par Napoléon 1er diffère selon qu'il passe par la plume de Las Cases ou de Gourgaud. Pour le premier, il ne tarit pas d'éloge sur son ambassadeur, pour le second,
"C'était un excellent chef de l'Écurie, voilà tout".
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Le nom de Caulaincourt est inscrit sur la 31e colonne (pilier Ouest) de l'arc de triomphe de l'Étoile.
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Une rue du dix-huitième arrondissement de Paris porte son nom.
Portrait en médaillon
"Armand Augustin Louis de Caulaincourt, duc de Vicence" par François Pascal Simon Gérard (Rome 1770 - Paris 1837).
Autres portraits
Agrandir"Armand Augustin Louis de Caulaincourt, duc de Vicence". Miniature de Jean-Baptiste Isabey (Nancy 1767 - Paris 1855) ornant le plateau de la Table d'Austerlitz (dite également Table des Maréchaux).
Agrandir"M. de Caulaincourt". Dessin de Jacques-Louis David (Paris 1748 - Bruxelles 1825).
Agrandir"Armand Augustin Louis de Caulaincourt, duc de Vicence". Gravure d'Adolphe Forestier (Paris 1801 - Paris 1885).
Agrandir"Armand Augustin Louis de Caulaincourt, duc de Vicence". Gravure de William Hopwood (1784-1853).